‹ Histoire de CromwellChapitre 161 sur 222 · LIVRE NEUVIÈME. SSflf · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. SSflf

combattait contre la France à côté du prince de Ckmdé , qui ) dans le camp espagnol, à la tête de cette ^rieUle inftn* terie que lui-même avait écrasée dans la journée de Rocrol, faisait en même temps la guerre en faveur des Stuarts , contre le roi de France , son souverain légitime , et contre rusiirpateur anglais , dont * il avait recherché l'assistance et Famitié. Si la valeur française et le génie de Turenne se montraient avec gloire dans cette guerre, ^ascendant de Cromvrell et la déférence de Mazarin promettaient à FAngleterre tous les avantages d'une lutte dont elle partageait le péril. Exercés par une longue guerre civile, commandés par des officiers de fortune , mieux payés , mieux armés que le reste des troupes, les soldats de Cromwell étaient peutêtre alors lesmeilleures troupes de l'Europe.

La première campagne se borna cependant à la prise de Saint-Venant , de Montmédy et de Mardyke , qui fut remise aussitôt dans les mains des Anglais , en gage de la ville dé Dunkerque , promise par le traité d'alliance. Le mouvement de là guerre et peut-être la politique des généraux ft*ançai$ ayant retardé l'époque de cette conquête ainsi sacrifiée d'avance, ce fut d'après les plaintes impérieuses et les menaces du Protecteur que l'on assiégea Mardyke, afin de lui donner une garantie provisoire. Lockart, qui démêlait la cause des lenteurs de Mazarin, lui déclara nettement que, s'il ne se hâtait de tenir sa promesse , le Piotecteur savait bien où trouver un allié plus exact. [1657.] Mazarin * écrivit alors au maréchal de Turenne , qu'il n'y aurait rien de plus fatal que de perdre l'alliance de Cromwell , ce qui allait arriver si l'on ne remettait dans ses mains une des villes fortes de la Flandre. Cromwell fit aussitôt passer dans le port de Mardyke une escadre considérable. Le duc d'York, à la tête de deux mille Anglais catholiques ou réfugiés, fit une ten-

» Thurloe'8 state papers , v. IV, p. 69.

* A criUcal review of the lijfe of Cromwell, by Bank«, p. 198.

SeO HISTOIRE DE CROMWELL.

tative hardie pour reprendre cette ville ; mais il fut repoussé par la garnison anglaise. Ainsi les deux partis retrouvaient la guerre civile sur une terre étrangère.

Au milieu de ces soins , et dans cette union avec la France, le Protecteur continuait de veiUer à la sûreté des sectes protestantes. Non content des secours et des subsides qu'il avait fait passer aux protestants du Piémont, il mit leurs intérêts sous la garantie de la cour de France , à laquelle il transmettait leurs plaintes, avec de pressantes recommandations. Il étendit même cette tutelle de protestantisme à quelques désordres qui s'étaient élevés en France , et dont Nipies avait été le principal théâtre. A la demande des réformés de cette ville, il écrivit sans retard au cardinal Mazarin pour intercéder en faveur de la liberté de leur culte. Cette tolérance si juste, mais qu'il réclamait avec tant de hauteur, il ne l'accorda point dans ses états aux catholiques, que Mazarin voulut protéger à son tour. Thurloe a conservé sur ce sujet une lettre curieuse du Protecteur. Après quelques expressions d'estime et de reconnaissance pour Mazarin, « Il ne m'est pas permis \ dit le Protecteur, le «( dirai-je , il ne m'est pas possible ^ dans la situation de mes » affaires, et dans l'époque présente, de satisfaire à vosde- «( mandes pour la tolérance du cathoUcisme. Il est vrai tou- <c tefois, que sous mon gouvernement la répression est » moins rigoureuse que sous celui du parlement. [1657.] Je « puis le déclarer en présence de Dieu , j'ai fait quelque « différence entre les hommes ; j'en ai retiré beaucoup du « feu dévorant de la persécution qui tyrannisait leurs cons- « ciences , et envahissait leurs biens. » Il donne même l'espérance de faire davantage. Et en effet , ce même système de modération pour toutes les sectes, il l'appliqua souvent aux catholiques; mais on peut croh*e que cette tolérance

*, Thurloe's state papers, v. VI, p. 735.

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