‹ Histoire de CromwellChapitre 154 sur 222 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

« c'est qtfun prêtre étranger ait excité le peuple à se tehgeir « de leur faute. Je tcux que le monde sache qtfun Anglais « ne peut être puni que par un autre Anglais. ^ Qmnâ le Protecteur reçut les lettres où Blake l'Instruisait de ce fait, Il en parut singulièrement flatté, et les ayant lues dans son conseil , Il dît % avec un transport dé joie , « qtiV/ espérait « rendre le nom anglais aussi redoutable que l'avait it Jamais été le nom romain. » [1657.] Blake avait presque rempli ce noble augure, lorsqu'il mourut, faiblement regretté par le maître dont il avait illustré le despotisme , en croyant ne servir que la gloire de son pays.

Blake avait tous les dehors de religion communs à soù siècle; mais il y joignait une foi vive et désintéressée. La pureté de ses mœurs, la modestie de son langage, égalaient sa rare valeur. C'était un homme de génie plein de simplicité , un sectaire sans tolérance , et un grand capitaine ami de la liberté.

Cependant Cromwell arrivait au but qu'il avait longtemps cherché , la pleine et libre reconnaissance de son pouvoir par le vote d'un parlement. Les articles que la chambre s'empressa d'ajouter à l'humble pétition avaient pour objet d'écarter des élections tous ceux qui avaient pris part aux divers armements royalistes, et de les soumettre, non seulement à l'exclusion , mais à une peine , s'ils étaient élus. Par une autre disposition, le Protecteur et ses successeurs étaient investis du droit de nommer et de remplacer à leur gré les membres de la seconde chambre; eniin là chambre proposait au Protectem* le modèle du sermeht qu'il devait souscrire :

u En la présence et au nom de Dieu tdut-puissant, je «« promets et jure que de tout mon pouvoir j'assisterai et « maintiendrai la véritable religion chrétienne réformée

' Burner« History of his own time, p. 106.

«( prolestante dans sa pureté, telle qu'elle est contenue dans u les saintes Écriture de l'ancien et du nouveau Testament; <c que j'en fayoriserai l'enseignement, et que, de tout mon u pouvoir, j'assurerai, comme premier magistrat de ces « trois nations, le maintien et la conservation des justes « droits et privilèges du peuple; et qu'en toutes choses, de u tout mon pouvoir et de toute mon intelligence , je gou- « veruerai le peuple de ces trois nations conformément aux « lois. »

Un autre serment était destiné pour les ministres ou conseillers privés du Protecteur: enfin le Protecteur était supplié de pourvoir à la composition de l'autre chambre , avant la prochaine session du parlement.

Cette parfaite intelligence de Gromwell et de la chambre, telle qu'il l'avait réduite et disciplinée, était un prélude à la cérémonie de son installation dans le protectorat. Une pareille pompe , si étrangère à la jalouse égalité des Indépendants et à la simplicité du puritanisme, présentait un contraste que l'histoire ne peut négliger.

Ce fut le parlement qui disposa tout l'ordre de cette cérémonie, où le titre de roi manqua seul au faste de Cromwell.

Le 26 juin, Cromwell ^ se rendit, dans une barque, de White-Hall à Westminster, suivi de son conseil, de ses principaux officiers, et des douze juges de l'Angleterre. Il reçut d'abord le parlement, et ordonna sa sanction aux articles additionnels et à un bill d'ajournement.

Les membres du parlement se rendirent ensuite dans la grande salle de Westminster, où le cérémonial de l'inauguration était préparé. [1657.] Cromwell, après s'être recueilli quelque temps dans une pièce séparée, passa dans la grande salle de Westminster, et s'assit sur une estrade élevée. Au bas , une chaise et une table étaient réservées pour Yaror

' The Parliamentary history^ v. XXI, p. 153.

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