‹ Histoire de CromwellChapitre 209 sur 222 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

Page 968.-* Les lettres de Tambassadeur de France renferment plosieuri détails curieux sur les relations de Cromwell et de la France :

« J'ai reçu les deux lettres que vous m^avex fait l'honneur de m*écrire les « SI et S5 du mois passé, avec celle du roi , dans lesquelles je vois qu'il plalt « à sa majesté de me confier la négociation du traité entre la France et PAntt gleterre avec la qualité âî^ambasModeur, J'ai demandé audience au secré- « taire du conseil, sous prétexte de lui en faire part, afin de découvrir avec tt quels termes M. le Protecteur désirait que sa majesté le traitât. H ne voulut « point s'expliquer autrement, sinon que son altesse avait l'autorité souve- « raine et aussi grande que les rois, et que c'était à nous d'en user comme « nous jugerions à propos. Depuis cette conversation , un homme, qui se mêle « d'intrigue, m'est venu trouver, et m'a voulu faire entendre, qoe le terme

« de flrére aerâit bien agréable. Pai donné ordre à mon secrétaire, ai Ton lui « témoigne désirer le titre de firère^ qu*il réponde de soi-même que les pou« « Toirs m*ont été envoyés, afin d*aToir nn prétexte pour me dispenser de « donner cette qualité. Toutes les résolutions dMci , dans les rencontres de la « moindre importance, se prennent ayec grand secret, et la politique est de « surprendre. » S mars 1654. (N. S.)

Thurloe*» stat$ papers, y. II, p. 106.

Et ailleurs, de Bordeaux écrit : « Pinfère que son altesse n*est pas contente « de ce que je ne suis pas qualifié d*amt>assadeur près d*$Uê, et de n^étre pas «traitée de frère ^ le maître des cérémonies ayant averti Tambassadeur de « Portugal de lui donner ce titre. »

Page 108. ---LMntérét extrême que Cromwell prit aux réformés de Savoie, se retrouve dans une foule de pièces de la correspondance de Thurloe. Cet intérêt tenait au grand système de ligue protestante, que le Protecteur suivit et annonça constamment. L'ambassadeur Newport raconte, dans une lettre aux états, que dans diverses conférences sur ce point, le Protecteur lui a dit, relativement à la Suède: « Que tous les grands états protestants de- « valent cultiver entre eux Tunion et Tamitié , et se tenir en garde contre les « démarches et les intentions du présent pape et de ses adhérents. » Newport ayant alors dit au Protecteur , que les états partageaient son intérêt pour les Yaudois et quMls avaient écrit dans cette vue à leur ambassadeur , le Protecteur répondit, «qu'il était excessivement satisfait de voir que leurs hautes « puissances prissent si fort à cœur l'intérêt de ces pauvres peuples de la « vraie religion réformée, assurant l'ambassadeur, qu'il n'y avait rien au « monde qu'il estimât davantage, et que pour cette cause il était prêt, si « c'était la volonté de Dieu, à souffrir les plus grands tourments. »

ThurU>e'*s state papen, y. IV, p. 314.

Page 301. — Les négociations avec la France traînèrent fort en longueur. De Bordeaux rapporte une des dernières conférences qult eut avec le Protecteur, et dans laquelle il demanda que les commissaires des rebelles de France ne fossent jamais reçus à porter plainte en Angleterre. « Le lordPro- « lecteur, dit-il dans sa lettre, commença son discours par quelques pro- « testations générales sur son désir de la paix; il les appuya de quelques « mauvaises raisons, pour justifier tant de retards, et les difficultés qui « restaient encore. Quant à son titre , il déclara que des considérations qui lui « étaîent personnelles, ne seraient jamais un obstacle, pourvu que la nation « pût conserver sa dignité. Quant à la limitation du pouvoir des arbitres , il « renvoya la question à Fexamen du comité; mais il s'étendit beaucoup sur « la clause réciproque relative aux mécontents des deux états, afin de prou- « ver qu'elle n'était point juste en termes généraux, puisque sa majesté « n'avait consenti qu'au bannissement de quelques personnes particulière- « ment désignées. Il considéra ensuite que, d'après une pareille clause, les « protestants de France seraient exclus du droit d'implorer l'assistance de « l'Angleterre, s'ils étaient persécutés, déclarant d'ailleurs qu'il était bien « éloigné d'avoir la moindre pensée de les soustraire à l'obéissance sous la- « quelle ils étaient, comme on le lui avait imputé ; mais que plutôt il armerait « contre eux s'ils essayaient, à la légère et sans motif, de troubler la paix de « la France. Il finit, en disant que j'avais moi-même terminé mon discours « avec trop de fierté, et que l'Angleterre serait toujours en position de se « défendre de set ennenûs. »

VamibêuêâMi et France lutta beaucoup pour l'adoptioii de eet article^ ^ Alt Nôeté.

Thurlù9't ttate papen , ▼. n, p. 5.

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