‹ Histoire de CromwellChapitre 81 sur 222 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

grande agitation dans le camp des Écossais ^ s'écria : « Dieu les «( livre dans nos mains; les voilà qui descendent, n Bans sa lettre au parlement , Gromwell ^ raconte lui-même qu'ayant remarqué le mouvement des Écossais qui se portaient sur leur aile droite , et qui étendaient du côté de la mer une grande partie de leur eavalerie , il dit au général Lambert que cette disposition lui paraissait offrir une facilité pour attaquer Tennemi, Lambert avait eu la même idée, et ils remercièrent le Seigneur de leur avoir communiqué à tous deux à la fois cette inspiration.

La bataille se donna le 3 septembre, à six heures du ma* tin» Le lieutenant-général Fleetwood chargea le premier. La résistance fut d'abord assez vive ; et l'infanterie anglaise perdit même quelque terrain. [1650. ] » Mais, dit Gromwell « dans sa lettre officielle, mon régiment, sous les ordres de « mon major Wbite, survint à propos, et repoussa le meilu leur corps de l'ennemi, » Les succès se décida en moins d'une heure. Les Écossais furent enfoncés , mis en fuite, et poursuivis à plusieurs milles de distance. Ils laissèrent trois mille morts sur le champ de bataille; et leur bagage, leur artillerie tombèrent au pouvoir du vainqueur. Gromwell envoya au parlement deux cents drapeaux avec la nouvelle de cette grande victoire. Quinze mille fusils jetés sur le champ de bataille par les fuyards sembleraient annoncer que la déroute fut aussi facile que complète. Quelques prêtres écossais périrent au milieu de la mêlée. Gromwell, qui n'oublie pas ce fait dans sa lettre , en tire un avertissement général et assez amer pour les ecclésiastiques empressés d'intervenir dans les affaires du monde, sous prétexte de fbnder le règne de Jésus-Christ; et il annonce l'intention de les renvoyer à la simplicité de l'Évangile. Un trait de cette lettre plus remarquable encore, c'est l'approbation et l'ap*

> Tbe Parliamentary history, v. %ïl, p, 140.

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pui que Gromwell affecte de donner à la durée da parlelement. « Soulagez les opprimés, dit-il, réprimez les abus, « et particulièrement l'abus de multiplier les pauvres pour « faire^quelques riches, voilà nos vœux; et pour que vous « ayez l'occasion et le loisir d'achever ces choses , nous son- « battons que des importunités ne vous précipitent pas du « poste de salut et de conversation que vous occupez. »

En rappelant ainsi aux membres de la chambre que la cessation de leurs pouvoirs était démandée de toutes parts, Gromwell leur montrait le péril et le protecteur. L'artifice de son élévation fut de s'appuyer à la fois sur le parlement et sur l'armée, de prendre sa force dans Tune, son autorité dans l'autre; de prolonger ce nom de parlement aussi longtemps qu'il fut possible , et de ne le détruire qu'à la dernière extrémité, et pour jsa propre défense.

Gromwell victorieux, fit partir à l'heure même le lieutenant-général Lambert pour s'emparer d'Edimbourg , qui, dans la consternation générale , se trouva sans défense et presque abandonnée de ses habitants. [1650.] La ville maritime de Leith se rendit également à Lambert. Du reste, Gromwell montra ^ cette fois autant de modération que d'activité dans l'usage de la victoire. Jaloux défaire mentir les ministres presbytériens, et sachant bien que la politique barbare, dont il avait effrayé l'Irlande, n'aurait en Ecosse ni le même prétexte ni la même utilité , il traita favorablement les prisonniers, qui se trouvaient au nombre de près de neuf mille; et il rendit la liberté au plus grand nombre, affectant de ne voir dans les Écossais que des frères égarés.

La prise d'Edimbourg n'avait pas entraîné la reddition de la forteresse, où s'étaient réfugiés tous les ministres presbytériens de la ville, qui animaient à la résistance une nombreuse garnison. Ayant rejoint Lambert à la tête de toute

> The ParliamenUry bUtorf , ▼. XIX , p. 490.

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