‹ Histoire de CromwellChapitre 187 sur 222 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

à solliciter un ordre du parlement, afin de n'être pas arrêté pour les dettes de l'enterrement de son père. Quelques mois encore, et teUe est la révolution des choses, que Gromwell , cet homme qui avait conquis et gardé tant de puissance, est poursuivi dans sa tombe. Un corps fut enlevé % sous son nom, de la chapelle de Henri VU, et pendu au gibet de Tyburn. J'ai lu dans un recueil la quittance incorrecte du pauvre ouvrier qui , pour seize schellings, exhuma les corps de Gromwell, Ireton et Bradshaw.

CependanJ; Richard paraissait jouir d'une autorité paisible. Les félicitations et les serments de ^fidélité arrivaient de toutes les parties du royaume. L'Irlande était assurée par le zèle et la présence de Henri Gromwell; Monk gouvernait l'Ecosse au nom du nouveau Protecteur. Aucun changement ne s'annonçait dans la politique extérieure et dans la fortune de Gharles. La France, le Portugal et la Hollande s'étaient empressés de reconnaître, par leurs ambassadeurs, le jeune Gromwell. Louis XIY, sous l'inspiration de Mazarin, avait écrit une lettre flatteuse à l'héritier de l'usurpateur, dont sa cour portait le deuil. [1658.]

Mazarin, à la première nouvelle de la mort de Gromwell, avait à tout hasard montré quelque respect à la reine Henriette, si longtemps négligée; mais, occupé de poursuivre les avantages de la guerre de Flandre, et d'en tirer un traité favorable , il paraissait entièrement détaché des intérêts de Gharles ; et ce jeune prince vit bientôt qu'il ne pouvait rien attendre que des troubles intérieurs de l'Angleterre, qui paraissait encore paisible et silencieuse.

Glarendon ' suppose même que cette tranquillité de l'Angleterre et cette indifférence de l'Europe pouvaient se prolonger, si Richard n'avait pas lui-même agité les esprits par la convocation d'un parlement. Mais ce parlement était un

» Harri8*8 life of Cromwell , p. 542.

* Glarendon's history, p. 699.

danger nécessaire; et Richard, dans la noirreatité de sa puissance, ne pouvait éviter une épreuve, que CromW4dl redoutait si fort et qull avait toujours subie. Quelquefois on prend pour la cause du péril ce qui n'a servi qu'à le dédlarer«

Après une paisible possession de quatre mois, Richard, m plutôt * son conseil, résolut de convoquer un parlement, d'après la forme ancienne de l'élection , par les oomtés, les villes et les petits bourgs , ce qui était moins favorable à la liberté que les élections de Cromwell. Mais , en dépit de l'influence que cet ancien système assurait au gouverne- Ment, les noms célèbres de la République, Haslerig, Scott, Bradshaw, Henri Yane, Ludiow, portés par une foulé de suflFrages, anooncèjent de dangereuses attaques.

L'autre chambre , créée par Cromwell , fut ce que pouvait être une pairie factice, qui n'osait en prendre le nom , et qui blessait encore cet esprit d'égalité , que Ut République et le despotisme de Cromwell avaient également foHIfié. A peine quarante membres se rassemblèrent-ils; tant eette assemblée croyait peu à son pouvoir en présence de l'élection populaire! Cependant Richard se rendit dans cette saUe des lords, et y convoqua les communes poilr faire l'ouverture du parlement, selon le cérémonial de l'ancienne prééminence.

Les premiers débats ramenèrent ces questions fondamentales qui avaient donné tant de peine à Cromwell , et que ne peut éviter tout pouvoir usurpé qui laisse délibérer sur ses droits. Mais enfin , soit que le 2èle de la liberté se fût affaibli , soit que Thurloe et les autres légistes eussent habilement ménagé la chambre, toutes les questions se décidèrent en faveur du Protectorat.

Après de longues et savantes discussions, Thurloe flt passer un acte portant reconnaissance de l'autorité du Fro-

> Whitelocke's memorials , p. 676.

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