LIVRE wSJECOND
prirent en même temp$ des mesures ^ ppur le cas où le roi viendrait à Londres, et elles ordonnèrent Féloignement immédiat de tous ceux qui avaient porté les armes ooiitre 1# parlement*
Cependant Fairfax, après avoir annoncé au parlement la reddition d'Ester, envoya Fleetwood et Ireton pour couper le» Qommunications d'Oxford , où les derniers débri^ de la puissance royale semblaient enfermés ayec Je roi lui-même. [1646.] Le découragement des royalistes était extrême ; un de leurs corps de cavalerie fut taillé en pièces et repoussé JDfiqu*au]|: retranchements d'Oxford ^ et les vainqueurs ne perdirent qu'up seul bomme dans le combat. Gromwell vint à cette époque à Londres , sous prétexte d'aviser aux mouvements ultérieurs de l'armée : il prit i^éance au parlelement, et reçut les remerctments de l'orateur au nom et par Tordre de la cbambre.
Londres était alors la théâtre d'une division qui devait influer sur le dénouement de 1^ guerre. Les Écossc^is^ premiers auteurs de la rébellion, et jusque-là Qdèles alliés du parlement) se plaignaient que leur covenant ne fût pas exécuté, que leur service militaire ne fût pas payé. Un livre , dans lequel on faisait ponnaitre leur dissentiment sur lea oQnditions à proposer au roi % fut ))ri^é par ^rdre du parlement, et passa pour avoir été fait sous l'inspiratiop des commissaires écossais. [1646.] Ces divisions, qne les royalistes ne manquaient pas d'exagérer dans leurs discours , firent prendre au roi une résolution que l'événement a condamnée , mais qui n'était pas plus imprudente qiie tnule autre. Charles se trouvait ds^ns une de ces situations désespérées qui, ne laissant que le choix des fautes, font que
' Whitelocke^s memorials, p. 304. — The ParliameiHary history, v. XIV, p. 312.
* Whitelocke^s memorials , p. 905.
' The Parliamentary blstory , y. XIV , p. 518.
la plus grave parait toujours être celle que l'on a commise.
Charles résolut de sortir d'Oxfôrd , et de se jeter dans l'armée écossaise. Le médiateur à la fois et le conseiller de cette réunion, fut Montreuil, ambassadeur de France en Angleterre. Le cardinal Mazarin, qui longtemps avait suivi la politique de Richelieu en faveur des séditieux d'Ecosse , trouvait maintenant la fortune du roi trop abaissée % et tournait ses craintes et sa jalousie sur la puissance excessive du long parlement. Montreuil vit le roi dans Oxford , et le pressa de se confier à l'armée d'Ecosse, qui campait devant New-Tork ; et l'ayant trouvé prêt à toutes les concessions , excepté sur l'épiscopat, il alla négocier avec les chefs de cette armée, et crut pouvoir adresser au roi, de leur part, une promesse formelle. Il parait que le roi ne reçut point une autre lettre, où Montreuil l'avertissait d'un changement survenu dans l'intention des chefs ; il sortit d'Oxford , déguisé, pendant la nuit , suivi seulement d'un valet de chambre et d'un chapelain , et vint descendre à Southweil , chez Montreuil ? d'où, quelques jours après, il se rendit au camp des Écossais , qui marquèrent la plus grande surprise de son arrivée. Il est vraisemblable que Charles, dans l'extrémité de sa fortune, s'était hâté de croire et d'espérer, au risque de changer de péril. Les Écossais, presbytériens zélés, ne pouvaient se réunir à lui, sans exiger l'abolition de l'épiscopat, auquel il ne voulut jamais renoncer. Aussi les vit«on bientôt désavouer hautement la supposition d'un traité avec le roi; et, loin de favoriser sa cause, ils l'obligèrent, avant tout, d'ordonner la reddition d'Oxfôrd, dernier débris de sa puissance '.
Charles, du fond de son asile, ou plutôt de sa captivité,
' Clarendon*8 history, p. 483.
• The Parliamentary history, v. XFV, p. 581.
» /Wa. , p. 407.