‹ Histoire de CromwellChapitre 37 sur 222 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

reprit des négociations avec le parlement. Mais pendant qu'il hésitait, qu'il refusait, le parlement terminait avec les Écossais un traité plus décisif. La chambre des communes afant voté le renvoi de l'armée écossaise désormais inutile , il ne s'agissait plus que de solder les services de cette armée qui avait si bien secondé la cause populaire.

Les demandes des Écossais étaient excessives. Ils faisaient entrer dans leurs comptes le prix d'un marché ^ dont ils ne parlaient pas. Le parlement anglais les entendit. La somme se trouva fixée à 400,000 livres sterling, après une discus* sion de plus de six mois, dans laquelle Gromwell * fut un des commissaires. [1646.] Mais, à la suite de ce débat, les Écossais livrèrent le roi à une députation du parlement, qui le conduisit, sous escorte, au château d'Holbendy. Les états d'Ecosse, par une déclaration solennelfe, approuvèrent cette mesure, comme désirée par le monarque lui-même. Il est vrai que Charles , dans ses messages au parlement , exprimait le vœu de venir à Londres , pour y discuter libre* ment les conditions de la paix. Telle n'était pas la politique des chefs de la révolution ; ils voulaient faire prisonnier celui qu'ils avaient vaincu.

Du reste, ils ne s'accordaient pas sur le sort du roi. Tant que la guerre avait duré , les partis opposés au trône , malgré leurs fréquentes divisions, étaient réunis par la crainte et la haine, comme par une entière uniformité de sentiments. Mais la victoire, qui aurait sufii pour diviser un parti unique et bien lié, livrait des sectes différentes à toute la, liberté de leurs divisions premières. Chacune d'elles voulait en profiter pour régner exclusivement. L'autorité civile appartenaient aux Presbytériens, qui composaient

' The ParliamenUry history, t. XV, p. 943. — Warwick*s memoirs, p. 395. — The history of ttie ciTil wan of England by Thomas Hobbes, p. 330.

■The PariiameDtary history, t. XY, p. 965.

ri • mSTOIRE DE CROHWELL.

(rncore la majorité des deia chambres V, et qui ayafent dh rigé le royaume depuis la rébellipo. Les Indépendant^ domînaieat dans l'armée : c'était le fruit de redresse à§ Çrom^yell.

Ce fourbe, affectant d'être un rigoureux Presbytérien, assistant à tous les sermons des prédicateurs de cette secte, ^yait en même temps rempli l'armée d'officiers attachés à la secte des Indépendants. Comme les Indépendants n'iiya|ent pour caractère distinctif que de pousser à Texoés les conséquences de la réforme, Gromwell , par l'ardeur de son ^ble allant jusqu'au terme de la secte presbytérienne , se rapprochait de celle des Indépendants , et leur «v^it longtemps persuadé h toutes deu^ qu'il leur appartenait ég^^ lement, ^

Les Presbytériens perdirent à cette époque le comte d'Essex, dont l'ancienne popularité les soutenait encore. Sa mort ' imprévue fit supposer, sans fondement, qu'il avait été empoisonné. Bien que faible et déchu , il mi^iqua beaucoup è son parti ; et Gromwell çn prit W nouvel ascendant.

La majorité presbytérienne du psu^lement, qui s'apercevfit qu'elle avait trop fait pour n'être pas aux ordres de ceux qui Tondraient en faire davantage , a?ait résolu ' dQ réformer l'armée. L'état de llrlande présentait une occa*. sion d'occuper les soldats : il suffisait de leur donner de nouveaux chefs, en écartant les officiers attac)iés h Xlnàépen^ dance, Bébarrassés de ce dangereux instrument, les Presbytériens auraient incliné à conserver un reste de monarchie. Gromwell, que la fin de la guerre avait ramené 9UX séances du parlement , regardait se former cette eona*

> CUrendon*« hUtory , p. 498.

> CIarendon*s history , p. 498. — Miero-Chronioon, sept. t4 , 1855.

3 The ParliamenUry history, v. XV, p. 333. — Memoirs of DenzO iQrd HoUes, p. 72.

Page 1