‹ Histoire de CromwellChapitre 194 sur 222 · LIVRE ONZIÈME. 4S · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME. 4S

de volontaire ; mais la défaite du chevalier Bootl^ fat achevée plus vite que ne pouvait commencer cette entreprise , subordonnée à toutes les lenteurs d'une protection étrangère.

Le parlement, menacé par une révolte ouverte, par les dispositions au moins incertaines de la cité de Londres, ne $'abandonna point lui^éme , et crut sentir plus que jamais le secours et la main de Dieu. Il avait donné des ordres et nisseml)lé des forces ; mais il fallait un général pour exécuta les décrets de rassemblée ; eUe hésita sur ce nouveau péril. Elle doutait du talent militaire de Fleetwood, et craignait Fesprit ambitieux de Lambert. Les amis de Lambert répondirent de sa vertu, et protestèrent qu'U éprouvait de grands remords d'avoir autrefois aidé la domination du Prote^eur. Hutchinson voulut en vain s'opposer à ce choix; un plus grand péril l'emporta sur toutes les défiances. Lambert reçut sa commission des mains de l'orateur, jura d'être fidèle,, et partit pour combattre. S'étant mis à la tête des vieilles bandes du Protecteur , il surprit et dispersa focilement quelques troupes levées à la hâte, mal commandées, point. secourues} et la République ne fut plus menacée que de sa victoire.

Le parlement, pour honorer le succès de Lambert, ordonna qu'il lui serait offert un diainaAt de grand prix, sorte de ré^mpei]i0e en usag<^ au commeiicemept de la révolution et sous le despotisme de Çromwell, mais qui ne convenait plus à la hauteur des prétentions militaire^. Les officiers de Lambert deniandèrent par une adresse impérieuse qu'il f^t élevé au grade de msùor-^généraL FlçetwQpd pré* senta et soutint cette demande, pour attirer à Lambert l'affront d'un refus qui le rendit implacable ennemi du parlement. La politique hautaine de^^ chefs parlementaires ne pouvait pas hésiter. Haslerig fit déclarer qu'il serait inutilq et dangereux d'augmenter le nombre des officiers-généraux, enveloppant ainsi l'exclusion personnelle de Lambert

sous une défiance commune qui blessa vivement le parti militaire. Vainement la chambre se pressa de décerner à Lambert un présent de cinq mille livres sterlings; Lambert accepta cette récompense, et n'en parut pas moins implacable.

La situation et le caractère de ce reste de parlement sont vraiment des choses dignes de mémoire. Ce petit nombre d'hommes échappés à tant de vicissitudes , et reportés dans Westminster par un caprice de l'armée , osaient tout pour s'affranchir de son insolent appui. Ils poursuivaient cette pensée au milieu de tous leurs autres périls. La conspiration du chevalier Booth leur avaient montré les espérances et les forces du parti royaliste. Chaque jour ils faisaient arrêter quelques complices de cette entreprise. Leur sévérité s'étendait également à tout ce qui menaçait leur pouvoir; et ^ lord Falconbridge , gendre de Gromwell, fut mis à la Tour, en même temps que le comte Derby, le plus fidèle compagnon de Charles II. Seulement, aucun supplice ne fut ordonné. Il semble que les révolutions s'humanisent dans leur progrès par une expérience mutuelle et un contrat tacite entre la peur et la vengeance des partis. Cependant la chambre faisait des lois , ordonnait des levées d'impôts , recevait des ambassades , et terminait la guerre du Danemarck et de la Suède, par la médiation impérieuse d'Algernon Sidney, son ambassadeur.

Les pétitions de l'armée, manifestes ordinaires des violences qu'elle voulait exercer, se reproduisirent bientôt. Lambert fit répandre une déclamation injurieuse pour le parlement.

Desboroug vint lire à la barre de la chambre une humble représentation , non moins impérative que des menaces. La chambre irritée cassa Lambert et Desboroug; par un acte

' WhiteIocke*8 memorials, p. 685.

Page 1