‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 10 sur 32 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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Erik gàia tout ce que sa tante avait fait pour la

prospérité des nations qu'elle avait été appelée à gouv( nier; l'union Kalmar fut brîsf^e, et le Daoemark engagé dans une guerre malheureuse qui lui coAta et ses trésors et des flots de saog.

Erik était fils deWratislas VIÎ et de Marie, nièce de Marguerite. H fut le preuiier roi étranger qui régna en Danemark. Rempli d'orgueil , n'ayant jamais puisé d'enseignement dans Plilstoire des temps passés, il ne connaissait pas l'esprit des peuples, et Ignorait que plus on est grand et puissant , plus on a à combattre des haines et des jalousies. Aussi ses entreprises ne furent jamais bien combinées , et les forces immenses qu'il pouvait mettre en jeu, ne ser- « virent qu'à attester son incapacité, et à rendre plus désastreuses ses défaites. La guerre qu'il eut avec les petits princes du Holstein lui devint surtout fu* neste, et fut une des plaies de son règne. Le prince Henri demanda Tinvestiture du Holstein ; on la lui refusa , ou , pour mieux dire, on la lui accorda , mais à des conditions qu il ne pouvait accepter. On devait croire que ce serait chose facile à un roi , maître de trois royaumes I de soumettre un si petit prince; et pourtant l'histoire a prouvé plus d'une fois que ces guerres s>oai à ciaindie et a éviter. D'abord autour

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du duc de Uolsteia se rallièrent une foule de princes alleiDinds, entre autres Albert , qui ne pouvait se résigner à son sort ; les villes hansëatiques prirent

également son parti. Elles étaient d'autant plus à craindre , qu'elles avaient des flottes et qu'elles ne manquaient pas d'argent quand il s'agissait de leurs intérêts commerciaux. Cette guerre s^alluma un an après la mort de Marguerite, sous des auspices asse^ favorables au roi; car le parti holsteinois éprouva des défections ; plusieurs nobles , tels qu'Erik Krummedige et Ronnow, se rangèrent sous les drapeaux d'Erik. La première campagne ne commença qu'en 1415 , époque oh le roi entra dans les duchés. Il remporta bien quelques avantages partiels; mais c'était déjà un malheur qu'un si puissant monarque n'eût pas tout de suite frappé un grand coup. La seconde campagne (1416) se lit avec moins de succès encore. Les Frises taillèrent en pièces une partie de Tarmée du roi, et le forcèrent à lever le siège de SIeswIg. Les Holsteinois reprirent beaucoup de villes quHI occupait déjà, et détruisirent les forteresses qu'il avait élevées pour tenir le peuple en respect. Le duc de Holstein s'empara aussi de Ttle de Femem. Erik résolut de venger ces défaites Tannée suivante; à cet eSétil rassembla une armée, la plus forte qu'on eût jamais vue dans ces contrées ; plus de cent mille guerriers étaient réunis sous Féteadard de Danebrog. C'était un mouvement général , depuis les glaces de la Laponie jusqu'au Sund , depuis le cap Nord jusqu^à celui de Lindsend et aux lies de la Baltique.

Sleswig tomba au pouvoir d'Erik , et Âibert fut fait prisonnier ; c'était la seconde fois qu'il se trou* vait k la discrétion de ses ennemis. Le château de Gottorp seul, occupé par les Holsteinois, opposa

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une forte résisttuice (ifti? ). Les moins timides cru* rent SIeswig perdu ; la princesse Élisabeth , désespérant cie sa cause, se relira à Rensburg. Le prince Henri ne perdit pas courage; il gagna Hambourg, et à force de sollicitations il obtint de cette ville de Targent et des troupes. Erik n'eut pas plutAt appris la marche de ces forces, dont lebruit public exagérait Timpor tance, que, cédant à une terreur que l'état formidable de son armée rendait impardonnable , il leva son camp, passa le Scbley à Eckenfœrde quil livra aux flammes, ei se retira précipitamment en Danemark. Cette fuite , cai ou ne peut donner un autre nom à une telle retraite , attira sur le roi un mépris universel* lille ranima le courage de ses ennemis , qui eurent bientôt rassemblé plus de trente mille combattants, dont huit mille cavaliers. Ils reprirent SIeswig, et abattirent la citadelle de Uattersbourg, que le roi avait fait construire. Le pape et plusieurs seigneurs firent de vains efforts pour mettre fin aux bostilités. Le congrès qui devait avoir lieu à cet effet à SIeswig ne s'assembla pas, et en Erik entreprit une nouvelle expédition, dont Tobjet était la conquête de file de Femem. Tant de cruautés signalèrent cette campagne , que les paysans snpei stiiieu\ virent dans les malheurs qui depuis poursuivirent cx>nsiamment Erik , la punition qu'elles avaient jus^ tement méritée. Sa tentative sur l'Ile Alsen écboua; l'armée danoise , dans la bataille qui se livra à Immervad , en l/i^O, fut complètement défaite, et ses chefs, Honnow et Pierre Hogenskild , y perdirent la vie. Ces revers faisaient vivement désirer au roi la fin d'une guerre qui avait épuisé toutes ses ressources , sans compensation de gloire^ niais tous les • pourparlers n'aboutirent à rien , et il arma une non-

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veJle flotte, que les iempéies assaillirent et qu'il eut peioe à faire rentrer dans les ports de Seland. Les

Hamboui*geois, qui désolaient les cotes de Danemark, brûlèrent plusieurs de ses vaisseaux. La campagne de 1422 ne fut pas moins désastreuse. Le ilolstein , malgré les avantages remportés par ses ducs , en soufTiit comme les possessions d'Erik , de sorte que de pan et d'autre on désiiaii égalemetii un accommodement. On convînt enfin de s'en rapporter à Parbitrage de l'empereur. Son jugement fut favorable à Erik , car tout le Jutiand méridional , qui comprenait le Sleswig, Gollorp, Danewirke et Hle Alsen, furent attribués en possession au Danemark (1424). Dans cette circonstance ) Ërik ne démentit pas son imprudence accoutumée, et même il la dépassa; au lieu de liàter l exéculion de celle décision, il entreprit un pèlerinage en Terre-Sainte et faillit être pris par les infidèles. A son retour, il réclamâ rexécuûou de l'arrêt de Tempereur; mais les ducs avaient eu le temps de revenir de Tespèce de stupeur dont il les avaiL frappés et de se préparer à Téluder. Ils avaient celui Sleswig et Gottorp de hautes murailles et de fossés profonds* La confiance qu ils puisaient dans ces moyens de défense et dans leur propre bravoure, ainsi que Tappiiî que leur prêtaient les villes lianseatiques et notamment celle de liainbourg, explique suffisamment leur refus de se soumettre. En 1426, Erik envahit le duché avec une armée que les chroniques du temps portent à cinquante mille hommes. 11 avait en vue d einporier d'assaut Sleswig et le château de Gottorp. Son espérance paraissait plus que jamais fondée » lorsqu'il apprit la déclaration de guerre des villes hanséaticfues. Au lieu de presser les travaux du siège, il les interrompit brusquement,

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