‹ Histoire de CromwellChapitre 72 sur 222 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

que ce vieux officier , depuis longtemps niutilé par le canon, avait une jambe artificielle en or. Dans cette croyance, ils se disputèrent sa mort ; et quand il fut tué, on lui trouva une jambe de bois, comme de coutume.

Dans une autre lettre ^ plus détaillée, Gromwell raconte que cent quarante hommes qui s'étaient réfugiés dans la yille, avaient été décimés; que Ton avait tué les prêtres; que les moines avaient été fusillés indistictement avec les hommes armés. Il ajouta : » Je suis persuadé que c'est un «( juste jugement de Dieu sur ces misérables , qui ont trempé <( leurs mains dans le sang innocent. » Le parlement vota un jour de prières publiques , en action de grâces des succès d'Irlande.

Du reste , l'atrocité de Gromwell parut bien calculée pour le succès. Les villes voisines, Trim et Dundalk, tombèrent sans la moindre résistance. La garnison de Trim s'enfuit même si vite, qu'elle laissa derrière elle son artillerie. Cromwell marcha sur le comté de Kilkenny, prit en passant la ville de Carrick, et y laissa le colonel Reynolds, qui bientôt fut assiégé par lord Inchequin. En avant de cette ville était une petite bicoque fortifiée , où Reynolds avait mis un poste de six à sept soldats. Lord Inchequin envoya d'abord à cette garnison avancée une sommation de se rendre *. Personne dans la garnison ne savait lire; mais jugeant, à la vue du trompette, de quoi il s'agissait, ils lui répondirent : u Va dire à Inchequin que nous n'avons rien « à démêler avec lui, qu'il s'en aille à ses affaires, et qu'il « sera pendu. « Voilà quels étaient les soldats de Gromwell,

Le lieutenant-général se trouva, le 29 novembre, sous les murs de Wexford , pl2|ce de guerre et de commerce. Le gouverneur de la ville commença quelques négociations jusqu'à l'arrivée d'un secours qui l'enhardit à se défendre.

* The Pârliamentary history, v.XIX, p. âOI.

* Whitelocke^s inemorials, p, 418.

Cependant, dès que l'artillerie eut ouvert une brèche ï U oitadelle , Graaiwell donna Fassaut ; et les soldats s'étant répandus dans la yille, massacrèrent, comme à Tredagh, tout ce qu'il y avait d'hommes armés. Cette seconde barba* rie augmenta la terreur, et hâta beaucoup la soumission de rirlande. La ville de Wexford étant fort riche et reppli9 de magasins, Cromwell préposa des oommissairei pour 91* aurer la conservation et l'emploi du butin ^

La saison, déjà fort avancée, et le climat humide de ïlv* lande, avaient amené beaucoup de maladies dans l'armie* On eut alors à regretter la perte du colonel Jones , honoré par sa belle défense et ses succès, avant l'arrivée de CrooH well. La contagion était le dernier désastre de cette mal^ heureuse Irlande. L'ignorance et le défaut de secours en augmentaient le danger. Il y avait fort peu de médecins m Irlande, de sorte que les malades protestants étaient obU* gés de se confier à des docteurs papistes '; ce qui, suivant Whitelocke, leur paraissait plus périlleux que le champ df bataille. Ces défiances et ces haines désolaient l'Irlande. Les vengeances étaient atroces. Plusieurs garnispna anglaises furent égorgées, et Cromwell finit ' par ordonner que tout Irlandais catholique serait chassé des villes occupées par des troupes anglaises.

Malgré l'hiver et le mauvais état de son armée, Cromwell poussa vivement la guerre. [1649.] Les garnisons intimidéei se rendaient aux premières approches du canon. Beaœoap de soldats ans^ais qui, liés à la cause royale, se trouvaient dans les rangs de l'armée irlandaise, se déclarèrent pour Cromwell. A la prise de la ville de Ross, il recruta de cette manière six cents hommes. Les succès de ses UeutoBanti n'étaient pas moins rapides. Dans le comté de Kilkenny, la

■ Lnd]ow*s memoin, ▼•]«?• 304.

a vnûtdocke^s memorials, p. 431.

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