‹ Histoire de CromwellChapitre 9 sur 222 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

eette manière de raisonner, que Cromwell se sott rainé lui-même à soutenir des ministres puritains, comme le snpposent qndques auteurs.

Dans. un temps où le puritanisme paraissait Farche de la liberté, ces liaisons religieuses lui avaient acquis une sorte de pq[>ularité dans sa province. Il Tangraenta en s'opposant aux travaux ordonnés par le roi , pour le dessécbeme&l des marais situés dans nie d'Ély, trayaux nécessaires è la salubrité du climat, et que lui-même fit aebever quelques années après, au nom du parlement. L'opposition de Greiawell fut heureuse et approuyée, et redoubla pour taii l'estime de Hampden ^, son parent, signalé lui-même par un exemple de résistance à l'oppression , et aussi célèbre dans le royaume, que Cromwell était encore ignoré. Malgré le peu d'intérêt de cette anecdote, en la comparant à la cou* duite de ce fameux Uampden qui , pour ne pas payer une taxe arbitaire de 20 schellings, s'était fait conduire en prison , et avait attiré sur lui les regards et l'admiration de l'Angleterre, on pourra reconnaître, dans ces petits détails, que le besoin d'un ordre plus légal se faisait partout sentir, et que, sous le cahne apparent du pouvoir absolu , il se répandait un esprit de contradiction et de résistance, applaudi par le plus grand nombre : présage infaillible d'une révolution.

Cette révolution vint d'Ecosse. C'était là le foyer du puritanisme ; et il n'y avait alors qu'une fureur religieuse, un fanatisme qui pût mettre le feu aux mécontentements politiques. Les idées de liberté n'étaient pas assez fortes pour s'armer seules, contre un roi autorisé pour une longue possession et par ses vertus personnelles. On se plaignait, on réclamait; mais les mesures absolues du gouvernement avaient excité beaucoup de protestations et pas un seul combat. Lorsque

* Wanvick'« memeifl, p. 350. — Dugdale'$ skorlTiew, p. 4S0.

le puritanisme entra dans la querelle, la guerre fut allumée. Le puritanisme n'admettait aucune autorité supérieure dans rÉglise. C'était une conséquence naturelle de la réforme. Un théologien, qui, ne relevait plus du pape, ne voulait pas dépendre de son évéque. Mais, dans un temps où la religion se mêlait à tout , cette égalité devait paraître aux rois d'un dangereux exemple ; car il leur était assez difficile de maintenir leur souveraineté de droit divin, si la religion, qui consacrait cette souveraineté, n'avait plus elle-même de chef et de hiérarchie. Les rois se crurent donc intéressés ^ à protéger l'autorité des évéques , et les évéques à défendre le droit divin des rois. Cette alliance mquiétait le peuple. Quoique Charles fût sincère et zélé protestant, comme il chercha dans l'appui des évéques un secours qu'il aurait trouvé bien plus dans le catholicisme, on lui supposait des regrets pour cette religion proscrite, et qu'il pouvait croire plus favorable à sa cause; et ceux même qui n'approuvaient pas les sectes nouvelles , craignaient de voir bientôt l'époque où tous les protestants seraient traités de puritains. Aussi, lorsque le roi voulut fortifier en Ecosse l'autorité des évéques , et y porter la liturgie anglicane , les Anglais approuvèrent le refus et la révolte de rÉcosse; ils regardaient l'exagération de leurs voisins comme une sûreté pour eux-mêmes. Ils auraient craint, si les Écossais étaient rentrés dans l'Église anglicane, que cette première réunion ne devint un acheminement pour ramener les deux peuples ensemble vers ce papisme tant redouté.

Les grands et la noblesse d'Ecosse, jaloux de l'autorité épiscopale, conduisirent eux-mêmes la résistance que l'on vit éclater dans ce royaume. Le clergé inférieur était presbytérien , et regardait l'autorité des évéques comme une usurpation sur le droit divin qui appartenait également à

< Memoira ot the life of colonel Hutchinson , v. I , p. 1S9.

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