‹ Histoire de CromwellChapitre 79 sur 222 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

«gitateurs qui rédamaient leg droits da peuple^ ajoutant que, « malgré d'autres faits qui lui avaient déplu , il avait tour ^ jours espéré que Cromwell et ses amis seraient conduits K par la force des principes à faire ce qui s'accordait avec «t l'établissement d'une République, et le bien du genre hu* « main. » Cromwell justifia par la politique certaines me* sures qui paraissaient extraordinaires à ceux qui , pour le traverser, s'exposaient à se perdre eux-mêmes avec la cause ^publique. «Il n'avait rien de plus à cœur que de voir l'insti- M tution de la République, seule barrière contre la famille tt royale, Il ne doutait pas que Dieu ne voulût délivrer son « peuple de tout fardeau ; la prophétie du psaume 110 al* « lait s'accomplir. Dans cette espérance , il consacrait une « heure chaque jour à la méditation de ce psaume. » Ensuite, pour flatter la manie de l'indépendance adoptée par Ludiow , il déclara « qu'il voulait travailler à l'entière ré- « forme de l'Église et des lois. Mais les fils de Zerviah sont « trop forts pour nous. Nous ne pouvons parler de la ré- « forme des lois, qu'ils ne s'écrient aussitôt que nous vou- « Ions détruire la propriété, tandis que la législation ac- « tuelle est utile seulement pour maintenir les jurisconsultes, « et pour encourager le riche à opprimer le pauvre. » Cette plainte le conduisit à parler de l'Irlande et du mode dé justice qu'il venait d'y introduire. « L'Irlande, diMI, était un « papier blanc, il était facile de lui donner des lois nouvel- « les conformes à la justice. « S'attachant alors à l'idée de l'Irlande , il consulta Ludiow sur le choix d'un nouveau commissaire à envoyer dans cette tle, pour seconder Ireton. Le lendemain ' il désigna Ludiow pour cette mission. C'est ainsi que ce zélé républicain fut écarté du'parlement. Après avoir réglé l'administration de l'Irlande, et l'éloignetaent de Ludiow , le 29 juin, Cromwell partit pour l'armée

■ The Parliamentary historf , ▼. XIX, p. 446.

destinée contre FÉcosse. II destitua quelques officiers qui hésitaient à servir contre leurs frères d'Ecosse , et se mit en marche. Les déclarations et les plaintes mutuelles annonçaient Fouverture de la campagne. Les Écossais publiaient que Gromwell venait pour conquérir et partager l'Ecosse à ses soldats^ et que les Anglais devaient passer les hommes au fil de l'épée, et brûler le sein des femmes avec un fer chaud.

Arrivé sur la frontière , après avoir fait un discours à ses soldats , pour leur promettre les bénédictions du Seigneur, Gromwell entra en Ecosse aux acclamations de l'armée. Tout avait fui, tout était désert par la terreur que les ministres avaient répandue sur les cruautés des Anglais. L'armée écossaise , forte de trente-six mille hommes, était sous les ordres de Lesley , général expérimenté , qui avait résolu d'éviter un combat décisif.

Un monument singulier de cette époque % c'est une déclaration de l'armée de Gromwell, adressée à tous les saints de rÉcosse , à tous ceux qui partagent la foi du Seigneur. Elle fut bientôt suivie d'une proclamation au nom seul de Gromwell. Deux jours après , Gromwell fit publier une réponse à l'Église d'Ecosse. Tous ces manifestes sont* de petits traités de théologie mystique. L'armée anglaise arriva sans combattre jusqu'à Edimbourg. Les hauteurs de cette ville étaient occupées par les troupes écossaises. Gromwell ne réussit pas à les tirer de leurs retranchements et à les engager dans une bataille générale ; il obtint seulement l'avantage dans quelques charges de cavalerie. Dans une lettre * au parlement, Gromwell suppose que les ennemis se refusaient au combat par l'espérance d'affamer son armée. Il parait que Gharles était alors à l'armée d'Ecosse. « Nous sa- « vous, dit Gromwell dans sa lettre, que leur jeune roi re-

■ Whltclocke's memorials , p. 450.

» The ParUameotary history , ▼. XIX , p. 519.

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