‹ Histoire de CromwellChapitre 67 sur 222 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

ie^BS hardies qu'il adressait à Gromwell. Les égarements an ftinatisme, et non les calculs de la bassesse, pouvaient 8'tecorder arec tant de génie.

Abhorré des Royalistes , suspect et odieux à beaucoup de RépubBcainS) le parlement se soutenait par son audace et p» fappiti de Gromwell. U asservit toute liberté de la presse; il interdit toute discussion politique à ces mêmes prédicateurs dont il avait tant de fois déchaîné la violentée; Il fit arrêter, et quelquefois mémo punir de mort, ceux qui réclamaient trop hardiment les droits, dont il avait foit le prétexte de sa toute*puissance. C'était de Tarmée que venait alors le plus grand obstacle à l'autorité de la chambre et à ^ambition des généraux. Le conseil des agitateurs, qui, sous l'influence de Gromwell, avait si puissamment eon-* èôuru à la tnort du roi , ne pouvait s'accommoder de l'espèce d'ordre et de régularité que le parlement et Gromwell cher* chaient à rétablir. Le mal dont ils avaient été les instruments, leur faisait illusion sur leur puissance. [1649.] Fairftix fit dissoudre leur conseil ; mais toute la secte des niVeleurs n'en fut que plus irritée. Cependant , suivant l'esprit polémique du temps, ce mécontentement ne s'annonça d'abord que par des pamphlets et des pétitions.

Gromwell se montrait fort animé contre les niveleurs. tl répéta dans le conseil qu'il fallait mettre * ce parti en pièces , &u que fort serait brisé par fui. Il affectait en même temps d'en parler comme de la plus vile et de la plus méprisable fection. C'est le langage qu'ont adopté presque tous les historiens. Dans les révolutions les plus injustes, 11 s'établît toujours un préjugé de légalité en faveur du plus fort ; et ceux qui s'élèvent sans succès pour le combattre , retombent dans la classe des factieux. Tel ^ fut le sort des niveleurs. Opprimés par Gromwell, on leur impute les plus

* The Papliamentary history, v.XVl, p. lOâ.

* Memoirs of the life of colonel Hutchinson, y. U, p. 150

odieux projets ; et cependant leurs réclamations n'étaient que la conséquence des premières promesses du parlement; souvent même elles n'étaient que l'expression de principes éternellement justes ^ , rentière liberté de conscience, la promulgation des lois dans la langue nationale, l'égalité de tous devant la loi , le jugement des détenus dans un court délai, l'exclusion de la force militaire dans toute affaire civile. Voilà les vérités que le parlement avait oubliées depuis qu'il était le maître , et qu'on est assez surpris de retrouver dans la pétition des séditieux de l'armée.

Le parlement, menacé sur le théâtre même de sa puissance, avait de grands efforts à faire pour la maintenir audehors. L'Irlande, séjour de toutes les factions et de toutes les fureurs , s'était réunie à la cause royale. Le marquis d'Ormonde était retourné dans cette lie ; et l'on publiait que le roi Charles II devait y descendre^ et réunir sous ses drapeaux les royalistes protestants , et les catholiques, auxquels ^ il assurait tous leurs droits, et l'inviolabilité du grand crime qui , dans ce malheureux pays , avait rendu tant de cœurs forcenés par la souillure du sang versé et l'atrocité des vengeances promises. Ormonde, à la tête des Irlandais confédérés , avait chassé l'armée du long parlement. Le colonel Jones, qui la commandait, battu dans plusieurs rencontres, conservait à peine la ville de Dublin. Un chef Irlandais, nourri dans la fureur des guerres civiles et relig^ieuses, le vieux Oncal ' mécontent de la confédération irlandaise, s'était seul déclaré l'allié des Anglais, et retardait, par son secours , une défaite que le découragement et le petit nombre rendaient inévitable.

Dans le pressant besoin de conserver Flrlande, et de fermer au jeune roi un asyle , de dangereux voisinage pour

' The Parliamentary fiistory, v. XIX, p. 3, etc. * Ludlow^s memoirs , v. I, p. 289.

' Ludlow*s memoirs , v. I , p. 294.

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