‹ Histoire de CromwellChapitre 71 sur 222 · LIVRE QUATRIÈME, MT · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME, MT

toire , et surtout l'esprit de liberté , doniiaient aux troupes parlementaires. Ludlow remarque^ que ees soldats n'étaient plus les mêmes quand ils désertaient. Un riche butin et deux mille prisonniers , parmi lesquels se trouvaient beau-» coup de nobles , et le frère du marquis d'Ormonde, tombé'* FODt au pouvoir des Anglais.

La nouvelle d'une si grande victoire devait bftter le départ du lieutenant-général. Il nàit à la voile pour Dublin, le samedi 13 août 1649, avec trente-deux vaisseaux. Son gendre, Ireton , s'était dirigé sur Munster avec soixante vaisseaux chargés de soldats et de provisions ; mais, contrarié par les vents, il aborda également à Dublin.

A l'époque où la république était obligée d'entretenir des troupes sur les frontières du nord, une flotte si considérable exigeait de grands sacrifices. On aliéna les domaines de la cduronne. On mit en vente les domaines autrefois pos* sédés par les doyens et les chapitres , et , ce qui est remar-* quable% ils se vendront sur le taux de quinze ou seize fois la valeur du revenu. Les terres de la couronne ftu*ent chh ployées au même usage. La nation fut imposée à une taxe extraordinaire de cent vingt mille livres sterling par hmms, que, suivant Ludlow, tout le monde' paya fort gatment. Ainsi cette révolution, commencée en haine d'un fiiMe droit sur les boissons , assujettit le peuple à des charges exor* hitantes, dont aucun de ses rois n'avait osé concevoir la pensée.

CrcHnwell fut reçu dans Dublin avee beaucoup de p<»»pe et d'enthousiasme. Il harangua les habitants sur la place pràlique , le chapeau à la main ; il les assura que Dieu Pavait conduit sain et sauf pour leur rendre la liberté ; déclarant que tous ceux dont le oceur était zélé pour la pumtioÉ

* LudIow*8 memoin , T. I , p. 302.

•7W(ï.,v.I,p.aS9,

des Irlandais sanguinaires, et pour la propagation de l'évangile de Jésus-Christ, trouveraient faveur et protection dans le parlement d'Angleterre. Quelques jours après', il se plaignit , dans une proclamation , que , malgré les succès dont le Seigneur avait béni leurs armes , le saint nom de Dieu était journellement déshonoré par les jurements, la débauche et l'ivrognerie, et il enjoignit aux magistrats et aux officiers de punir sévèrement les coupables.

Ce pieux réformateur n'en exerça pas moins, dans la guerre d'Irlande, les plus odieuses barbaries. Dès l'ouverture de la campagne, à la prise de Tredagh, où le marquis d'Ormonde avait jeté^ de provisions et ses meilleures troupes, Gromwell ordonna de tout massacrer. Aussi brave que féroce, il franchit des premiers la brèche, et donna l'exemple du carnage, qui se continua dans les rues et dans les églises. On fit à peine une trentaine de prisonniers, qui fufent déportés aux lies Barbades. « Il ne s'est sauvé qu'un seul M officier ennemi, écrivait Gromwell au parlement ; l'ennemi « est frappé de terreur , et véritablement je crois que cette « sévérité épargnerai l'effusion du sang par la bonté de Dieu. u Je souhaite que tous les cœurs honnêtes rendent grâce à i( Dieu seul. » Le docteur HughPeters, qui avait un commandement militaire dans la même expédition, écrivait ' à ses amis du parlement : u Nous sommes maîtres de Tredagh ; « on y a tué trois mille cinq cent cinquante-deux ennemis, •t Ashton, le gouverneur, a été massacré : on n'épargne pertt sonne. Je sors de la gi*ande église, où je viens de rendre » grâce à Dieu. » La mort de cet Ashton, loyal et vaillant officier, jadis précepteur du prince de Galles, fournit un exemple singulier de la stupide avarice que les soldats de Gromwell mêlaient à leur fanatisme. Ils s'étaient persuadé'

* W'hitelocke^s memorials , p. 406.

» Ibid,, p. 413.

* Ludlow^a memoirs, V. l,p. 503.

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