‹ Histoire de CromwellChapitre 34 sur 222 · LIVRE SECOND. H · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. H

arentuf éoses , lui donnèrent un nouveau parti. Il reçut des secours du comte d'Antrim, seigneur irlandais, et il enf reprit la guerre au nom de Charles. Le comte d'Argyle, possesseur d'itnmenses domaines en Ecosse, et l'un des plu^ grands appuis du parti républicain , fut vaincu par Mofltross, (pli put se flatter tin moment de rétablir dans ce pays, où commença la guerre civile, Fautorité absolue du roi. Le dévouement exclusif de Montross n'admettait pas de transaction avec l'esprit de liberté. Il détourna toûjoufi§ Charles de la paix ; et les avantages passagers qu'il obtînt loi doimdréÉtt à cet égard une grande autorité sur les conseils du rof.* « h frémis d'horreur, écrivait-il aU roi, à la M pensée de la paix, tant queTarmée de votre majesté et « celle de vos rébelles sujets sont en présence. Il n'y a point « de traité possible , à moins qu'ils ne se séparent et fie se « soumettent entièrement à la clémence de votre majesté. » Cette illusion du dévouement trompa Montross sur le siîccès de ses armes; il se crut maître de l'Ecosse.- Dans la même lettre où fl s^opposait si vivement à la paix , il disait à Charles, avec renthousiasme religieux du temps: «Sire, « permettez-moi seulement , dès que j'aurai ramené ce « pays à Tobêissance dé votre majesté, de vous dire, comme « le général de David disait à son maître : O mon roi ! vë- « nez, venez vous-même, de peur qv^ cette conttée ne vi prenne le nom. de son vainqueur ^ » Malgré dé sî hautes espérances et tant de courage , Montross fut vâînéu. Le général Lesley, rappelé d'Angleterre par le gouvernement d'Ecosse , détruisit l'armée peu disciplinée de Montross , qui fut lui-même réduit à fuir après des prodiges de valeur. Moins d'héroïsme et plus de politique auraient mieux servi la cause de Charles. Avant l'expédition brillante et infortunée de Montross , un autre seigneur écossais, le duc

■ A letter of the marquis of Montross, feb. 3, 1645.

72 fflSTOIRE DE CROMWELL.

Hamilton , avait voulu concilier les libertés reUgieuses de l'Ecosse, et les droits du monarque. Opposé par conscience et par sagesse aux principes du pouvoir absolu , il donnait à Charles de plus salutaires conseils; et, s'il eût conservé son crédit en Ecosse, et la confiance du roi , peut-être eûtil prévenu la chute du trône. Mais sa prudence le fit soupçonner. Les courtisans qui restaient encore auprès de Charles calomnièrent un homme plus raisonnable qu'eux. Aigri par tant de malheurs , Charles prit la modération d'Hamilton pour une Complicité dans la révolte; et à peine cet excellent citoyen put-il forcer les royalistes de croire à sa fidélité , en mourant plus tard pour les défendre.

Cependant Fairfax, avec le secours de Cromwell, avait achevé la réduction des provinces de l'ouest. Les soldats parlementaires, enflammés d'un fanatisme chaque jour plus ardent , avaient trop de supériorité sur les troupes opposées ; leur piété rendait leur discipline plus sévère. II n'y avait dans leurs rangs ni désertion ni pillage ; les intervalles du service étaient remplis par l'exaltation religieuse. Les officiers se chargeaient de tous les soins du sacerdoce; beaucoup de soldats éprouvaient des extases ; ils allaient au combat, en chantant des psaumes et des hymmes saints; et la mort était le martyre. Les troupes de Charles , fatiguées et corrompues par leur mauvaise fortune , se débandaient et commettaient beaucoup de désordre dans le pays. La conduite de leurs principaux chefs , braves , mais frivoles , hautains, débauchés ^, contrastait peu favorablement avec l'austère régularité et la simplicité démocratique des généraux parlementaires; et ces vices brillants des cours, qui

« Wilmot loved debauchery , but he never drank vrhen he was within distance of an ennemy : Goring was not able to resist tbe temptation , Vfhen be was in the midie of them, not would décline it to obtaiA a Tlctory. Glarendon's history , book Vllï, p. 418.

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