‹ Histoire de CromwellChapitre 39 sur 222 · LIVRE SECOND* Si · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND* Si

sieurs dispositions favorables aux intérêts de Farmée; mtis l'esprit d'indiscipline n'en devenait que plus violent. Une réunion d'officiers décida que les résolutions du parlement ne répondaient pas à la pétition de l'armée. Alors le parlement déclara cette pétition inspirée par un esprit diabch liqxie, pour exciter le trouble et la mutinerie. L'armée récrimina bientôt, et se plaignit qu'on laissât circuler la pétition des habitants de Sussex. Le parlement supprima cette pétition , qu'il avait d'abord accueillie. La conduite du I)arlement , mêlée de rigueur et de faiblesse , devenait chaque jour plus incertaine. Fairfax n'était pas ambitieux, mais son orgueil militaire dédaignait le parlement, et il aimait à s'attirer les acclamations des soldats. Dans une revue où il les invitait à obéir et à s'engager pour l'expédition d'Irlande, le lieutenant-colonel Lambert ayant demandé si on avait assuré à l'armée ce qu'elle réclamait pour la solde , la subsistance et le choix des généraux , les soldats s'écrièrent alors : « Qu'on nous donne Fairfax et Gromwell ; « nous irons tous . » Les commissaires, qui n'avaient pas prévu cet incident, se retirèrent, et l'esprit d'indiscipline s'accrut chaque jour. Une nouvelle pétition de l'armée fut présentée par Fairfax, et paraissait plutôt une déclaration de droit qu'une requête. L'armée voulait moins obtenir ses demandes , que trouver dans le refus une cause de sédition.

Inquiète de ses dispositions séditieuses , la chambre des communes ordonna la dissolution de l'armée; mais on avait déjà trop négocié avec elle [pour être en droit de la punir. Il est. certain que tous les officiers du parti de Gromwell favorisaient les prétentions des soldats. La chambre des communes, effrayée pour ainsi dire de la forte décision qu'elle avait prise, cherchait à l'atténuer en satisfaisant à plusieurs demandes, comme s'il se fût agi d'autre chose que d'un combat de pouvoirs. La chambre, pour transmettre aux troupes ses nouvelles résolutions en leur feveur^ choisit

êi HISTOIRE BÊ CROMWELL.

des commissaires qui leur étateut agréaMès^ GroftiW0R^ IretoD ) SUppon. S*U en faut croire U plainte ^ d'un ùBUUst presbytérien, Gromwell, dans cette misston, flatta ouvertement Tesprit séditieux des troupes^ et se répand éll plaintes sur l'injuste sérérité du parlement. Lés OfflcîéfS ^ après avoir écouté ks commissaires , touluf eut eons«Ktf^ les soldats.

Se là naquit ce fameux conseil des agitateurs, compMé^ de soldats élus par chaque régiment, pour défibéf^f àë concert arec un conseil supérieur, formé de géMrtfmt é{ d'officiers. [1647.] Ces deux chambres , d'une espéfèè t(m^ Telle, avaient, par leur^ épées, uu grand avanftseféf fhit lé parlement de Westminster. Elles prodHisfrent bîentdf ëë nouvelles réclamations. Gettef attaque , participant dé là manie théologique dû temps, s^annonçait par de^ ëcfffi# polémiques et d'interminables dtsctissîotfs. Les troupes demandaient soixante-six semaines de pale , au HeU de BMC que le parlement leur accordant.

Le licenciement et la guerre d'Irtande étaient en horrefMF f et les deux conseils militaires retentissaieM âe ptarryfe^éotf"^ tre la tyrannie et les procédés outragent du parléimiAaf. L'armée s'indignait particulièrement qu'on FeOt soupçofinétf de vouloir replacer le rcri sw le tréne. ies- eem ttii sft < fré# revinrent annoncer au parlement ce qn'ifcf avaieiif Ht. Cromwell assura ' qtf il avait MK devenir ilctime de hf fhreur et des préventions de l'armée. Bans les débats^ (ftiëftS^ naître ce récit , il échappa quelques mettacé^ à Fiml%i!tat^ des communes. CromweU, les entendant, dff iaivitlf^}^ Ludlow : « Ces gens-là ne se ^ndront pas tranqntH^^^''^ « rarmée ne leur ait tiré les oreilles. » Cependant fH eMi^ munes prbent de nouvelles résolutions ftrvontbles a ifti^'

' Thurloe^a state papen, y. I, p. 9f . — Biemoirs of Denzil lord HoDes, p. 791 * Thurloe*8 state papers, t. I , p. 94. — LucUow*a memoin, t. I , p. 253. < Itvdlow^ nxanoira, t. I, p. 189.

LIVRÉ SECOND. të

fliée, cotttme si éllei avâiôM ern pouvoir acheter soft dbéii^ sûnee par des concessions qui lui montraient sa force. Elleit ▼otèrent que la déclaration portée contre la première péti-^ tion de Fértnée serait effacée des registres. « Ici , dit WMteloa^e % te parlement se remit entre leê mainê dé êoft armée. * Elles passèrent le bill d'indemnité pour tous tesl actes individuels commis depuis le commencement de là guerre ^ tnais Farmée retrouva bientôt de nouvelles plainteiï et de nouvelles demandes.

Après avoir longtemps fermé les yeux sur les intriguei de Cromwejl^ sans doute par ce sentiment assez naturel qui fait beaucoup hésiter à trouver coupable celui dont la trahi^^ son serait trop dangereuse et trop difficile à punir, leil communes commencèrent à s'inquiéter. Suivant quelques historien!^, on proposa de. faire enlever Cromwell, et de le Gonduh*e à la Tour. D'autres Mémoires rapportent , à ce sujet , une scène f6rt extraordinaire : Deux olBciers avertirent un membre des communes, %r Harbotle Grimstone,^ que, dans une réunion militaire où F^n parlait d'épurer' l'armée, Cromwell avait dit : « Qu'il était sûr de l'armée, « mais qu'il connaissait un autre corps ( c'était la chambre « des communes), dont Fépuration serait plus nécessaire f « et que l'armée devait se charger de ce soin. » Sir Grims^ tone se rendit à Westminster, et, interrompant les débats , il déclara que Fexistence et la liberté de la chambre étaient menacées. D accusa Cromwell d'un projet d'attentat contre le parlement, et Ait introduire les deux témoins qu'il avait amenés , et qui, devant la barre de la chambre, produisirent leur déposition. Alors Cromwell , se jetant à genoux , adressa une longue prière à Dieu , attestant son innocence et son dévouement à la chambre; il se soumit à la providence de ^Dieu , qui jugeait à propos de réprouver par le mensonge et

■ Wliitelocke*« memorials , p. 253.

84 HISTOIRE DE GROMWELL.

la calomnie. Tont cela fat dit avec une grande véhémence , et accompagné d'un torrent de larmes. Après ce singulier exorde , il se justifia ; il justifia tous les officiers , « hormis «c un petit nombre qui voulaient revenir sur leurs pas et it rentrer dans la terre d'Egypte. » Enfin, il parla si longtemps , il toucha si vivement les esprits , et il avait un si puissant parti dans la chambre , que l'accusateur vit le moment où lui et ses deux témoins allaient être conduits à la Tour, si quelqu'un en avait fait la proposition. Au reste, que cette anecdote soit véritable ou fausse , il est certain que Gromweli, embarrassé des soupçons qu'il excitait, et croyant la rébellion assez préparée , quitta brusquement la chambre, et partit pour l'armée. De là il écrivit à la chambre des communes, [1647] qu'ayant appris que la défiance et la haine des soldats contre lui commençaient à se dissiper, il s'était hâté de retourner à l'armée ; qu'il avait trouvé les soldats abusés par de faux rapports, dont il découvrirait la source. Il annonçait en même temps , que le retour du général et des officiers serait un moyen de calmer les esprits et de prévenir de nouveaux désordres.

^ Tandis que l'armée s'élevait contre le parlement, le roi , qui était comme le prix du combat, demeurait toujours à Holdenby, sous une garde sévère. On voit, dans les Mémoires de Whitelocke ^, que les commissaires du parlement écrivirent à la chambre pour s'excuser qu'on eût remis , à leur insu , une lettre au roi. Mais ce n'était plus des royalistes que le parlement aurait dû se défier. Gromwell et les Indépendants avaient senti que le sort des événements ne tenait plus qu'à la personne du roi ; et l'indiscipline de l'armée favorisait toute entreprise pour enlever ce prince. Fairfax n'avait qu'une popularité sans pouvoir; tout se faisait par la volonté de la multitude , c'est-^*dire de quelque9

< Whitelocke^s mémorial» ^ p. 346.

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