‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 20 sur 32 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

caaisTiAM II, LM ttiâh.

Ce fut sous ce monarque que iui dissoute l'union de Kalmar. Tout le Mord était encore ému des discordes civiles; mais il prit peu à peu la physionomie politique qu'il a conservée jus(ju*cn 1814. Clirisiian était né eu 1481. Il n'était que prince royal, et déjà il faisait preuve d'une a*uauté et d'une dissimulation qui inspirèrent à son père et à tous les vrais paillotes

Diyuizeo by

les plus grandes craintes pour lavenir- Jean le voyait avec peine préférer les hommes de basse extraction aux membres dos grandes familles. Nous avons déjà

dil quel fleuve de sang noble il avaii lait couler en Norwégc. Ce fui pendant son séjour dans ce royaume, lors d un voyage qu^il avait entrepris pour Bergen , qu'il fit la connaissance d^une Hollandaise nommée Dyveka , dont la mère joue un grand rôle dans son histoire et dans celle du Nord. Elle était fille d'une ancienne marchande de fruits , du nom de ^gbrlt, qui avait acheté une auberge, qu'elle tenait, quand le prince se trouva en rapport avec sa fille. Ce!le«ci éiaiL aussi renoTimée pour sa beauté que sa mère rélait pour son intelligeuce et sa finesse. Ces deux femmes, la mère surtout , avaient pris un tel empire sur l'esprit de Christian , qu'aucune affaire d'État un peu impoi tante n'clail décidée sans son avis, et qu'elle se njaintint en faveur auprès du monarque, même après la mort de Dyveka (1517). Christian séjourna en Norwége jusqu'en 1510, époque où la santé de son père commençait à s'altérer. L'état de son royaume était satisfaisant lor&qu il en prît possession y si ce n'est que la Suède était en pleine révolte contre lui et obéissait à Sten Stui^ le Cadet.

En arrivant au pouvoir, il chercha à le fortifier par des alliances imposantes. D abord , il conclut un traité avec Lubeck ; puis il demanda et obtint ia main de la princesse Élisabcth, fille de Tempcreur Maximilien et sœur de Charles V (1515). Mais dès qull lut monté sur le trône , il se livra à des actes d'injuitice et de cruauté (jui lui auirèrent la haine générale, et particulièrement celle des grands. Il fit décapiter, sous un prétexte futile, Torkel Oxe, d uue famille puissante. Ses familiers étaient tirés

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des rangs les plus obscurs. 11 son^i^ea d abord à reconquérir la Suède ; à cet ciiëi , il se mcuagea des intelUgeaces secrèles dans ce pays. Celui qui favorisait le plus ses desseins était Tarchevéque Gustave Trollc, ennemi morlel deSten Sture, et qui l'appela dans le royauim . Les pK mières campagnes de Christian furent malheureuses^ il fut toujours battu. Dans celle de 1518 , il s'empara , contre le droit desig^ens , des otages suédois,dont Gustave ErikssonWasa faisait partie. L'issue de ces campagnes prouva à Ciu isiian que, pour conquérir la Suède, il fallait des forces considérables ; aussi fit-il des armements immenses en 1519* Des mercenaires de tous les peuples arrivaient en foule; Copenhague était le centre où i^c réunissaient des Français , des Écossais , des Allemands, des ^iiederlandais. Otto Krumpe reçut le commandement en chef de toutes les forces > qu'on évaluait à vingt mille hommes*, les premières opérations commencèreni dans l luver de 1520. La bulle d'excommunication fulminée contre la Suède fut placardée à toutes les églises. Sten Sture vola à la défense du Tiweden et de la Vestrogoihie ; mais il fut blessé niortellemeni à Bos^esniid , et sa perle laissa un vide que personne ne pouvait remplir* La consternation était dans tous les esprits. Les paysans, qui jusque alors s'étaient battus courageusement, fu« rent dispersés sur tous les poinis. Les Danois s'avançaient à grands pas vers la capitale; les détachements armés ne pouvaient plus arrêter la marche de Fennemi. Tous les châteaux étaient pris ; celui de Stockholm seul opposa une vigoureuse résislance. Lh^ une femme exaltait le courage des assiégés; c était Théroique veuve de Sten Suire, Christine Gyllestiema , dont rien ne put ébranler la constance.

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L'faiver approchait, et Christian, désespérant du succès , commençait à maudire les conseillers qui

1 avaient entrainë à la guerre, lorsqu il tcnia un dei^ nier moyen, celui de la ruse. Il avait gagné les plus chauds partisans de Sten Siure , entre autres Hemming Gadd. J.a vieillesse avait affaibli dans cet homme son ancienne énergie et la haine que toutes l<»s actions de sa vie avaient révélée contre les Danois. Ce fut lui qui détermina Christine à capituler. Christian ) maître de la capitale et vainqueur des Dalécarllens , se crut assuré de la possession de la Suède ; il ( onv()(jua les étais pour se laii e couronner (8 nov( inbre). Celle solennité devait être souillée par I acte le plus odieux qui soit enregistré dans This* loire moderne du Nord. A voir ce qui se passait dans les cérëiuonies du couronnement, les seigneurs suédois ne pouvaient douter qu'ils fussent en disgrâce, 1^ Suède était, aux yeux du roi, un pays conquis- Pas un seul Suédois ne fut créé chevalier. Les insignes de la royauté élaient portés par des seigneurs cirangcrs. A la fin du banquet, rarchevéque Cnstave TroUe se leva et demanda justice, au nom de la re* ligion , en appelant la sévérité du roi sur ceux qui avaient participé à la révolte; car ce fut ainsi qu'il (jualKia la coiuliiiu* de ceux qui Tavaienl déposé de ses fonctions archiépiscopales et celle de Sten Slure. Sur la sentence de Christian ^ quatre-vingt-quatorze seigneurs, clercs et laïques, furent décapités. Des flots de sang inondaient les rues-, les places étaient encombrées de cadavres. Christine Gyllenstierna fut sur le point de subir la peine capitale » à laquelle le tyran Tavait condamnée. Celte conduite fut loin d'être approuvée de tous les partisans de Christian; le légat de Tempercur quitta aussitôt Stockholm 9 décla-

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rantqull élaîl venu pour assister à des fuies, non ù des scènes de hautes œuvres. Oito Krumpe se démit de soo eommaiideinent, et ne voulut pas suivre un

nijjii (' souillé de crimes. Scwerin Norby prit sous sa protection tous ceux qui la réclnmèrenl. La consternation profonde où so trouva piojjigée la population 6t bientôt place aux sentimenis de haine et à la vengeance. En Suède , le peuple ne se laisse pas abattre comme en Norwége ; là, il n'attendait (jn Un chef pour se révolter contre ses bourreaux* 11 s'en trouva un : c'était le jeune Gustave Eriksson Wasa.

Après la cérémonie du couronnement, Christian quitta la Suède pour ny plus revenir. Nous avons dit, dans 1 histoire de ce pays, la manière dont il en perdit la couronne. Les sanglantes journées de Stodchcim Pavaient rendu un objet d'exécration , et il était menacé des analhèmes de Rome, parce (ju au nombre des viclimcs qii il avait sacriiiées se trouvaient plusieurs évéqnes. Il essaya de se justifier en rejetant toute la culpabilité sur ses conseillers , et notamment sur le fameux Didtik Slaghock, qui, de garçon barbier eu Hollande, était devenu archevêque de Lund et prcmiier ministre de Danemark. Accusé d'avoir entraîné son maître par ses mauvais conseils , il fut brâlé sur la place publique de Copen* hague. Mais ni cette salisHKiiou (ionnée à rii'i i!:i(i(>ii publique, ni les mesures prises pour en empêcher l'éclat, ne pouvaient écarter la catastrophe qui menaçait le tyran. Il avait un onde qui était duc de Holstein \ ce fut sur Inî que les Danois jetèrent les yeux et placèrent leurs espérances. 11 s éiaii allié aux Lubeckois , qui avaient pris ouvertement parti pour la Suède. Christian arma contre eux, et de* manda une entrevue h son oncle , que la prudence

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porta à s'en abstenir; il y envoya son fils Christian , avec toute la noblesse holsteînoise en armes. Tout paraissait favorable à une révolution : la Saède était libre; les Lnbeckois étaient maitres de la Baltique, et il n'y avini qu'une opinion en Danemark en favenr d'un changement. La déchéance de Christian fut résolue dans une assemblée des nobles | réunis à Wiborg (MU). Mogens Mnnk , juge de campagne , fiil choisi par ses amis pour aller porter à Christian cette décision. II s'acquitta avec une admirable adresse de cette dangerruse mission. U demanda une au* dtenœ m roi à Veille ; en prenant congé dn monarque , il oublia à dessein son gant , dans lequel il avait mis la déclaration du sénat et des seigneurs. L'assemblée , qui avait déposé le maître de trois royau* mes, prit les mesares qae nécessitaient les circonstances ; elle ne se faisait pas illasion sur leur gravité; car ChrisUau était encore aliié aux plus puissants princes et avait conservé de nombreux partisans dans te peuple. Elle décréta donc une levée générale de tous les hoinmes au-dessas de dix-buit ans. Mogens Munk, qui avait laissé Tacle de destitution dans la chanibre de Chi isiian, avait continué sa route. Arrivé à Husum , où séjournait Frédéric , il lui annonça la décbéance de son neveu et la résolution des états, qui rappelaient, lui Frédéric , au trône. Le prince accepta sans hésiter, mit son duché en état de défense ei fit un traité d alliance avec les Lubeckois.

Christian, instruit de la résolution de rassemblée de Wiborg, tint conseil avec plusieurs seigneurs sur le parti à prendre. Dans son irrésolution , il choisit la voie des négociations : il promit aux évéques d'être bon envers FÉglise , de faire pénitence pour les cruautés commises en Suéde et de

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se soumettre au jup^emcnt d un tribunal. Le sénat lui répondit qu'où ne pouvait ajouter foi à ses paroles , que ses actes étaient trop connos et leur nature trop grave pour ne pas justifier le sort qui le frappait. Christian , croyaiu sa sûreté compromise dans le Jutland, partit pour les îles, et reçut de nouveau l'hommage de la noblesse et du peuple à Odensée et en Seland, où il comptait surtout sur les paysans. Mais menacé de nouveau , à son retour à Copenhague, d'un côté par la flotte des Lubcckois;, de l'autre par les forces de Frédéric , il se décida à quitter ses États pour aller implorer le secours de son beau-frère, Temperenr Charles V. Il équipa donc vingt vaisseaux , et lit embarquer ses enfants , ses trésors et les actes les plus importants du royaume, La haine qu'on portait à Sigbtit était telle que, pour la soustraire à la colère du peuple, on Tenferma dans un coffre pour la faire passer sur la flotte. On diL qu elle consola le roi par ces paroles : u Si vous n êtes plus roi de DanemarlL, vous pourrez du moins être bourgmestre d'Amsterdam. » Christian confia la ville et le château à Henri Goe , lui promenant d'être de retour dans trois mois, avec le secours qu'il allait chercher.

Sa flotte ) api*ès avoir été tourmentée par les tempêtes, aborda enfin aux ports de Hollande. Il ne put s'y tenir tranquille, et fit plusieurs lentalivcs pour reconvrei' sa couronne. 11 fut fait prisonnier dans une de ces expéditions en Norwége, et finit ses Jours à Kallundborg , après vingt-sept ans d'une étroite captivité. On ne peut nier que Christian ail éié un des princes les plus remarquables de son époque ; mais ses qualités éminentes se trouvèrent étouflées par des vices encore plus gitinds. Ce fut lui qui peu*

Digitizeci by

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pla rile d^Amager de Hollandais , ponr lesquels il

avait une grande pi édileclîon à cause de Sîgbrit. Ce qu'il y a de certain, c'est que ses idées étaient au* dessus de celles de son siècle. Avec plus de modération, il eût pu affermir Tunion des trois couronnes, au lieu de la briser. Ses actes sanguinaires lui ont acqnis dans l'histoire Sinklc le nom de tyran,

bon fils Jean, qui avait été élevé à la cour de Fempereur , mourut Tannée même où le père fut fait prisonnier. Ses restes reposent à Odensée.

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