‹ Histoire de CromwellChapitre 8 sur 222 · LITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LITRE PREMIER

tre certains prédicateurs dcTinssent , aux yeux de la cour, un titre qui les faisait porter aux dignités ecclésiastiques. Ce parlement fut dissous ; Charles régna seul.

Cromwell et le génie de la guerre civile se reposèrent douze ans. Il semble que ce long exercice de l'autorité royale, qui fut mêlé de prospérités, aurait dû étouffer les germes de la révolution ; mais le pouvoir appaise une sédi* tion , un mouvement populaire ; il ne fait rien sur des opinions , même en les réduisant au silence. Elles se fortifient en attendant; et il arrive toujours quelque moment de rel&che ou de faiblesse ; qui leur rend l'occasion d'agir. Le peuple anglais vécut douze années tranquUle sous un roi absolu, mais modéré; et lorsqu'après ce long calme, la nécessité ramena le roi à la convocation des parlements, l'opposition religieuse et populaire , toujours la même , et plus forte seulement de la justice de ses plaintes, se trouva prête pour combattre et détruire la monarchie.

Dans cet intervalle , Cromwell ne fournit rien à l'histoire, n était père de famille, et pauvre, trop obscur pour s'attirer une persécution personnelle , mais compris dans les rigueurs odieuses que le gouvernement exerçait à l'égard des sectaires. Ces mesures, excitées par le zèle de Lawd, archevêque de Cantorbéry, persécuteur d'autant plus aveulie qu'il était homme irréprochable, furent poussées si loin , que beaucoup de puritains aimèrent mieux renoncer à leur patrie , et passèrent dans les colonies anglaises. Cette fuite , au lieu d'éclairer le conseil du roi sur le danger de l'intolérance , y fit ajouter une nouvelle injustice : et, par une bizarre fatalité , "k l'époque même où Cromwell ^ , Bt quelques autres sectaires , s'embarquaient pour l'Amérique septentrionale , un ordre arbitraire du conseil interdit ces émigrations , et fit descendre Cromwell du vaisseau qui ,

> RasworUi, v. I, p. 410. — Neale's history of the Puritans , p. 832. eienekut motuum nuperorum in ÂngUa ; pars secunda, p. 319.

Î2 fflSTOIRE DE CROMWELL.

pour toujours , allait peut-être Téloigner de rAngletem.

Il parait qu'il continua de se perfectionner dans le ftnttisme , assistant aux pieuses assemblées des Puritains , et s'exarçant à ses prédications , à ce verbiage mystique dont il porta rhabitude dans les discussions politiques, et qui le serrait merveilleusement toutes les fois qu'il était embap* rassé pour se taire ou pour parler.

Cromwell, malgré ses maximes presbytériennes, s'étiik attaché quelque temps à l'évéque de Linccdn ^ , prélat aolbitieux et politique , d'abord favorable aux nouveaux réformateurs, puis zélé pour l'épiscopat et le pouvoir absolu; ne fiusant de la religion qu'une affaire de calcul, et mm funeste au roi par sa légèreté corruptrice, que le fut l'archevêque de Gantorbéry par son aveugle et inflexible bonne foi. Cette protection n'ayant pu tir^ Cromwell de l'obseu-^ rite , il se livrait à la culture des terres , et il prit une fcrme à Saint-Ives, dans l'ile d'Ély i mais, plus occupé de sernaoBS et de tiiéologie que de l'administration de son modiqw domaine , il était du nombre de Ce& hommes inquiets et oisifc^ auxquels leurs opinions et leur pauvreté f<mt désirer un changement politique. Il se mêlait beaucoup de petits inté^ rets de secte. On a conservé une lettre de lui datée de Saint-Ives, le 11 janvier 16S5: c'est un remerctmeat adresaé à une personne de Londres , pour avoir fait placer, à Saint- Ives, un ministre dont il vante beaucoup la vertu. II se plaiftt à ce siaiet de la précipitation et de la violence que mutent lea ennemis de Dieu à supprimier les ecclésiastiques habiles et veri;ueux ; et il conjure son G<»rrespondant de faire assurer le traitement de celui qu'il a donné à la paroisse de SainUvea. «Vous ^vez, dit-il, que retrancher le traitement, c'est K laisser tomber l'instruction religieuse ; car personne M (i va finre la guerre à ses dépens. » Il est douteux, d'iffte

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