‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 12 sur 32 · IT D · texte numérisé non relu

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le jetèrent à la mer. Les préfets et surtout les coiii-* mandants des places fortes de Suède, Danois pour la plupart, exercèrent de telles violences contre les habitants, qu'ils s'attirèrent Texécration générale. L'im d'eux, surtout, se distinguait entre tous les autres par sa barbarie : c'était Jesse Erîksson, commandant de Westeros. £n lisant le récit des accusations qui pesaient sur lui, on ne peut, en vérité, se figurer qu'un tel scélérat restât impuni. Il gouvernait une province qui s'était toujours l'ait remarquer par son esprit de liberté et d'indépendance : c^était la Dalécarlie. 1^ peuple , pauvre , endurci par la rigueur du climat et par la stérilité du sol , passionné » comme tous les montagnards, pour sa liberté, avait porté SCS plaintes jusqu'au trône d'Erik. Engelbrekt Engelbrektsson y propriétaire de mines, homme de petite taille, mais d'un esprit élevé, d'un courage à toute épreuve, et plus versé dans Fart de la guerre que ceux qui avaient passé leur vie au milieu des camps , porta la parole au nom de ses compatriotes et visita deux fois la cour. Il connaissait bien la manière de se conduire avec le peuple, à en juger par la confiance illimitée que le peuple avait mise en lui. Le roi ne pouvait croire qu'un de ses commandants eût abusé à ce point de son nom , et il ordonna une enquête sévère sur les faits dénoncés par les Dalécarliens; mais le rapport du sénat de Suède confirma la vérité de tout ce qu'ils avaient avancé. Malgré ces preuves accablantes, le coupable ne fut point puni , et ^ chose inouïe, il fut maintenu dans son commandement. Cette faute énorme doit être plutôt attribuée à Tinfluence des amis de ce puissant officier qu^au roi. Quoi qu^il en soit, Engelbrekt revint à la charge. Mais cette fois ce n'était plus avec des paroles

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de soumission , c'était avec la fierté que donne le bon

droit qu'il demanda justice. Ei'ik se troiiva sans doute importuné de ses réclamations , car il lui dit : a Tu te plains toujours; je te défends de jamais reparaître devant mes yeux.— Tu me reverras cependant encore une fois, » repondit hardiment le fier Dalécarlien; puis il sortit. Le peuple , en npprenaot la réponse du roi| prit les armes afin de pourvoir lui-même à sa vengeance. Engelbrekt fut cboisi d'une voix unanime pour chef, et Ton marcha contrôle château de Westerns. A la nouvelle de la révolte, le sénat envoya des messagers aux Dalécarliens, leur promettant justi( e s'ils rentraient dans leurs montagnes. Deux fois ils se laissèrent persuader; mais comme les choses restaient au même état , le parti de Jesse Eriksson éiaui très-puissant à la cour, ils se décidèrent à en tinir. £n iktk , ils s'engagèrent par serment à tout sacrifier pour la liberté, à obéir aveuglément aux ordres d Eagelbreki , et à ne pas mettre bas les armes tant qu'il resterait en Suède un commandant étranger, (jette armée de paysans déborda comme un torrent, de ses montagnes, sur les provinces voisines , et se grossit à mesure qu'elle avançait. Erik Perke , considéré poui sa loi lune , son intelligence et ses laîenls militaires, fut le premier noble qui se joignit à Engelbrekt. A son exemple, tous les habitants du Norrland se déclarèrent pour la révolte. Tous les châteaux que l'armée trouva sur sa i oute ouvrirent leurs portes ou furent rasés. ii^Ue arriva triomphante jusque sous les murs de la capitale; mais là com* mandait Jean Krepelin, le meilleur des généraux d'iuik, dont la renommée de vertu et de courajîe était confirmée par les Suédois eux-mêmes, malgi'é sa qualité d'Allemand. 11 refusa la capitulation qu'on

Diyuizeo by

£T DE MORWÉG£, 91

Ib! offrait , comme eonlraire à ses engagements : il

conclut néanmoins un armistice qui dura jusqu au mois de novembre.

Le séoat et plusieurs évéques s'étaient assemblés pour délibérer sur les mesures k prendre dans ces conjonrlures, où les armes d'Engelbreki ctaicnt partout victoi ieuses, et le pouvoir royal partout haï ou méprisé. Mais Engelbrekt ne leur laissa pas le temps de prendre un parti; Il arriva à la téte de plusieurs milliers de paysans, et déclara aux seîprneurs assemblés que. s*ils suivaient le parti (lu loi , U nis hm\s et leur vie même seraient abandonués à la merci du peuple. Cette alternative ne permettait pas au sénat de balancer, aussi notifla-t«il au roi qu'il se regardait comme dégagé de toute obéissance. T.a letti e fut portée par le domestique d Engelbrekt. L'Ostro* gotbie, le Werenland et la Vestrogotbie embras^ ïèr&A la cause du peuple. Les nouveaux châteaux furent démolis; des garnisons occupèrent les anciens, qu'on regardait ( oinme places fortes. Engelbrekt poussa ses succès jusqu'aux frontières de Scaoie. Le Halland était alors une province danoise ; mais Warbery et Halmstad, citadelles formidable, furent empoi'iées, cl la ville de Falkenberg brûlée.

Ërik , pour étoufîer cette révolte , fit une levée d'hommes considérable; il prit même à son service des mercenaires étrangers. La flotte puissante qui devait transporter ses gut nicrs a Stockholm fui dispersée par la tempête, et quand il arriva dans cette capitale , il n'était pas en état de se présenter en rase campagne contre les nombreux partisans d l^ngelbrekt. On eniama des pourparlers, où Ton ne put s'entendre. Engelbrekt lut reconnu comme généralissime des Suédois , par une diète tenue à

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