LIVRE TROISIEME
ékèts distingués par leur courage ; ils s'opiniâtraient à la résistance, dans l'espoir de la prochaine invasion des Écossais. [1648.]Cromwell, qui, dans la rapidité de ses courses, manquait de grosse artillerie , fut obligé d'en faire venir pour assiéger cette place ; et il ne put même la prendre que par famine , après six semaines d'attente. Cédant à la muti* nerie de la garnison , les chefs signèrent la reddition de la ville, au moment où l'armée écossaise, retardée par les contestations du clergé , entrait enfin sur le territoire d'Angleterre. Sur tous les autres points, la défaite des insurrections royalistes avait également précédé l'invasion des Écossais. Les royalistes du comté de Kent et de Surrey s'étaient vus devancés par Fairfax \ qui occupa le lieu même où de* ¥ait se former leur réunion générale. Ils avaient cependant une telle supériorité de nombr^v, qu'ils se divisèrent en trois c<Hrps : l'un d'eux s'empara de la ville de Maidstone; les deux autres occupèrent la côte de Douvres à Rochester. Fairfax enleva d'abord , après un rude assaut . la ville de Maidstone; puis il marcha sur l'armée de Goring, où les fuyards du pre* mier combat avaient porté un renfort de nombre , et la con^ tagion de la peur. [1648.] S'étant mis en retraite, et vou-^ lant gagner le comté d'Essex, Goring ne fit pas difficulté de demander passage à la ville de Londres. Ludlow convient ^ que la ville de Londres était favorable au roi, et qu'elle ne refusa la demande de l'armée royale , que par la crainte de se montrer trop à découvert. Lord Goring traversa la Tamise a quelques lieues de Londres ; et toujours suivi par l'armée de Fairfax, moins forte que la sienne, il s'enferma dans la ville de Rochester, dont le siège fut aussitôt formé. Un mot d'Ireton indique assez combien les assiégeants étaient inférieurs en nombre. Il comparait la ville et ses défenseurs à une grosse ruche d'abeilles , et l'armée parlementaire à m
» Ludlow*8 memoirs ,¥.!,?. 248.
» Jbid,, p. 250.
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petit essaim qui s'attachait aux deux côtés de la rnche.
Les transfuges de la cause parlementaire n'étaient pas moins nombreux que ses anciens ennemis. Chaque jour voyait quelque désertion éclatante. [1648.] Le parlement opposait à ces périls, poursuite rapide et vengeance impitoyable. Le comte de HoUand , qui \ plusieurs fbis , avait changé de parti , et qui allait du parlement au roi , et du roi au parlement , selon les événements et ses propres caprices , crut l'occasion favorable pour se réunir au dernier effort des royalistes. Il sortit de Londres avec Buckingham et lord Francis son frère ^ à la tête d'environ mille cavaliers. Ces courageux seigneurs furent surpris par un régiment de dragons , détaché de l'armée qui assiégeait Golchester. Le comte de HoUand fut fait prisonnier; Buckingham se sauva par la fuite; lord Francis , brillant de jeunesse et de grâces , fut tué par un soldat. On trouva sur sa poitrine un ruban noué qui renfermait les cheveux d'une beauté célèbre. Les mœurs efiFéminées, qui paraissent inséparables de rélégance des cours , excitaient le mépris et la haine des soldats du parlement. Ils avaient toute la dureté du fana* tisme et de la guerre civile. Ayant pris dans le combat un officier -général , qui avait autrefois servi sous le comte d'Essex, ils le coupèrent par morceaux.
Cependant l'absence de Cromwell et de plusieurs officiers, membres du parlement, avait changé les dispositions de la chambre des communes. Le parti presbytérien fit délivrer la plupart des personnes compromises dans les émeutes populaires que les royalistes avaient excitées contré le parlement. Sans doute il se serait avancé plus loin , s'il n'avait été arrêté par la crainte des suites de la guerre. La plupart ' des presbytériens qui voulaient un traité avec le roi, se gardaient bien de permettre que le parti royaliste obtint
' Ludlow^s memoirs, v. I, p. 255.