‹ Histoire de CromwellChapitre 32 sur 222 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

lui senrirent à bloquer, pour ainsi dire, le comté de Cornouaille et le Devonshire , encore fidèles à la cause royale.

Cromwell, après avoir concouru à ces derniers ^succès, se chargea d'étouffer une nouvelle espèce d'ennemis, nés du désordre de la guerre civile. C'étaient des clubs armés qui s'étaient réunis, sous prétexte de défendre les propriétés du pillage. Ces rassemblements, quoiqu'ils ne parussent pas servir la cause royale , devaient inquiéter le parlement, qui, désormais certain de la victoire, était intéressé à maintenir l'ordre. Cromwell marcha sur Shaftesbury, rencontra Fun de ces rassemblements, composé de dix mille hommes, et sous les ordres d'un chef; il leur dit que ceux de leurs compagnons qui avaient été arrêtés seraient relâchés , s'ils n'étaient pas punissables suivant la loi. Il ajouta que Fairfax leur ferait rendre justice toutes les fois qu'ils auraient à se plaindre de ses soldats ; et il parvint ainsi à disperser cette foule, qui était une espèce d'armée. Une autre réunion, beaucoup moins nombreuse, opposa plus de résistance. Cromwell la fit charger par ses troupes, et enleva un grand nombre de prisonniers. Dans une lettre au parlement^ il propose de renvoyer ces malheureux \ et de ne garder que quelques nobles qui les commandaient. C'était le moyen d'empêcher que cette guerre ne prit un caractère politique, et qu'un tumulte ne devint un parti.

Ces attroupements, inévitables dans une époque de confusion civile , se renouvelaient presque sur tous les points du royaume. Le parjement leur fit toujours rude guerre, lorsqu'ils étaient ou royalistes ou incertains, et les employa, quand il fut possible. Au siège de Bristol, qui suivit immé-* diatement l'expédition de Cromwell, les clubistes de Sommerset et de Glocester servaient dans l'armée de Fairfax. Bristol, où s'était jeté le prince Robert avec quatre mille

■ WMtelocke'fl memorials, p. 160.

hommes de troupes , devint le dernier espoir de la cause royale. Cromwell se hâta de se rendre devant cette place assiégée depuis quelques jours par Farmée de Fairfox. Le général, après quelques propositions de paix inutilement adressées au prince Robert, fit observer, par son armée, un jour de prières et de jeûne, et prépara tout pour un assaut nocturne. Adeux heures du matin commença l'attaque au cri mille fois répété de David. [ 1646. ] 'Bientôt Farmée victorieuse entra dans la place au cri de Seigneur Dieu des armées ^ Le siège et l'assaut n'avaient coûté à Fairfax que deux cents hommes. Ireton, le gendre de Cromwell, fut blessé. Le prince Robert, relire dans la citadelle, en sortit après avoir rendu la place à des conditions plus rigoureuses que celles qu'il avait refusées, et fut reconduit jusqu'à Oxford. C'était un dernier coup porté à la fortune de Charles, Le roi écrivit au prince Robert une lettre pleine d'amertume, eà y joignant un passeport pour sortir du royaume. Les vainqueurs trouvèrent, dans Bristol, de nombreuses munitions et cent quatre pièces d'artillerie. Ces détails furent annonces au parlement parles lettres de Fairfax et de Cromwell. «t On peut croire , disait Cromwell , en finissant la sienne % t( que quelques éloges sont dus à ces braves gens dont j'ai •( tant cité la valeur. Mais la prière qu'ils vous font, la part « qu'ils demandent dans cette bénédiction , est de pouvoir » être oubliés , pour ne laisser de place qu'aux louanges du « Seigneur. C'est leur joie d'avoir servi d'instruments à la « gloire de Dieu et au bien de leur p^s ; ils sont honorés « que Dieu ait daigné les mettre en usage. Monsieur l'ora- M teur, ceux qui ont servi dans cette occasion, savent bien « que la foi et les prières vous ont conquis cette ville. » La chambre des communes adressa une lettre de remercia ments à Cromwell comme à Fairfax.

• Whitelocke'a memorials , p. 166.

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