LIVRE DIXIÈME
les érndits de ce malheureux pays lui surent gté d'kTioir aeheté la ridie bibliothèque de l'évéque dlTsher, et d'en avoir fiaiit dOD à l'université de Dublin.
Parmi les écrivains qu'il accueillit avec fevemr*, la postérité nomme d'abord Milton. Mais en conservant près du Proteeteur l'emploi qu'il avait accepté sous le parlement^ Milton, suspect par ses principes, et même par ses louant toujours mêlées d'une espérance républicaâne, tomba dans un tel oubli , qu'il est seulement désigné dans les Mémoires do temps comme un vieux secrétaire aveugle, dont le travail n'est pas assee facile et assez sûr : triste rétribution des services où il avait abaissé son génie ! C'était pourtant alors que Milton >, las des factions et des tyrans, commençait son sublime ouvrage.
D'autres écrivains mmns célèbres, Na^niel Bacon , et Fi^ncis Osbom, furent admis dans le conseil du Protecteur. Ce n'est pas là qu'il faut chercher Sidney, le plus constant et le fdus éclairé des Républicains de cette époque , Sidney qui, suivant l'expression dont il s'e^ servi Iniméme dans les débats de son ^malheureux procès, chaque jour de sa vie appelait Cromwell tyran, et agissait en cen* séquence de cette malédiction répétée.
Le plus profond et le plus chagrin des sceptiques modernes, Hobbes, florissait à la même époque; ete'^aitdans le spectacle de la révolution anglaise qu'il avaft surtout puisé l'amour du despotisme , le mépris de la religion , pr^^ ftnée par tant de folies, et ce culte honteux de la fttaNtë et^ de la force , auquel il a réduit toutes tes croyances et toés les droits. Embrassant le pouvoir absolu par haine po ui4^ Aireurs populaires, se réfugiant dans l'athéisme pour échaffper aux absurdités des sectes , ce philosophe incrédule avait été l'un des hommes les plus dévoués à l'autorité royale, et Tun des plus ardents ennemis de toute réforme politique; il avait quitté l'Angleterre, et suivi l'infortune des Stuart^.
Malgré cette opposition éclatante et publique, Cromwell fut, dit-on , tenté par les principes du despotisme que Hobbes avait établis dans.son fameux LéTiathan, avec toute la vigueur d'un grand esprit foussé par un paradoxe ; et ces doctrines de Fesclavage , qui s'adaptent également à tout pouvoir arbitraire, quelque soit son origine, le flattèrent même dans un partisan des Stuàrts. Hobbes, qui, par la singularité de ses opinions, choquait les évéques à la suite de Charles II, ayant éprouvé une disgrâce de cour jusque dans l'exil , revint en Angleterre au conunencement du protectorat. Gromwell essaya de l'attacher à sa cause , et Ini fit offrir la place ^ secrétaire-d'état ^ Mais le philosophe refusa tout , satisfait de vivre tranquille dans son pays, sous ce joug de fer qu'il aimait. Hobbes resta d'ailleurs fidèle à sa première haine pour la révolution ; et quoiqu'il ait paru se réconcilier avec l'usurpation du Protecteur, en faveur de son despotisme , il l'a jugé avec une justice rigoureuse dans le dialogue historique qu'il a composé sur la guerre civile. Les poètes furent plus indulgents pour Gromwell. Nous avons rappelé les éloges pleins d'enthousiasme et d'éloquence inspirés à Waller par la gloire de l'amiral Blake. Oubliant les crimes qui avaient préparé Télévation du Protecteur, Waller célébra sa dictature victorieuse par un chant plus sublime encore , et que l'on peut placer parmi les chefisd'ceuvre de la poésie anglaise. C'est peut-être une rencontre assez remarquable, que cette époque de fanatisme et de sang ait vu naître et briller trois des plus grands poètes de l'Angleterre, Milton, Waller et Dryden. Il semble que, malgré la licence et le bruit de armes , il y avait dans les mœurs du temps un ferment d'enthousiasme favorable à la
> CromweU was so pleased with many oî M. Hobbes^s prmciples laid dowo %n the Leviathan, which tended to justify and support his usurpalion. ibat the great place of beiag secretary wa» profered to bim. Wood's Atkeoe, T. H, c. 646.