‹ Histoire de CromwellChapitre 157 sur 222 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

^pi|i de Gromwell , il ne fut rien du jour qu'il oes^a d'être $on premier esclave. C'est que la graudeur d'âme du Pro* teçteur, 3a fierté , sa çoufiauce , et je ue $ai3 quel instinct de hardiesse çt d*autorité , l'élevaiept au-dessua de toutes Içs faction» , et le$ avaient eonyaincue^ d'impuissance. Toutes toura tentatives ou pûmes, ou pardonnées, ou manquées^ ne servaiept qu'à rehausser sa grandeur, H n'avait, pour subjuguer un peuple mécontent , qu'une armée séditieuse ; mais il la dominait par iin ascendant que tous les 9.épubliçains avouaient avec une sorte de désespoir dont s'accroissait l^ur haine ^

Quelques jours avapt ^ disgrâce , l,ambert avait réuni vjngt^sçpt oàciers dans une ligue secrète contre le Protecteur* Ils ^'étaient engagés l'un à l'autre par des serments sQleanels et des prières à Pieu- Le Protecteur, instruit de teur complot , les fait tou$ venir , les accable de ses reproches et de non pardon , leur déclare impérieusement que ce oe sont pas eux qui le soutiennent, mais lui qui les protège; et après les avoir humiliés , il les réduit à demander grâce dt a s'estimer heureu^^ qu'il veuille bien ne punir que leur chef.

Après avoir chassé Lambert de sa cour et de l'armée , Gromwell lui fit accorder une pension ^ de deux mille livres sterling , $Qit qu'il ne vouhit pas désespérer sans retour un ))omme dont il s'était servi ; soit qu'il voulût le mieux avilir, en le payaut jusque dans la disgrâce. S'il faut en croire une anecdote inconnue des historiens, il parait que Lambert, fans crédit dans l'armée , conserva toutefois quelques partisans qui formèrent un complot assez bizarre contre la vie du Protecteur, Ils avaient dessein ' de pénétrer jusqu'à Cromwell en lui présentant une pétition, de le saisir pen-

■ Memoirs of Uie life of colonel Hutcblnson, v. II, p. 212.

* The memoirs of Ludlow , v. II , p. 459.

* Tbe memm olUie ^fa of eoiOBo) Hutchig»op } v. U , p. 2Xi,

dant qu'il la lirait^ et de le précipiter d'une fenêtre de White-Hali sur la rive de la Tamise , où d*autres complices devaient le recevoir mort ou vivant ^ et l'emporter dans une barque tenue prête. Ce projet vint à la connaissance du colonel Hutchinson , l'un de ces Républicains qui n'avaient pas démenti leur conviction en servant sousGromwell. Hutchinson , depuis la chute du parlement , vivait dans la retraite, détestant la tyrannie du Protecteur, paraissant rarement à Londres , jamais à la cour.

Cependant comme il méprisait encore plus Lambert qu'il ne haïssait Gromwell , il ne se fit point scrupule de révéler une conspiration qui lui paraissait faite pour la misérable vengeance d'un homme , et sans profit pour la liberté. Il parait d'ailleurs que la politique des Républicains était d'attendre quelques entreprises des Royalistes contre Gromwell, pour lui porter alors secours en lui faisant la loi , et le conserver ou le détruire à leur gré. Hutchinson s'empressa d'avertir Fleetwood, beau-frère de Gromwell, et dévoué à sa fortune, en dépit de quelques scrupules républicains, mais il refusa de lui nommer les conjurés, et se réduisit à une indication générale qui pût mettre le Protecteur sur ses gardes. Il avait aussitôt quitté Londres: mais le Protecteur l'envoya chercher en toute hâte, vint audevant de lui pour le recevoir dans une galerie du palais, l'embrassa , lui prodigua les reproches les plus obligeants sur sa longue absence; et le tirant à part, après l'avoir remercié de l'avis salutaire qu'il avait transmis à Fleetwood , il employa toutes les insinuations et tous les artifices pour lui arracher les noms des personnes engagées dans la conspiration. Hutchinson se borna toujours aux seules indications qui suffisaient pour la prévenir. Gromwell , s'apercevant qu'il ne pouvait rien obtenir au-delà , parut satisfait, remercia de nouveau le colonel , déclarant que ses révélations éclaircissaient pour lui beaucoup d'obscurités^ et que

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