‹ Histoire de CromwellChapitre 35 sur 222 · LIVRE SEGOND · texte numérisé non relu

LIVRE SEGOND

dioqnaient Fesprit religieux du siècle, nuisaient encore plus à la bonne administration de la guerre.

Le parlement , qui , par les succès de ses généraux , voyait son pouvoir établi dans la plupart des comtés , choisit ce moment pour ordonner quelques élections à des places vacantes dans son sein par la mort ou la proscription. [1645.] Ces renouvellements partiels eurent lieu plusieurs fois pendant la longue durée du parlement, et presque toujours fortifièrent le parti déjà dominant. L'élection de cette année porta dans la chambre le colonel Ludiow, homme que son caractère fait remarcjucr au milieu d'une révolution si féconde en caractères singuliers. Un autre choix non moins important fut celui du colonel Blake , si célèbre depuis dans la marine anglaise , et dont la grande àme, préservée des crimes de la révolution, ne servit qu'à la défense et à la gloire de son pays.

Les Presbytériens furent admis dans ce renouvellement. Le pouvoir se balançait encore entre les deux partis ; et cette égalité se fit sentir dans le partage des récompenses et des titres honorifiques que se décernèrent les vainqueurs. A la fin de cette année , Fairfax reçut le titre de baron et une dotation annuelle de 5000 livres sterling ; mais les généraux disgraciés^ Essex et Warwick, furent créés ducs par le parlementa Le Presbytérien HoUes fut fait vicomte ; le républicain Haslerigh, et Vanes, l'un des chefs de l'/ndépenda/nce^ eurent le titre de baron, avec une pension de deux mille livres sterling. Ces particularités prouvent que la haine du parlement contre la noblesse n'était pas sans exception , et elles démentent les idées répandues sur l'absolu désintéressement de cette assemblée *. Cromwell reçut la plus riche récompense après Fairfax, et joignit au titre de baron une dotation héréditaire de S,500 livres sler-

' Warwick's memorials , p. 188. — Walker's mystery of the two junloes, p. 3. — Journal of (be house of commons , p. 1, 1645.

Ung de revenus , assignée sur les terres 44 comte de Worcester K Toutes ces libéralités, suivant les ternes de l'ordonnance, devaient être garanties par le rpî, dans les conditions de la paix^ et la rendaient ainsi plui difficile. Saint-John esssaya de faire donner à Gromwell une autre (}otation sur les Uen$ du marquis de Wincbesteri seigneur royaliste, et beau-frère du comte d'Esses; mais il fut obligé d'y renoncer.

Cependant la ville d'Oxford tenait toujours pour la eause royale , et elle pouvait , en réunissant les débris d^$ troupes royales, se former une garnison redoutable. Ce dernier espoir dura peu. Lord Astley, l'un des chefs royalistes, ^'avançant vers Oxford, fut arrêté par les forces réunî§s du gouverneur de Glocester et du colonel William Bereton. Il perdit, dans ce combat , deux cents hommes, presque tous gens de qualité , dit Whitelocke. Fait prisonnier avec le reste de sa troupe , Astley ne put s'empêcher de dire à ses vainqueurs : u Messieurs , vous avez maintenant nchevé f( votre besogne ; et vous pouvez aller jouer, à luoins qu'il » ne vous prenne envie de vous quereller ent^e vou$* h Aussi le roi, qui, jusqu'à cette époque, avait voulu traiter ^yec les deux chambres au moins d'égal à égal , proposait alors de venir au parlement sous la garantie de. sa sûreté personnelle , à l'effet d'aviser, de concert avec le parlement, au bien du royaume. [1645.] Il est vrai que d^ns cette lettre le roi promettait encore de pardonner à tout Ip ponde ; mais on ne pardonne plus quand on est réduit à négocier. La réponse du parlement indiquait tout l'orgueil d'une supériorité reconnue. Le sens était que, tant ' que Iç roi n'aurait pas adhéré à des propositions qui devaient lui être bientôt communiquées , sa présence au parlement n'offrait de sûreté ni pour lui ni pour ses sujets. Les communes

« K letter of OUver Sainl-John. Thurloe'^ «tate paper«, V. Ii Pt 7§. * Whitelocke's meiQonaU, p. 204.

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