LIVRE ONZIÈME
toinpte è l'autorité qui se trouverait éta])lie, La fàctioii mi* litaire, toute puissante à Londres, se formait des hommes qui avaient ' serf i Cromwell et dédaigné Riebard, et de tous les Républicains ardents persécutés par Cromwell. Fleetwood et Desboroug étaient unis à Vane et à Ludlow» L'armée fut soumise a une épuration nouYcUe ; on écarta les oiBciers qui avaient montré quelque zélé pour Richard ^ on rétablit dans leurs grades ceux qui, par leur importun fonatîsme ou la constance de leurs opinions républicaines, s'étaient attiré la disgrâce de Cromwell. Lambert, qui n'était ni RépuWcain ni fanatique, reprit le grade de majorgénéral, et donna carrière à toutes ses espérances ambi* tieuses. Personne cependant n'osait s'emparer du pouvoir; et cette anarchie militaire avait tellement besoin d'un maître , que les offiders s'accordèrent à rappeler le reste du long parlerait , décimé tant de fois . Les Républicains éclairés prévoyaient d'ailleurs que la chute de Richard pouvait amener le rétaUissement de la monarchie; et c'était contre elle ^'ils invoquaient l'ombre , encore redoutable , de cette assemblée . Ik sentaient que ce parlement était le génie même de la révolution, et qu'il faisait seul le salut de tous les bommes intéressés à la perpétuer par conscience ou par ambition.
Lanri)ert et Ludlow, ces deuK hommes si longtemps éloignés de toute la distance qui sépare l'ambition servile du fanatisme de liberté, vinrent trouver LenthaU, orateur du long parlement, pour lui persuader de réunir ce qui restait de cette asisemblée. Le vieux LenthaU % fatigué, de la révolution , et inquiet pour la pairie qu'il avait reçue de Cromwell, voulut différer, alléguant une affaire importante et où il s'agissait du salut de son âme : excuse hypocrite qui cadmt, dit-on , un secret engagement avçc )U-
' lanOiom^ê memoirt, t. H, p, 649.
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chard , dont toutes les espérances n'étaient pas détruites tant qu'aucune autorité ne régnait à sa place.
L'ardeur de Ludlow, de Yane, d'HasIerig, l'emporta. Une quarantaine de députés se réunirent. Deux membres, arrêtés pour dettes, furent tirés de prison, afin de grossir le nombre; ils vinrent prendre séance, sous la garde et au milieu des acclamations de ces mêmes officiers qui les avaient chassés avec tant d'outrage.
L'énergie du parlement reparut aussitôt. [16S9.] Les officiers les plus sincèrement républicains, Rich et Overton, furent rappelés. Ludlow et Haslerig, qui s'apercevaient que l'esprit militaire avait été corrompu par la servitude , reprirent les fonctions de colonels, afin de donner l'exemple, et de surveiller eux-mêmes les dangereux alliés qu'ils appelaient à leur secours. Le parlement, qui, tel qu'un souverain remis sur le trône, avait notifié à tous les ambassadeurs étrangers qu'il était rentré dans l'exercice de son autorité^ ordonna que la justice serait désormais rendue au nom des conservateurs de la liberté anglaise, titre qu'il avait pris autrefois dans sa toute-puissance ; et il s'occupa de remettre sous le joug civil cette armée dont il avait éprouvé la violence et les caprices par sa dispersion , et même par son rétablissement.
Mais ce n'était pas le compte d'un parti plus révolutionnaire que républicain , qui n'avait voulu détruire le Protecteur qu'à demi , et ne rétablir le parlement que de nom, et qui s'attendait à régner par l'un ou par l'autre. Les assemblées de Wallingfôrd se continuèrent ; et toute leur fureur se tourna contre cet incorrigible parlement, qui prenait de bonne foi le piouvoir qu'on lui avait rendu , et se préparait à gouverner l'armée.
La chambre , empressée d'établir une forme de république qu'elle regardait comme sa sauvegarde, déclara que la nation serait gouvernée sans roi, sans chef unique, et