‹ Histoire de CromwellChapitre 86 sur 222 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

ebaque jonr en Ecosse, et qu'il avait des conunuDications avec le nord de FAngleterre , envoya de nouveaux secours à Tarmée de Cromwell, et porta les dépenses à un taux inconnu sous les anciens rois. Mais il fallait périr ou arrêter l'exemple de l'Ecosse.

Cromwell ouvrit la campagne au mois de juin , et se dirigea yers Towrood , dont les environs étaient occupés par l'armée royale. La grande rivière de Forth traverse cette contrée, et va se jeter, près d'Edimbourg, dans un bras de mer, auquel elle donne son nom.

Les troupes de Charles étaient couvertes par des fortifi* cations qu'elles avaient élevées durant l'hiver. Cromwell leur présenta inutilement la bataille : il emporta sous leurs yeux une forteresse défendue par une de leurs garnisons; et, ne pouvant les tirer de leurs retranchements , il résolut de faire occuper le comté de Fife , sur l'autre bord de la rivière Forth. Lambert battit dans cette province un détachement de l'armée royale, commandé par le major-général Brôwn , qui avait autrefois servi le parlement. En annonçant cette victoire au parlement ^ , Cromwell ne manque pas d'en faire le sujet d'une exhortation sévère. Il demande qu'on efface tout ce qui peut blesser les yeux jaloux du Seigneur, et que l'on cherche de plus en plus le bien général; « car les yeux du Seigneur courent çà et là ; et comme il «< distingue ses ennemis pour les punir, de même il n'épar- <( gnera point ceux auxquels il fait du bien, s'ils ne devien- « nent pas meilleurs pour prix de sa douce affection. J'ai tt l'humble hardiesse de vous rappeler ce devoir dans les « propres termes de David, psaume 119, verset 134 : Sei- «gneur, délivre-moi de l'oppression des hommes, et je « garderai tes commandements. »

Le bruit de cette défaite fit faire un mouvement à Far*

' Th« Parliamentary history^ ▼. XIX, p. 494.

mée de Charles^ pour se rapprocher de la ville de Sterling. Gromwell la suivit, sans pouvoir la forcer à une bataille; il fit alors passer une partie de son armée dans le comté de Fife , pour porter sur ce point tout l'effort de la gueire. Il y passa bientôt lui-même, et s'empara de la ville de Saint* Johnstown. Il se trouvait ainsi derrière le roi, et lui fermait rintérieur dé TÉcosse ; mais il laissait la route d'Angle terre ouverte devant lui. Cromwell dédaigna trop son ennemi ; il prévit cependant ce que Charles pouvait faire, puisque, le 26 juillet, il écrivait ^ au parlement qu'il avait laissé assez de troupes pour arrêter la marche du roi , s'il essayait de passer en Angleterre. Cette précaution rassura si peu le parlement, qu'il autorisa sur-le*champ le conseild'état à recruter quatre mille hommes de troupes nouvelles, et fit tous les préparatife dont l'audace de Charles justifia bientôt la nécessité.

Quand Charles vit derrière lui Cromwell, qui pouvait, en affamant son camp , le forcer à combattre , et qui , vainqueur, lui fermait l'asile des montagnes, alors ses craintes et son courage le précipitèrent à la fois sur l'Angleterre. Les provinces du nord étaient favorables à sa cause ; il résolut de marcher par là droit à Londres. C'était au moins la plus belle manière de se perdre. Il pouvait tout espérer d'une pareille surprise, et de la soudaine révolution des esprits. Argyle refusa de suivre le roi. L'entre[MPise fut conduite avec tant de secret, que le roi, parti le S9 juillet, avait un jour de marche , avant que Cromwell fôt instruit de sa résolution. Le 6 août il entra en Angleterre par^Carlisle, avec une armée de seize mille hommes, qù'H espérait grossir dans la rapidité de sa course. Un de ses plus fidèles amis, le comte de Derby, retiré dans l'île de Man, depuis la fin de la guerre, avait été prévenu de l'entreprise, et

* The Parliamentary history, v. XIX , p. 600.

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