‹ Histoire de CromwellChapitre 172 sur 222 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

wries, Ait également condamné. Sir Mordant, mieux eoncaillé , abandonna une protestation inutile , et trouva grâce devant les juges , en reconnaissant Fautorité de leur tribunal. Suîfant le récit de Glarendon % les sollicitations et les présents arrachèrent cette indulgence; et le Protecteur méiMintent prolongea de quelques mois la captivité de Mordant.

Cromwell fut inflexible pour les autres condamnés , et particuliéri^ment pour le docteur Hewet. Il redoutait cet ecclésiastique, qui avait beaucoup de crédit, d*ardeur et <l'é(oquence : cf était, disait-il ' , tme torche brûkmte au piilieu d'une gerbe de blé, caractérisant ainsi dans un autre la puissance qu'il avait exercée lui-même , et qu'il devait surtout craindre , cette rapide contagion de l'enthousiasme parmi des imaginations inflammables. Vainement sa fille chérie, lady Gleypole, employa les plus instantes prières pour obtenir la grâce de cet ecclésiastique , dont elle vénérait la vertu et le dévouement à la cause royale ^, Gromwell fut inexorable ; et la douleur qu'éprouva lady Gleypole de ce refus , et du supplice d'Hewet , aggravant une maladie de langueur, {H^épara bientôt à Gromwell le plus cruel de s^s chagrins.

La vigilance du Protecteur ne se borna point à réprimer par des supplices les efforts et les entreprises , que le bruit des projets de Gharles II avait excités parmi les Royalistes d'Angleterre. IVlalgré l'éloignement et l'invraisemblance du péril , Gromwell fit bloquer par ses vaisseaux le port d'Ostende , et menaça toutes les côtes de la Flandre espagnole , tandis que Lockart , son ambassadeur, pressait la marche de l'armée française sur Dunkerque , et réclamait le siège ^t la prise de cette place , comme une dette qu'avait laissée la dernière cantpagne. Les conseils du cabinet français,

' Clarendon^s histopy, p. 688.

• State's Trials, y. 1,282.

• Ludlow^s memoirs, v. II, p. 607,

subordonnés à la politique et à l'intérêt du Protecteur, ne réussirent pas également sur tous les points. [1658.] Cromwell s'était ménagé dansOstende quelques intelligences, qai lui faisaient espérer d'emporter cette ville par surprise. Il obtint du cardinal que des troupes françaises serviraient à cette expédition , dont il devait recueillir le fruit. La fltotte de Gromvvrell fut seulement chargée de transporter un corps de troupes françaises ; mais , après que le débarquement eut été fayorîsé par l'infidélité apparente du gouverneur, qui même avait arboré le drapeau blanc , cet officier tourna tout à coup l'artillerie des forts contre la flotte anglaise. Près de quinze cents Français , descendus sur le rivage , furent tués ou pris. La flotte anglaise s'éloigna.

Cette entreprise malheureuse et mal conçue , qui ouvrit la seconde campagne de Flandre, n'eut d'ailleurs aucune influence sur le reste des événements , et fut oubliée dans le spectacle que présentaient Turenne et Gondé combattant l'un contre l'autre , et Louis XIY paraissant pour la première fois au milieu de son armée. Ce jeune prince , sous la tutelle de Mazarin , venait assister à la prise de Dunkerque, pour voir ensuite cette ville passer dans les mains de l'usurpateur, qui avait conduit à l'échafaud le gendre de Henri lY, et proscrit la reine , sa fille. [1658.]

Le maréchal de Turenne , auquel était confiée la conduite de la guerre, avait pour auxiliaire l'ambassadeur anglais , devenu général , et quatre mille soldats du Protecteur.

Dunkerque était défendu par une nombreuse garnison, que commandait l'un des meilleurs officiers de l'Espagne, le marquis de Leyde , vieux guerrier qui comptait , à la fin de la campagne, entrer dans les ordres sacrés. Le Protecteur ' avait fixé le commencement du siège au 20 mai;

' Thurloe*8 êtate papen, v. VI, p. 489.

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