‹ Histoire de CromwellChapitre 178 sur 222 · LIVRE DIXIÈME. 39S · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. 39S

iiitrignes consuHiaient des sommes immenses, «t exigeairat des sacrifices auxquels il ne pqnyait suffire sans de nouveaux subsides; et cette nécessité lui ramenait un parle* ment II avait élevé les impôts à plus de 4qux misions de livrer sterling, ebarge exorbitante dans la proportion alors si modérée des taxes publiques en Europe. Le commerce ane^is , malgré les efforts du Brotecteiir pour le soutenir^ avait éprouvé beaucoup de désastres. Ce grand et hardi monopole, établi par l'acte de navigatiop, n'avait encore produit que la guerre; et cette guerre, lors même qu'elle illustrait les flottes du Protecteur et qu'eUe alimentait son trésor, avait ruiné beaucoup de fortunes particulières. Pendant quatre années d'hostUités maritinxes , douze cents na* vires de commerce anglais avaient été pris par les flottes espagnoles. La dette du gouvernement était énorme , et l'état encore imparfait de l'industrie, l'ignorance de tout crédit public , ne laissaient aucune espérance de payer cette dette, ni surtout de l'augmenter. [1658.] La correspondance du Protecteur est pleine de ses embarras à cet égard. On le voit réduit à demander des secours à la ville de Londres , ou sans cesse occupé de négocier de petits emprunts avec les hommes à argent, comme il les appelle, puissance alors ignorée de l'Angleterre : « Nous sommes, écrivait « Thurloe \ dans une telle position pour l'argent , qu'il « nous faut aller mendier auprès des aldermen cinq ou six «c mille livres sterling pour envoyer à Dunkerque; et j'ai « peur que nous ne soyons refusés. »

Bans cette pénurie, chaque jour plus étroite, le Protecteur, sans compter tant de dépenses extraordinaires, avait à soutenir cette armée qu'il gardait près de Londres , et sur laquelle reposait sa puissance. En butte à la haine de tous

les partis et de toutes les sectes , abhorré par les Républi-

' Thiirioe*s «tate papen , v. VQ , p. t85.

cains qu'il opprimait, par les ambitieux dont il avait détruit l'espérance, par les fanatiques qui s'apercevaient enfin d'une si longue dérision , entouré de plaintes et de résistances, il n'avait pour appui que cette armée exigeante et factieuse, qui se regardait elle**méme comme déchue de la part qu'elle avait longtemps prise dans le pouvoir civil. Voilà sans doute les considérations qui faisaient dire à un écrivain ^ , d'ailleurs ennemi des Stuarts , que Gromwell était au tK)ut de ses artifices , et que, s'il avait plus longtemps vécu , il n'aurait pu conserver sa puissance : il est toujours trop facile et trop hasardeux de faire de semblables conjectures ; et l'on ne saurait calculer ce que pouvait un homme de génie pour maintenir ce qu'il avait violemment assemblé , surtout lorsqu'on voit qu'en dépit de leurs mécontentements et de leurs saillies d'indépendance, les généraux se sentaient toujours liés à sa cause, et revenaient à lui en se plaignant de son pouvoir.

Cependant les symptômes du changement qui devait éclater après lui se manifestaient déjà de toute part; il avait tellement vaincu la révolution, que seul il arrêtait le retour de la royauté. [1658.] La violence de son gouvernement avait repoussé vers Charles II , non seulement les Presbytériens, qui, dans l'origine, ne voulaient qu'une réforme et un partage dans l'autorité royale, mais les sectes même les plus enivrées de la démocratie évangélique. Charles re^ çut des hommes de la cinquième monarchie plusieurs adresses où tous ces rêves d'une liberté indéfinie, toutes ces espérances de la royauté de Jésus-Christ se réduisaient au renversement du protectorat et au rappel de l'ancienne monarchie. La secte presbytérienne , que le Protecteur devait d'autant plus haïr qu'il l'avait dépouillée ; cette secU , dont il se va/ntait d'avoir courbé l'orgueil, revenue de

' Bnraet** historjr of bis own tine » v. 1 , p. 91.

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