‹ Histoire de CromwellChapitre 38 sur 222 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

^iratioo contre l'armée. |1 savait bien que l'armée allait #lle-fB^e donner au parlement de plus sérieuses inquiétudes; ou plutôt il était ^ quoique absent, l'âme du mouvement qii'on y vit bientôt éclater. Les principaux colonels m^lés à ce mouvement, [1646] Rainsboroug, Hammond, Lambert, étaieat ses élèves et ses créatures. Sans parler du fanatisme de ï Indépendance religieuse, répandu dans un grand pprnbre d'officiers \ tous ces bommes, que plusieurs anpées 4^ guerre civile avaient enlevés aux habitudes de la vie sociale, et quelquefoM; à d'obscurs métiers, prévoyaient ^vec dépi); Tépoq^e di| licenciement. C'était comme une nouvelle secte qui vpulait la gi^erre et des grades, et qui n'était pas ^Qi^& animée que les autres contre le parlement. Ce qui se passait à Londres et dans le parlement, servit de prétexte ou d'pccasion à ces mouvements pr^éparés par la disposition des esprits. Les autorités civiles de Londres, presbytériennes comme la majorité de la chambre des communes, demandaient la répression des sectairi^s. Un de leurf çriefs contre beaycoup 4'officiers de l'armée , c'était la liberté qu'ils prenaient de prêcher et d'expliquer l'Écriture s^ns avoir été instruits ni ardonnés ^. Le lord maire et 1^ CApseil çofnmpn, dans nne pétition aux chaml)res, expri* méfent leufs craintes sur les approches de l'armée, et deliiandérent qn'elle fût éloignée et licenciée. Les habitants de Sn^sex, par une aqtre pétition, se plaignaient du séjour de l'armée snr leurs terres. Le parlement paraissait accueillir tontes ces demandes ^veç fayenr. VIv4épm4^nce était ¥isiblement n^en^cée. I^udlow, qui appartenait de bonne foi à p$ parti , nous raconte que Gromwell % se provenant

' tudiow's ipepioirs , v. I , p. ISO.

> The piilpits oF divers godly ministerf »e oFtea usurped by preacbinç foldieri \i\\o infect ti^eir aoqk with 8traQ§« «wd daoserous error^. Tbf f «rr liamentary history , v. XV , p. 222.

Memoirs of Denzil lord HoIIes, p. 71.

' The Parliamentary history, v. XV, p. 337.

90 HISTOIRE DE GROMWELL.

un jour avec lui, après beaucoup d'invectives contre le parlement, lui dit femilièrement : « Si ton père était vivant, il « leur dirait leur fait à ces gens-là. » Puis il ajouta, « que « c*était une chose misérable de servir un parlement : on a « beau lui être fidèle ; si quelque mauvais légiste s*élève « contre vous et vous calomnie , vous ne vous en laverez «jamais ; mais, lorsqu'on sert sous un général, quelque « service que Ton rende, on est à l'abri du blâme et de Fen- « vie. » Ludlow comprit plus tard , en voyant agir Cromwell, que dès l'époque de cette conversation il méditait la tyrannie, et qu'il avait cherché, suivant son expression, à lui tàter le pouls ' ; mais alors il ne l'entendit pas ; et, se bornant à lui répondre qu'il fallait se confier à Dieu * et mépriser la persécution, il continua de soutenir avec ferveur la secte des Indépendants , et, travaillant ainsi à mettre la force militaire au-dessus du pouvoir civil , il servit Cromwell par son fanatisme, tout aussi bien qu'il aurait pu le servir par sa complicité.

Cependant l'armée retentissait de murmures et de plaintes : l'expédition d'Irlande paraissait un exil pour se délivrer des soldats. Fairfax , sincèrement attaché à la cause presbytérienne , mais lié comme général à l'intérêt de l'armée, cherchait à calmer les esprits. Dans une réunion avec les commissaires du parlement, il promit de faire passer douze mille hommes en Irlande, si le parlement avait égard à une demande des officiers de l'armée sur les subsistances, la solde et le choix des généraux. Les soldats, à leur tour, adressèrent une pétition à leurs officiers : entre autres demandes,' ils formaient celle d'un bill d'indemnité pour tout ce qu'ils avaient fait durant la guerre. Les chefs persuadaient aux soldats, que la paix allait les livrer à la poursuite des tribunaux et des particuliers. Le parlement vota ^plu-

■ Lud]ow*8 memoirs, T. I, p. 185.

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