‹ Histoire de CromwellChapitre 188 sur 222 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

UÊlmr. Le parti de la conr, comme on rappelait , réussit également à faire reconnaître l'existence de l'autre chambre, et ses rapports arec la ebambre des communes; [et Richard GrooQfwell semblait trouver un appui dans cette asseiAlée, si l'état des choses n'ayait pas amené le triomphe de la force militaire, ce monotone et odieux dénouement des révolutions.

Fltisieurs années de serritude avaient changé les esprits. [1658.] Une ehatnbre des communes ne pouvait plus exercer ce grand crédit qu'avait eu et qu'avait perdu le long parlement. Pendant que les conseillers de Richard travaillaient à gagner la majorité de la chambre , et à réfuter les discours de quelc^ues vieux Indépendants, des intrigues itiflus décisives se tramaient ailleurs.

Les généraux qui avaient favorisé l'élévation du jeune Protecteur, furent bientôt mécontents de leur ouvrage. La faiblesse de lUchard n'excluait pas une sorte de finesse qui lui fit chercher de préférence ses appuis parmi les hommes de l'administration civile. La douceur et la modération de son caractère s'accommodaient peu du fanatislne sauvage de Meetwood. II avait lui-même trop de bon sens pour être fàùatiquè , et il n'était pas hypocrite. On cita de lui des paroles imprudentes et profanes qui scandalisaient tous les gens de piété. Ayant fait venir un officier qui s'était plaint de quelques promotions nouvelles , il lui avait demandé iro- Èlqnement s'il toulait qu'on n'avançât que les dévots. « Je « vois ici, avait-il ajouté, Ingoisby qui ne sait ni prier ni i< plrècher, et auquel je me fierais cependant plus qu'à vous ft tons. » la malslâle du fanatisme était encore trop générale et trop forte, pour que de telles paroles pussent tomber impunément. Cromwell avait souvent fait pendre quelquesuns de ces prédicateurs de régiment dont le 2èle l'importunait; mais son langage avait toujours été le même que celui du dernier fanatique de l'armée.

Richard , en qui rien ne pariait aux imaginations mili* taires, acheva de se perdre par ces apparences irréligieuses. «t Depuis lors , dit gravement Ludlow , tous ceux qui se « piquaient tant soit peu de religion et de probité , com- «( mencèrent à se croire en péril pendant qu'il gouveme- « rait. »

Sans doute on peut penser que d'autres intérêts se cachèrent sous ce prétexte et s'armèrent de cette opinion. Richard avait laissé voir son aversion pour lé joug militaire ; il aurait voulu en délivrer le peuple , pour ne pas en être opprimé lui-même. Il le dit au colonel Hutchinson ^ , l'un des zélateurs de la liberté civile, et parut prêt à se jeter dans les bras des hommes de ce parti. Quelques Républicains spéculèrent un moment sur son extrême faiblesse, et pensèrent à le conserver dans le protectorat; mais cette faiblesse, lui étant tout dessein suivi, ne lui permettait pas même d'être l'instrument d'un parti : car il faut voulob*, pour obéir longtemps à la même influence. Il n'en fit pas assez pour lier à sa cause les amis de la liberté civile ; et il irrita la faction militaire, jusque dans sa propre famille. Avant la réunion du parlement, son oncle Desboroug s'était déjà séparé de lui , et s'était fait le chef de tous les officiers républicains, c'est-à-dire des mécontents. Plus tard Fleetvvood se réunit à Desboroug, et sa maison de Wallingford devint le rendez-vous d'un parti nombreux, composé de beaucoup d'hommes qui avaient d'abord concouru à l'élévation de Richard.

Un assez grand nombre d'officiers indépendants, anciennement persécutés par Gromwell, et repoussés par Richard, exprimaient encore plus librement leur haine pour le Pro^ tecteur. '

La réunion de ce parti iivec la maison de Wallingford

< Memoirs of the life of colonel Hutchioton , ?. II. p. S18.

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