‹ Histoire de CromwellChapitre 84 sur 222 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

tante ' poar que la chambre des communes en fit mention dans l'ordonnance qui fixait un jour d'actions de grâces.

La prise de la forteresse d'Edimbourg, après un siège de trois mois, vint couronner ces ayantages partiels. Le gouverneur, n'ayant pu obtenir d'envoyer un m.essage pour recevoir les ordres du comité de gouvernement , rendit la place le 24 décembre. L'Ecosse entière l'accusa d'avoir été corrompu par l'argent de GrcAnwell.

Cependant Charles II s'affranchissait chaque jour davantage de la tutelle du clergé. Argyle avait plié pour garder quelque pouvoir. La convocation d'un parlement s'était faite au nom du roi, dans la ville de Sterling. Ce jeune prince, aimable et vaillant était devenu populaire dès qu'il avait pu se montrer. Le parlement lui accorda de nouvelles levées ; il se vit assuré d'une armée nombreuse , que cette fois il lui était permis de commander.

Il avait dans son parti quelques Presbytériens anglais qui avaient d'abord combattu contre le trône , le major Massey et le colonel Brown. Hamilton, frère de celui qui avait péri sur l'échafaud, lui consacrait aussi son courage et sa vie. Le roi s'entoura de plusieurs autres seigneurs royalistes , que, jusqu'alors, les Presbytériens avaient écartés. Wilmolt, Buckingham, reparurent; et ces jeunes courtisans, dans les accès de leur gaité, n'épargnèrent pas les ennuyeux fanatiques qui obsédaient encore le roi. A mesure que Charles prenait plus de pouvoir, la vigilance de ses religieux gardiens commençait à se relâcher. La légèreté du roi causait cependant plus d'un scandale qui lui était sévère^ ment reproché. Un jour que ce prince avait été aperçu dans un entretien trop libre avec une jeune femme, un comité de ministres vint en appareil, et avec tous les signes de la plus profonde tristesse , lui adresser sur la grandeur du pé-

' The Parliamentary history, t. XIX, p. 451.

ché, et surtout du scandale, une longue réprimande, qui se termina par le conseil d'avoir du moins la précau-t^ tion de fermer toujours les fenêtres en pareille circonstance. [1650.]

Son couronnement, tant retardé, fut célébré dans la lille de Scone , avec beaucoup de magnificence et d'allégresse, le 1"* janvier, six jours après la reddition d'Edimbourg. [1651.] Il jura le covenant avec les formalités les plus minutieuses, reçut la couronne des mains du marquis d'Argyle , et parut même disposé à épouser la fille ^ de ce sei« gneur, dont la fortune, aussi ancienne que les troubles de l'Ecosse , semblait insurmontable à toutes les vicissitudes des événements. Mais en même temps U nomma le fidèle Hamilton lieutenant-général de l'armée, et il chercha à s'appuyer sur les montagnards écossais qui s'étaient toujours montrés assez indifférents aux questions religieuses, mai» tort zélés pour le roi. L'étendard royal, arboré dans Aberdeen , attira beaucoup de volontaires. Charles étabtil son camp à quelques milles d'Aberdeen, et s'occupa d'exercer ses troupes , dont il donna le commandement àDavidliCsley. Le jour de la naissance du roi fut célébré avec beaucoup d'enthousiasme. La ville de Dundee lui oflrit en présent ' une tente magnifique, des machines de guerre, et un régiment de cavalerie bien armé.

Tout parut un moment jRavoriser la cause de Charries. L'activité de Cromwell avait été enchaînée par une fièrre

dangereuse. Le bruit de sa mort s'était même répandu , et augm entait la confiance des Ecossais. Cromwell , qui ne pou* vait plus paraître en public , fit venir dans sa chambre as trompette écossais que le hasard avait amené au camp des^ Anglais, et se fit voir à lui debout et convalescent; mais ait maladie reprit avec des crises nouvelles. Désespérant de.

' Clarendon's hUtory , p. 614.

' Elenchns motuum nuperomm , p. 3a3.

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