‹ Histoire de CromwellChapitre 210 sur 222 · UVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

UVRE NEUVIÈME

Page S14. -^ le 98 septembre 1656, l^oibassadeur de* France éertratt à Maxarin : « La réunion du parlement est la seule affaire qui occupe let espritt «en Angleterre. Votre éminence verra, par la copie de ma lettre à M. de « Brienne, le résultat des deux premières séances de cette assemblée. J*ajou- « tarai que le Protecteur s^est fort étendu contre les Espagnols, exagérant « toutes les entreprises que leur roi avait autrefois formées contre F Angle- « terre, et les motife qui Pobligeaient à rompre; ce sont les mêmes qu^ fit « publier Tannée dernière. Il affecta aussi d^étre persuadé, que l'Espagne et « le duc de Newbourg donnent neuf mille hommes an roi pour faire une des* « cente en Angleterre. Il n^ a point de Douvelles conformes à cela; etbeau- « coup de gens croient que c'est une feinte et une invention, pour donner des « alarmes , et pour, maintenir l'union de l'armée dans cette conjecture. » Thurlœ'ê staiê papen^ ▼. Y, p. 497.

Page 319.— La confiance que Gromwell était parvenu à inspirer à quelques partisans du roi, est attestée par une anecdote singulière, qui se trou^ dans un écrit royaliste publié à l'occasion des Mémoires de Thurloe.

« Le Protecteur, dit l'auteur de cet écrit, et le petit nombre de ses alfi- « dés, étaient certainement des hommes de grande sagacité pour leur intéc rét, et qui savaient varier leur conduite, suivant que les circonstances le « rendaient nécessaire. Ils avaient tour à tour cajolé et trompé tous les par- «tis, même jusqu'à ces pauvres royalistes, qui étaient si dépouillés et si <i opprimés; et l'apparence de faveur {this sun-shine offavour) qui briHa « quelque temps pour ceux-ci, engagea James Homes à composer et à dédier a au Protecteur un livre, dans lequel il s'élevait avec force contre le pouvoir tt du parlement, et justifiait ouvertement Charles 1er dans toute sa querelle tt avec cette assemblée; et ce livre fut très bien accueilli; ce qui servit à pron- % ver que la monarchie était au fond la chose à laquelle visait Gromwell, et <i peut-être une monarchie plus absolue qu'aucun de nos rois n'avait prétendu « l'établir. Jf^hich book wcu very well received, and theréby pîainly proved, tt tiuU monarchy at the bottom .wa$ what Oliver aimed at^ and perhaps a « more absolute monarchy thatany ofour king» pretmd&d to. » ^ fetterto a friend in the country^ p. 48.

Page 320. — La lettre de créance de Jephson pour le roi de Suède, mérite d'être citée :

« Très puissant et sérénisaime roi, ce noble gentilhomme , le major-géné- « rai Jephaon, membre de notre parlement, qui aura l'honneur de remettre « cette lettre à votre majesté, vous instruira de l'inquiétude et du chagrin « que nous a donné la nouvelle de la malheureuse guerre qui s'est élevée « entre les couronnes de Suède ei de Danemarck, et de l'envie extrême ^e « nous avons d'employer tous les bons offices que Dieu peut mettre en notre « pouvoir, pour réparer cette brèche, et prévenir par là les mau:( et les in- « convénients qui résulteraient pour la cause commune, d'une gneare pa- < reille , à une époque où nos ennemis s'unissent et s'engagent dansles pn^eti

«MdiiMletpritiiiiiMlM ptet daagefeiim eatttrt to wJte tt c t a t w h» h» « taieun de U ?raie religion. Ce motif et quelquei autres qui touchent de i^rte «.à oei deux nationi et i l*intérét publie, nous ont déterminé à députer ce «gentilhomme à Totre majesté en qualité d*enyoyé extraordinaire. Nous « prions votre majesté de le recevoir amicalement, et de lui accorder entière « créance dans les choses qn*il communiquera à votre majesté de notre part, « comme à une personne à qui nous nous confions pleinement; et nous prions « votre majesté d*étre assurée de notre véritable affection et de notre bonne • volonté pour vos affaires; de quoi nous vous donnerons des preuves réelles « dans toutes les occasions qui pourront s*oArir.

« Votre bon ami Oliviu. »

Page 331. — Thurloe écrivait à Henri Cromwell : « Il y a un comité d*offi-* « ciers qui souvent se rassemble à White-Hall. L^autre jour ils vinrent à son « altesse, et lui représentèrent leur inquiétude de ce que Ton foisait dans le « parlement quelque chose pour la ruine du gouvernement actuel. Son altesse a leur parla dans des termes très francs , mais pleins de douceur et de bien- « vaillance, et à leur grande satisfaction , à ce que j*entends dire. » Thutioe'i 9tat9 papen^ v. lY, p. 98.

Page 388. «- Cromwell fit prêcher devant lui et consulta, dans lOversee circonstances, trois célèbres docteurs de PÉglise presbytérienne, Hanton, Baxter et Calamy. Quant à rÉglise épiscopale, quoiquil ait rendu contre elle des lois sévères , il autorisa plusieurs membres de cette communion à officier publiquement. Ce fiit est attesté par Walker, dans Touvrage intitulé : Souffraneêi au Clergé, Cromwell protégea mémo les Unitaires qui n*étaient que des Déistes. Il avait accordé une pension à John Bidle, chef de cette secte en Angleterre, qui, par un bill du parlement, était exilé dans 111e de Scilly. Enfin, il avait parmi ses chapelains un docteur Jeremiah White qui était à peine chrétien , et qui ,, dans ses spéculations hardies, s*éloignait de toutes les sectes connues. Marrii'i Life of CromweU , p. 44.

La haine de Cromwell contre le catholicisme parait même avoir un calcul politique , qui ne le suivait pas dans ses actions privées.

n est rapporté dans un écrit du temps, « que sir Kenelme DIgby, catholi* « que connu , était logé par Cromwell dans le palais de White-H^ , et que « plusieurs prêtres romains ftirent protégés par des ordres particuliers de la « main et du sceau de Cromwell. »

Une lettre du chevalier Digby, dans le recueil de Thurioe, est pleine de la plus vive reconnaissance pour le Protecteur. Ce même recueil renferme d*aiitres pièces plus curieuses, qui prouvent que, si le pape avait voulu envoyer à Londres un évêque catholique, Cromwell Tauratt toléré, dansTespérance de se servir de cette influence pour diriger et contenir tous les catholiques d*Angleterre. H est certain qu*il reçut et encouragea, sur ce pohxt, les demandes des catholiques qui avaient perdu Pancien évéque nommé sous Charles I«r. On a conservé une lettre écrite à Charles, pour le prévenir de cette politique, et rengager à ne point s*opposer, comme il le feisait, à la conversion du duc dTorck, de peur de mécontenter la cour de Rome, et de la rendre par là plus favorable aux vues de Cromwell. Charles II répondit : « JMgnoro « jnsqu^à quel point la condescendance de Cromwell pour les catholiques « peut déterminer le pape à lui donner créance , et par conséquent à le favoft riser; mais Pappréhension de ce danger ne doit pas me conduire à faire « quelque chose de contraire à mon jugement et à ma conscience; et sif « après tant d*oxécrables parjures et tant de violations de toutes les promee»

« tes , Cromwell venait à se feire croire par quelques-uns de mes st^eti ea- « fhoUques , je suis persuadé que tout eela tournerait à leur préjudice et à « leur honte, plutot qu*à mon désaTantage. » Thurlœ'i Uaiê papen^ y. i, p. 740-744.

Page 850. —11 parait que Fleetwood et Desboroug continuaient dinquiéter le Protecteur par leurs mécontentements et leurs intelligences avec Lambert. En 1657, Henri Cromwell écrivait à lord Brogbill : « Je n^aime pas cette Inti- « mité de Desborougb et de Fleetwood avec Lambert; car, lorsque des hom- «mes tels que ceux-ci correspondent avec un bomme tel que cehii-U , c^estla a preuve que leur pouvoir est plus grand que quelqu'un ne le voudrait, bien a quMl ne soit pas plus grand que celui de tous les bommes raisonnables des « trois nations , qui , j*en ai la confiance, ne se prêteront pas à leur dessein.» Thurlœ's state papers, v. VI, p. 858.

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