‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 19 sur 32 · HISTOIRE DE DAN&MAA · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE DAN&MAA

dans ce but, et Tosl fiu contraint de fuir en Danemark, remciiant tous ses droits entre les mains de Jean. Celui-ci expédia une flotte de quarante vaisseaux qui s'empara de l'Ue (ItôS). II entretenait une correspondance active avec uo grand aombie de seigneurs suédois. Le tenops lui gagna plusieurs amis , taudis que la fortune en enlevait à Sture. La reine Dorothée, dans un voyage à Rome, obtint du pape, pour son fils, une bulle d^excommunication contre son puissant ennemi. Jean exoiia les Rnsses contre Sten Sture, qui marcha deux lois pour repousser les invasions qu'ils firent en Finlande. Ces armements épuisaient son trésor et ses forces. Un seigneur puissaui , du même nom , mais d'une autre famille que Sten Sture, qui régalait en ambition et en capacité , Fabandonna , et d'un de ses plus vaillants généraux devint son ennemi le plus acharné.

Deux campagnes moins heureuses contre les Russes achevèrent de miner Tinfluence de Sten Sture ^ et le peuple , toujours inconstant dans ses affections , sembla se refroidir pour lui. Cependant, reiitrevue projetée eut lieu à Kalmar, en 1695. On n'y décida rien ^ le régent , supposant qu'il n'avait rien à craindre tant que Jean ne prendrait pas les armes, ne jugea pas à propos de s'y rendre. Tant que la reine Dorothée vécut , elle fit suivre à son fils le plan pacifique qu'elle s'était tracé. Mais à peine avait*elle fermé les yeux à Kallundborg , que Jean fit des préparatifs d*attaque contre la Suède. Les hostilitéis commencèrent en 1&97. Le sénat et Tar^ chcvrque abandonnèrent tout à fait le parti de Sture. L'armée de Jean, composée surtoutd'Allemands, était formidable ; sa partie la plus nerveuse était la fameuse garde saxonne , forte de six mille lansquenets ,

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laquelle périt eiuièreœent, trois ans plus tard, daii9 les marais de Ditmarchen. Elle avait pour chef Jurgeo ScbleolK, natif de Cologne, qui remplissait alors toute rKiiro[ie de sa renommée nfiililaiie. Le commandement général de l'armée élaiiconfié à La xmaud, marsk de Danemark. Parmi les autres officiers supé* rieurs , on remarquait Magnard Ronnow et Jurgen Rud. Le roi s enipara , presque sans coup férîr, de lu ville ei de la citadelle de Kalmar. Là il reçut le serment de fidélité des députés du sénat, et les clefs de plusieurs chAteaux, tels que OBrebro, Stegeholm, etc. Pendant que Jean obtenait ces succès, Sien Slure était occupé au siège d'Âkmare, château de Tarcbevéque, où s'étaient enfermés les principaux sénateurs , ses ennemis. L'arrivée de la flotte danoise dans Tarchipel de Stockholm lui fit abandonner ce sîéflfe , et il eut lui-même à soutenir celui d(^ la capitale. 11 se défendit vaillamment; mais la perle de la citadelle d'Ëlfsborg et la défaite des Dalécarliens , qui accouraient à son secours , attiédirent Tardeur de la garnison , quoique le peuple tînt av€( passion à son chef bien*aimé. A la ûn , Sten Sture vit qu'il ne pouvait résister, ayant contre lui le sénat et tout ie clergé. La situation des Danois était aussi peu rassurante , I hiver appro( liait , ef la rareté des vivres faisait craindre une disette. Ce lut pour cela que ' Jean, qui jusque-là ne voulait entendre parler que de guerre , sentit la nécessité de prêter la main aux négociaiions. Il chargea Tevêque de Glob de faire des ouvertures de paix et de préparer une entrevue entre Sten Sture el lui \ elle eut lieu au couvent de Sainte-Qaire, qui n^appartenaitpas, comme aujourd'hui , à la ville de Stockliolm j la réconciliation l'ut signée , Jean reconnu roi de Suède , et Sien Sture

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pourvu de dotations telles qu'il était aussi redou* table qu'auparavant. Gouverneur de la Dalécariie ,

où le peuple rentourait de son amour , îi tenait ent ore dans ses mains le sort du royaume. Jean se conteatatt d'ôtre roi et couronné. Cette cérémonie eut lieu à la cathédrale de Stockholm. Sten Sture devint un des grands dignitaires de la cour, et SvanteNil»* son Sture, dont la défcnion avait été la principale cause de la chute de Sten, fut nommé mai'sk, c'està-dire chef de l'année.

. Les acdamadm» du peuple accueillirent Jean &

sa rentrée a Copenhague. 11 était parvenu à rétablir Funion des trois royaumes, et Ton pouvait présumer que Texpérience lui assurerait une stabilité plus durable que par le passé. En 1&99, Jean retourna en Suède , où il lit couronner son épouse et réconcilia rarchevéque avec Sten Sture, dont les querelles étaient sur le point d'allumer la guerre civile. Il était dans la destinée de l'union de se rompre par les fautes de ses rois : Jean , qui avait sagement travaillé a 1 acconiplir, ne sut pas conserver son œuvre; flottant entre la crainte des grands qui l'avaient combattu , et la reconnaissance due à ceux qui l'avaient porté sur le tr6ne , il s'attira la haine des premiers et 1 indifférence des autres. D'abord , il enleva plusieurs dotations et fiels à Sten Sture , qui lui portait ombrage. Il oublia les promesses faites à Svante Nilsson Sture , ou chercha toutes sortes d'excuses pour les éluder. Ces deux hommes , naguère si acharnés 1 un contre l'autre, commençaient à se rappro* cher. Le désastre qu'avaient essuyé les armes de Jean dans le Ditmarcben , avait enhardi ces seigneurs. La garde saxonne , pas plus qu'aucun autre corps , ne pouvait inspirer de craintes sérieuses aux Suédois.

ET DB HORWÉC».

Ij» courtisans avaient aussi mis de l'aigreur dans le cœur du roi. Dans son yoyage en Suède, en 1501, on

lui avait insinué que Sien travaillait à le renverser. Jean y ajouta foi , convoqua les états et appela Ston à y comparaître» Muni d'un sauf-conduit , celui-ci se présenta accompagné de Hemming Gadd, de Séante , Slure , de Benoit Ryning , de Télite de la noblesse et de sept cents cavaliers. Un semblable cortège ne pouvait manquer d'affermir le roi dans ses soupçons et dans ses craintes. Le doute ne lui fut bientôt plus permis ) lorsque Sten Sture^ blessé de la défiance dont il était l'objet , convoqua à Wadstena une diète où il déclara qu'il se déliait de toute obéissance envers le roi danois. Jean n'en fut pas plutôt informé y qu*il se rendit en Danemark pour rassembler des forces, laissant la reine Christine au château de Stockholm , défendu par une gainison de mille hommes , tant Danois que Suédois.

Hemming Gadd , évéque de Hinkœping , plus propre à tenir Fépée que la crosse, ami iniime de Sture et ennemi déclaré de tout ce qui portait un nom danois , prit chaudement les intérêts de Sten. H ne se contenta pas d'enflammer les esprits, il dirigea encore les opérations avec une rare habileté. Après la prise d'Œrebro, il mit le siège devant la capitale, qu'il amena à capitulation , après une défense héroïque que Christine lui opposa pendant huit mois. Cette reine devait être conduite un couvent de Wadstena. La prise de la capitale entraîna l'occupation de lu Suède entière. Lubeck, dont la puissance, ainsi que celle de toutes les villes de la ligue hanséatique, était compromise par Tunion , secourut les Suédois. Ce fut pour Jean un inoLif de rcpi ésailles. Mais, dans cette circonstance, il consulta plutôt son ressenti-

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ment que 1 opportunité; car ses affaires oommeii-çaient à se compliquer gravement. La captore de quelques bâtiments lubeckois était, pour ainsi dire, une déclaration de gaen e contre la ville , qui ne tarda par à armer des corsaires. Elle fit crcjiser dans lu Baltique une flotte qui donnait la chasse à tous les vaisseaux danois, et qui en prit un grand nombre. A ce malheur s^en joignit un autre : la Norwége se souleva: le sénat n'avait pas moins do part que le peuple dans cette révolte. Jean envoya (1502) son ûls Christian, qui acquit depuis une si déplorable célébrité , pour étouffer cette sédition ; ce prince battit les révoltés et fit leur chef prisonnier: cette victoire coûta cher au pays. Christian, d'un caractère cruel, ne savait pas^pardonner \ il voulait fonder le pou* voir absolu sur les cadavres de tout ce que le Nord

avait d élevé et de noble. 11 leiita ce que l'union n'avait pu faire , d'amalgamer les trois peuples. Ou soupçonnait fort les nobles et les sénateurs , sinon d'avoir tous participé à la révolte, du moins d*avoir connu le complot. Des flots de sang furent versés ; il appartenait surtout à la noblesse norwégienne. Les auteurs danois , qui généralement ne cherchent qu'à rehausser les actions de leurs rois, sont obligés de convenir qu'on moissonna tellement la noblesse, qu'on s'en aperçoit encore aujourd hui. Frappés de terreur, les nobles se soumirent; ensuite le prince entra en Suède et pénétra jusqu'en Ostrogothie, où la dissension survenue entre les chefs de son armée arrêta ses succès. Sten Slure, qui avait suivi la reine Christine sur la frontière du Danemark, mourut subitement. Les chroniques s'accordent à attribuer cette mort au poison : on ne sait de quelle main il venait. Les Suédois en accusèrent le médecin de la

reine ; mais il esi plus probable que 1 auteur du crime fut Tépouse de Svante Sture, personne mal famée, dont l'ambition Toulait poor son mari la place la plus

émînente du royaume. Ce (ju il y a de positif, c'est que le parti danois ne gagna rien à la mort de ce seigneur; car Svanie Sture , soutenu par les talenis de Hemming Gadd , le remplaça dignement sous tous les rapporls. En vain Tenipereur mit-il la Saèdc au ban de l'empire , en vain les foudres du Vatican vinrent éclater sur elle ; ses armes restèrent victorieuses ; Kalmar et Ule d'OEland furent reconquises et les frontières du Danemark ravagées. Les Lubeokois soutinrent Svanto Sture de tous leurs moyenSé Sur mer, la guerre ne se faisait qu'entre eux et les Danois; car la Suède manquait à cette époque de vaisseaux et d'babiles marins pour les commander. La Baltique fourmillait de corsaiies. Celle guerre forma les marins danois et leur valut une grande renommée i nous nous contenterons de citer Sewerin Norby , un des hommes les plus remarquables de sou siècle. Ce fut par le moyen de ce grand homme et de plusieurs autres que Jean parvint enfin h abaitro Torgoeil des villes hanséatîques et à les contraindre à accepter la paix, qui fut signée à Halmoe (1512). Elles s'engagèrent à payer au roi dO,000 florins , à rompre leur alliance avec la Suède et à s'abstenir de toutes relationsavec eiie, tant que durerait la guerre qui existait entre ce pays et le Danemark. Cette paix affermit Jean dans Topiulon qu'il lui serait facile de sounieitre la Suède, réduiic qu'elle était à ses propres forces. Mais la mort Tempecha de voir ses espérances réalisées*, il mourut le 21 février 151 S, et fut enterré à Odenséei en Fionie* Jeaa avait une laille élevée; le visage plein; ses

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manières étaient remplies de dignité ; le luxe était bauoi de sa table et de ses vêtements. Sous sua règne, le Danemark aocmt sa force et son influence , mal* gré ses guerres et le désastre de Ditmarclien. Ses flottes étaient mieux organisées et commandées par des chefs plus habiles*, 1 armée était sur un pied plus respectable , d'abord par la création de la grande garde , puis par les mercenaires que ie roi a?ait rassemblés aulour de lui. Une soïile taclic souille le souvenir du roi Jean , c'est le meurtre de Laxmand , gouverneur de la cour (Rikszofmester), qui, par son opuience, ton orgueil et la morgue de ses réponses, s'élaîL attiré la haine de son souverain. Les soupçons que cet attentat avait éveillés se sont changés en certitude. Le repentir du roi mourant Ta gravé d^M manière inei&K^le dMS rhittoire.

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