‹ Histoire de CromwellChapitre 165 sur 222 · LIVRE DIXIÈME. S · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. S

M puissent avoir leur utilité, quand elles sont ûaM la juste •( mesure) , si runiformité des pratiques détruit l'unité des <c eœups, si la division vient à un tel degré de haine que Ton (c soit égorgé par un frère, pour avoir prononcé siboleth au K lieu de sbiMethj enin , si quelques hommes regardent «c eomone des païens , et non pas ^mme des Ghréj;iens, tous u oMx qui ne sont pas soumis à telle ou tdie observance, « et comme des démons , tous les hommes qui sont hors de « tel eerole, ni les hommes ni Dieu ne peuvent souffrir cette «( inconséquence.

u Béni soit le Seigneur d'avoir, par pitié peur nous et M pour eux, placé le pouvoir dans des mains qui les forcent K de rester en paix , et qui les empêchent de se déchirer et « de se dévorer l'un l'autre. »

Après avmr fiiit un tableau de la constitution nouvelle, et de ses avantages, l'orateur ajoute : «cUne autre difficulté 4c vient du mécontentement de quelques-uns de nos anciens « amis , qui farent et qui pourraient encore être utiles pour li nous» » Après les avoir distingués en deux partis, ceux qui se joignent aux trames des Espagnols, et ceux qui se retirent et s'éloignent, il rappelle ces derniers, en priant le Seigneur de réunir les cœurs de ceux qui sont engagés pour la même eause, embarqués sur la même mer, et qui doivent surnager ou périr ensemble. Une violente invective contre la puissance espagnole conduit l'orateur à la seule idée positive que renferme son discours , l'insuffisance des derniers impôts , et la nécessité d'en voter de plus considérables. Les dernières paroles sont adressées au Protecteur : « Quelque grand « que vous soyez ou que vous puissiez être, quelque chose « que vous ayez fcite ou deviez faire, tout cela ne vient pas « de vous et pour vous, mais de Dieu et pour Dieu, pour le « bien des homme», pour le bien du peuple de Dieu, entre a tous les hommes. »

A ces conditions , l'orateur se promet de voir la Vérité ,

la Paix et la Justice s'embrasser Tune Tautre, et Jésus- Christ sur son trône, au milieu de cette terre, non pas de la manière littérale et charnelle, qu'ont réyée tant de cerveaux insensés, mais en esprit et en vérité. « Ainsi, dit-Q, «( remplissons, chacun dans sa place, nos devoirs avec scru- « pule et fidélité; et, lorsque nous aurons fini l'ouvrage que « Dieu nous a donné à faire dans cette vie, puissions-nous <t dans la vie à venir entendre une voix de bénédiction nous «( dire : Venez, bons serviteurs, entrez dans les joies de « votre maître. »

Malgré la différence des temps, on peut croire que ce langage, qui parait aujourd'hui si ridicule, devait commencer à le devenir pour une partie du parlement, éclairé par la longue hypocrisie du Protecteur, et parla haine qu'inspirait son joug. [1657.] Les absurdités du fanatisme avaient fait des incrédules. L'orateur, dans ce même discours , parle amèrement de certains hommes qui reniaient les saintes Écritures, et se moquaient du Giel^ de l'Enfer, et des fondements de la Foi. On peut juger quelle impression produisait sur de tels esprits cette mysticité banale, où même beaucoup de fanatiques ne voyaient plus que la ressource usée d'un ambitieux démasqué par son pouvoir.

Cependant cette nouvelle session s'ouvrit avec tontes les apparences légales. La garde fut ôtée, et l'entrée de la chambre des communes redevint libre pour tous ceux que le Protecteur en avait éloignés, à l'époque de la première convocation. Un article de l'humble avis accepté par CromwcU rendait la chambre seule juge de l'exclusion de ses ' membres. Cette disposition ramena dans son sein quatrevingt-treize députés, signataires de la protestation du 19 septembre , ennemis du Protecteur , aigris par la persécution , et populaires comme tous les persécutés. Ils se soumirent sans peine au serment prescrit, et vinrent prendre place dans la chambre, où le parti du gouvernement était privé

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de ses plus fidèles soutiens , que Cromwell avait élevés aux honneurs de la nouvelle pairie. Haslerig, qu'il avait voulu, non pas récompenser, mais éloigner par la même distinct tion, sentit que toute sa puissance était dans rassemblée démocratique, et vint y siéger sans daigner répondre à la désignation du Protecteur.

On ne saurait supposer que Cromwell n'ait pas prévu les dangers d'un pareil changement; mais il les jugea sans doute inévitables, et moindres que les avantages. Quel que fût son ascendant sur la chambre , il avait été forcé d'abandonner la clause obscure et arbitraire, qui soumettait indirectement le choix des députés à la révision du conseil -d'état. L'assemblée la plus servile veut conserver du moins ce qui donne du prix à sa dépendance; et ces mêmes hommes, qui, maîtres de la chambre par l'exclusion de leurs collègues, avaient voulu couronner Cromwell, ne lui avaient pas laissé le pou* voir de se passer d'eux. L'erreur de leur calcul fut qu'ils se réduisirent eux-mêmes à l'impuissance, en favorisant le retour de cette partie de la chambre, dont le courage condam^ nait leur faiblesse.

Cette opposition nouvelle et toute républicaine s'attacha d'abord à méconnaître l'existence de l'autre chambre, qui déplaisait même aux députés les plus complaisants pour le pouvoir de Cromwell. Les nouveaux lords prévinrent les communes , en leur envoyant divers messages ; mais les communes, au lieu d'y répondre, discutèrent l'existence de l'autorité illégale et inconnue qui les adressait. Le Protecteur , trouvant avec raison que ces attaques remontaient jusqu'à lui , coùvoqua les communes à White-Hall , et leur fit un long discours pour les exhorter à la concorde et au respect des institutions.

Mais la chambre , au lieu de s'arrêter , toucha bientôt des questions plus délicates. On parla d'examiner tous les actes promulgués durant l'exclusion arbitraire d'une par-

tie da pariement. C'était attaquer CromweH sur la base de son pouvoir.

Une si vive opposition excita beaucoup d'espéranees , et rallia tous les ennemis du Protecteur. Les prédicateurs de la secte indépendante recommeneèrrat à déebûner aTee fureur. Le parti royaliste, attentif à tous les trouMes comme à des occasions de victoire, s'agitait et cherchaif de nouvelles alliances. Le mécontentement éclatait dans les discours de beaticoup d'officiers de l'armée. Des pétitions violentes étaient répandues dans Londres. La cfaambre des lords , repoussée par l'esprit de la révolution , et contraire aux droits de Fancienne noblesse, n'avait de Ifdrce nulle part. La majorité de la chambre des communes devenait cbaqQe jour plus hardie , et paraissait favoriser l'agitation et l'asH mosité des partis qui attaquaient le Protecteur. La <tenAre des lords avait adressé un nouveau message aui oohh munes, afin de provoquer des mesures de rigueur contre les papistes, suivant la politique du Protecteur qui , dans tous les moments de crise, employait le nom de ce parti eomilie un épouvantail pour les Républicains , et un prétexte à l'arbitraire. Cependant Gromwell fut bien vite poussé àl'une de ces violentes décisions que lui inspirait son caractère, et qui achèvent ou préviennent les révolutions. Aux grands progrès que le parti républicain avait déjà faits , depttis quelques jours que les chambres étaient réunies , il sentit qu'il ne lui était pas permis de laisser croître le péril . Ilavitt ^ d'abord craint que l'opposition parlementaire n'eût des iiH telligences dans l'armée ; et pendant plusieurs nuits •, H sur^ veilla lui-même sa garde de White-Hall. Soit qu'il en eM vn assez pour craindre l'influence de la chambre sur sa propre garde, soit qu'il trouvât péril dans la seule opposition dé cette assemblée, il résolut de la dissoudre. [16S7.] Ceux

' tudloVa mémoire, y. n, p. S9S.

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