‹ Histoire de CromwellChapitre 90 sur 222 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

breu$e escorte de fuyards ne serait pour lui qu'Un péril de plus. Il quitta le corps de Lesley, qui, le lendemain, fut surpris et enlevé par Tennemi.

Il s'éloigna , suivi de Derby, de Buckingham et de quelques amis, et se jeta hors des routes battues. Derby, qui l'accompagnait, indiqua comme un sûr asile la maison d'un fermier catholique, où lui-même s'était réfugié quelque temps auparavant, et qui se trouvait à vingt-six milles de Worcester, dans un pays rempli de bois, sur la lisière du comté de StrafFord. Arrivé de nuit dans la maison de cet bonçime, nommé Penderell, Charles se sépara de ses amis. Le brave comte de Derby, en essayant de rejoindre le corps de Lesley, fut fait prisonnier. Wilmot prit la route de Londres, sous la conduite de Penderell. Cet homme avait quatre frères aussi fidèles que lui. L'un d'eux se chargea de cacher le roi dans la forêt voisine, précaution nécessaire , car au lever du jour la maison de Penderell fut investie par les soldats républicains. Charles, résolu de gagner le pays de Galles , se rend à pied , dans la nuit, chez un catholique, qui demeurait à quelques milles de la rivière de Severn ; il est reçu par cet homme, qui le cache dans un grenier. Mais , s'étant assuré que tous les passages ditfieuve étaient gardés par les soldats qui remplissaient le pays , Charles renonce à son projet, et revient dans le bois de Boscobell, son premier asile. Il est rejoint par un homme qui se fait connaître à lui pour un de ses officiers , fugitif depuis la dernière bataille. Ce nouveau compagnon engage le roi, pour se mettre en sûreté , à monter au sommet d'un arbre. Ils passèrent ainsi la journée , enveloppés dans l'ombrage toulBFu d'un chêne que la vénération publique et les beaux vers de Pope ont assez illustré.

Le fermier Penderell, qui s'était chargé de conduire Wilmot sur la route de Londres , ne put lui faire traverser le pays , inondé de soldats , et parvint, par le secours d'un

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gentilhomme nommé Witgrave, à lui manager un asile dans la maison du colonel Lane^ ancien officier royaliste, qui avait près de lui un bénédictin fort zélé pour le roi. Ge religieux vint chercher dans la forêt le roi, qui , harassé de fatigue et les pieds en sang, fit la route sur un mauvais cheval, et revit enfin Wilmot, tandis que les soldats repu* blicaîns étaient occupés d'investir et de fouiller la maison de Witgrave, où le roi n'avait fait que s'arrêter un mo^ ment.

Après avoir fait quelque séjour chez le colonel Lane, le roi se mit en route sous un déguisement de valet, courant à cheval devant la voiture de mistriss Norton, parente du colonel Lane, et mariée à un gentilhomme qui habttait un château prés de Bristol. Arrivé dans ce li^, le roi fut reconnu par un domestique , qui lui promit et hii garda le secret.

De parais incidents se renouvelèrent phisieurs fois. Wilmot , qui avait suivi la route du roi dans l'appareS d'un gentilhomme campagnard , et portait un faueonsur le pokig, ménagea au roi une nouvelle retraite dans le château du colonel Windham , ancien chef royaliste.

La mère de Windham avait perdu , dans la première guerre civile , trois fils et un petil^fils. Elle n'en re^t qu'avec plus de respect et d'amour rhérîtier d'un roî fui lui coûtait de si grands sacrifices. Windham ^ cKt à Chavles : Mon père avant sa mort nous ayaût appelés près d« son Ut, nous parla ainsi : » Mes enfants , nous avons vu des temps « paisibles et sereins sous nos trois derniers rois; mais je te dois vous avertir de vous préparer à des orages. Les •c factions s'élèvent de toutes parts et menacent le r«posde u la patrie. Mais, quoi qu'il en arrive, gardes respect et « obéissance à votre roi , soyez fidèles à la couronne. Je

' aarei)don*8 history, p. 653.

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