‹ Histoire de CromwellChapitre 29 sur 222 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

eents prisonniers et enlevé plusieurs drapeaux. Ayant poursuiTi les débris de ce corps ^ il les poussa jusqu^à la forteresse royale de Bletchington ^ dont il se rendit maître. Quelques jours après , il surprit encore un parti royaliste , et enleva le colonel, deux lieutenants-colonels, et un asse; grand nombre de prisonniers. Ces coups de main heureux, malg^ré quelques pertes qui s'y mêlèrent , signalaient Gromwell parmi tous les chefs des troupes parlementaires. S*étant réuni au colonel Brown , ils écrivirent à la chambre pour annoncer que le roi quittait Oxford et se mettait en marche. Le parlement, après avoir ordonné au comité de la guerre de leur envoyer des provisions et de l'argent, dé*. cida que le lieutenant-général serait dispensé de siéger à la chambre \ et prolongerait son service quarante jour» audelà , nonobstant la loi du renoncement de soi-même. Cette exception ne fut pas accordée sans beaucoup de plaintes de la part des amis du comte d'Essex , qui découvraient enfin le but caché de l'ordonnance , et l'application inégale qu'on en voulait faire.

Tandis que Cromwell et Brown suivaient le roi depuis son départ d'Oxford, et répandaient des émissaires dans tous les comtés , pour les soulever sur son passage , Fairfax, s'étant avancé vers Oxford, à la tête de son armée, rappela près de lui les deux généraux, pour former le siège de cette ville. Cromwell fut envoyé dans l'île d'Ély ^ pour y ranimer le zèle des associations, et prévenir l'influence des agents du roi. En peu de temps il rassembla, dans les comtés confédérés, trois mille chevaux. Les quarante jours expiraient; mais Fairfax écrivit, en faveur de Cromwell, une lettre au nom des principaux officiers de l'armée. Ireton , Whalley, Fleetwood , qui avaient signé cette lettre , étaient ou parents ou confidents de Cromwell. Le parlement, après quel-

' Tbe Journal of the house of commons. Mai 11 , 1615. * Whitelocke's memorials, p. 141-143.

es HISTOIRE DE CROMWELL.

ques débats , décida ^ que « Sir Thomas Fairfax pourrait « désigner Gromwell pour commander sous lui la cavalerie, u ayec le titre de lieutenant-général , s*il le jugeait conve- <t nable.» «Dès lors, suivant Fexpression de Whitelocke, « il parut grandir dans la faveur du peuple et de Tarmée, (c et son élévation commença d'exciter Tenvie. n Mais, dans les temps de faction, Tenvie est subordonnée à Futilité des services , et chaque parti a trop besoin de ses chefii , pour se hâter de proscrire la gloire qui l'offusque , ou l'ambition qui menace de le dominer.

Cependant, Charles P% cherchant la situation la plus avantageuse pour combattre, se retira vers le nord. Tan* dis qu'il conduisait son avant-garde , Ireton, sur l'avis de Cromwell , attaqua et mit en désordre quelques régiments de l'armée royale, laissés en arrière à Nazeby. Cette alarme, qui vint surprendre le roi au milieu de la nuit, le força d'abandonner sa marche. Il gagna promptement Harborough, où était son corps d'armée , et tint un conseil de guerre, dans lequel la vivacité du prince Robert l'emporta sur les objections des vieux généraux, et fit résoudre la bataille. Le roi revint donc sur l'armée parlementaire qui le suivait, et il la rencontra le l) juin devant la ville de Nazeby, qui a donné son nom à* cette journée, la plus décisive pour la chute du trône.

La bataille ^ commença à dix heures du matin. [1645.] Les parlementaires avaient pour mot de ralliement , D/^t^ ^otY notre force. Le mot des royalistes , Dieu et la reine Marie, rappelait le souvenir d'une reine qui avait déshonoré le trône et la religion par une cruauté fanatique ; et les troupes d'un monarque aussi généreux que Charles P', auraient dû combattre sous une invocation moins sinistre pour les vaincus. Au premier choc des deux armées, le prince Robert, à la

■ The Journal of the house of commons, June 10, 1645. * Whitelocke^s memorials , p. 150. — Letter of Gromwell.

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