LIVRE QUATRIEME
la^l) fat pendu, A l'époque de ces abominables barbaries, le ps^lement passait un acte pour la propagation de TÉvan- S^ en Irlande K [1650.] Cromwell marcha sur Kilkenny, vUle forte quij avait été le centre de la révolte. Un premier as^ai^t n'ayant pas réussi, et la garnison paraissant animée par le désespoir, Cromwell accorda cette fois une capitulation moins sanguinaire que de coutume ^ La ville, en payant une taxe de deux mille livres sterling, fut préservée de toute violence, et le gouverneur, les officiers et les soldats obtinrent la vie et la liberté.
Ce rapide succès de Cromwell était favorisé par les divisions qui régnaient dans le parti ennemi. Les Anglais royalistes et les Irlandais catholiques se reprochaient mutuelle-* ment leurs défaites. Il n'y avait pas plus d'obéissance que d'union. Le gouverneur de Waterford ne voulait plus reoonnattre l'autorité du marquis d'Ormonde , et lui refusa l'entrée de cette place. Beaucoup d'officiers irlandais se détachaient 4'u^Ç cmsG perdue, et s'engageaient au service d'Espagne. On répandait la nouvelle du départ du marquis d'Ormonde.
Le parleinent) inquiet des agitations d'Ecosse, et prévoyant une guerre inévitable , avait écrit, dés le 8 janvier, au lieutenant-général, pour presser son retour. Cromwell, soit que la lettre fût parvenue trop tard , dans le mouvement de la guerre , soit qu'il eût voulu achever la conquête de l'Irlande, affecta de n'avoir reçu cet ordre que le 32 mars , et n'y répondit qu'au moment de la prise de Kilkenny. Après avoir expliqué ce retard^il ajoutait' : u Ayant «c reçu une antre lettre du 25 février, qui n'e:(primait pas « la continuation de votre volonté relativement à mon rap7 « pel, j'ai pensé, dans mon humble opinion, qu'il ét^it de
' Whilelocke*8 memorials, p. 433. » Ibid, ' Ibid.
154 HISTOIRE DE GROMWELL.
« mon devoir de tous demander humblement l'expression « positive de votre volonté ; déclarant, comme devant Dieu, <( que je suis prêt à exécuter ici vos commandements avec « allégresse, me réjouissant d'être occupé à l'œuvre où je « suis appelé par ceux que Dieu a mis au-dessus de moi, et « craignant seulement de vous désobéir dans mon obéis-- « sance même. » Ces mystiques démonstrations amusèrent le parlement, jusqu'au jour où Gromwell fit chasser ses maîtres par quelques grenadiers.
En attendant les nouveaux ordres du parlement , Gromwell alla former le siège de Glonmel , la ville la plus forte qui restât encore aux Irlandais. Ge fut autour et au-dedans de cette place que se montrèrent les derniers efforts de ce parti expirant. Le marquis d'Ormonde essaya quelques diversions impuissantes. L'évêque irlandais de Ross, s'avançant avec un corps de cinq mille hommes pour secourir Glonmel, fut battu par lord BroghiU. Prisonnier dans le combat, on le conduisit à la vue d'une forteresse occupée par ses troupes , et on le pendit sous les yeux de la garnison, qui, effrayée de cette cruauté, se rendit K Whitelocke assure que cet évêqùe avait coutume de dire qu'il n'y avait d'autre moyen de s'assurer des Anglais que de les pendre. Ainsi les deux partis disputaient de férocité. La place soutint un furieux assaut où Gromwell perdit plusieurs de ses officiers; et la garnison ' s'étant évadée dans la nuit qui suivit cette attaque, les vainqueurs, en occupant la ville , ne trouvèrent pas à exercer leur vengeance accoutumée. Le gouverneur de Glonmel, vieux Irlandais plein de courage et de haine , s'était retiré dans Waterford, qui se maintenait indépendante.
Gromwell allait commencer le siège de cette dernière ville , lorsque de nouveaux ordres du parlement vinrent le
' Whitelocke*8 memorials , p. 439.
* An h^^tory of the lifo of James duke of Ormond , v. II , p. 115.