LIVRE ONZIÈME
qu6S jours à Londres pour épier le secret de Monk, et tout prêt à le servir. N'ayant remporté de ce voyage que des serments de fidélité à la République, Lockart resta fidèle, de peur de se trouver seul à changer de parti. Il refusa les offres qui lui furent adressées par Charles II, sous la con« dition de fiiire reconnaître l'autorité royale dans Dunkerque; et il eut le déplaisir, assez amer pour un ambitieux , de voir son habileté surprise et de ne connaître que parle retour de Charles II cette grande révolution dont il aurait pu parta* ger le mérite. Le soumission empressée qu'il montra dans ce dernier moment ne le sahvapas d'une disgrâce; mais ses talents politiques le ramenèrent, quelques années après, ambassadeur du roi d'Angleterre à la cour de France.
Monk , qui s'était ouvertement rapproché des principaux Presbytériens, avait évité jusque-là de communiquer avec aucun chef royaliste. Williams Morrice , son parent , le dé-^ termina enfin à recevoir Sir John GrenviUe , l'un des plus xélés serviteurs du roi. Ce fut dans ces entretiens que l'on décida le sort de l'Angleterre. Monk autorisa GrenviUe à tout promettre en son nom ; mais il refusa d'écrire au roi. GrenviUe, dépositaire de ce grand secret, partit pour Bruxelles. Le roi n'admit dans la confidence que le marquis d'Ormonde et Clarendon. Les lettres mêmes de c6s deux seigneurs nous montrent combien la promesse de Monk fut tardive ' et paraissait encore incertaine. [1660.] Cependant le roi se hâta de quitter les terres des Espagnols, qui, après avoir si faiblement secouru son malheur, auraient pu mettre des obstacles et des conditions à son retour; et il transporta sa cour à Bréda, pour être plus Ubre et plus rapproché de l'Angleterre. Clarendon avait alors sur les conseils du roi la plus heureuse influence. Soupçonné lui-mémô d'être Presbytérien, il sut', par ses émissaires et par ses lettres, mé-
> Â collection of «tate letten , v. U , p. 929, 804 , ete.
9-He sent over doctor Morley Who talked much with ^e |Mfe«byteriao« of
nager habilement les chefs de ce parti , et préparer les esprits, sans trop les avertir.
. Toutefois, à défaut même de démarches imprudentes, un certain augure de l'avenir commençait à se répandre. Les membres de la haute cour, particulièrement menacés, eurent soin d'étendre leur péril à tous les hommes engagés dans la guerre contre le roi, qu'ils avaient condamné. L'agitation fut excitée dans l'ancienne armée de Cromv^ell, déjà mécontente de se voir éloignée de Londres , et remplacée par les régiments que Monk avait amenés d'Ecosse.
A ce moment de crise et d'incertitude, Lambert, échappé de la Tour, réunit quelques escadrons , dont l'exemple pouvait entraîner le reste des troupes. Mais déjà le succès delà cause royale semblait assez probable, pour qu'elle trouvât des défenseurs parmi ceux qui avaient besoin de pardon. Ce fut le colonel Ingolsby , parent de Gromwell , et l'un des juges du roi', qui poursuivit Lambert, et le ramena prisonnier, après avoir dispersé ou gagné ses soldats. Il n'y avait plus de fanatisme dans la foule, et les chefs prenaient des intérêts contraires. C'est la fin des révolutions.
Lambert, qui aurait pu jouer le rôle de Monk, et qui tenta vainement celui de Gromwell , passa quelque temps après des prisons du parlement devant un tribunal établi par le roi. Il obtint la vie, et fut relégué dans l'Ile de Guernsey, où il mourut, après trente ans d'oubli, méprisable et odieux à tous les partis , homme sans aucun principe dans un siècle de fanatisme : ce qui l'avilit, en ne lui laissant le mérite ni de la constance , ni du repentir, ni d'une mort courageuse ; esprit plein de ressources et d'audacfe, mais inférieur à sa propre ambition ; trompé sur lui-même par Texemple de Cromwell, et fait pour marquer la différence de l'intrigue au génie.
modération in gênerai, but would enter into no particulars. hwtaeVsHuUirj of bis own time , p. 138.