CHAPITRE III ion CRBàranis iusqu^a l^ukior m calmai
Canut le Grand, un des plus puissants monarques
qui aient régné sur le Nord, succéda à son père, Swen Tjngiiskciegp; , qui, du Danemaik, étendit sa dominalion sur la Honrége et T Angleterre ; il soumit Tune par la force des armes, l'autre par la ruse. 11 s'était déjà emparé d'une partie considérable de la Grande- Bretagne , eL sou lils ( Il acheva la conquête. 11 la gouverna avec tant de sagesse , qu'on trouve son nom révéré dans les annales de TAngleterre. Nous avons déjà parlé des cruautés commises pair les Danois et leur roi au commencement de leur invasion dans ce pays , et de la haine qui vu fut la suite nauii clle. Le roi Etbeired, allié à Ricliard U duc de Normandie, consultant peut-être le salut de son pays, projeta une horrible mesure qui couvre smi nom d'une honte .
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13 HISTOIRE DB DAHSKARK
éternelle; ce fut d'ordonner le massacre général de ces étrangers. Us forent en effet presque tous immolés le même jour (1002), sans avoir eu le moindre
soupçon du danj::;êr qui les menaçait. Mais la vcngeanc(i suscita plusieurs expéditions nouvelles. Le pays fut saccagé de la manière la plus déplorable. Ce fut en 1013 que Swen fit sa dernière invasion en Angleterre , moins , cette fois , pour ravager le territoire, que pour le conquérir. Il soumît le Northumberlaod et plusieurs autres provinces; et au lieu d'incendier les villes , il leur demanda des otages pour s'assurer de leur fidélité. Il nomma son fils (lanut au gouvernement de ces provinces. Le vainqueur a&siégea Eihelred dans sa capitale, mais celuici se sauva en ^iormandie. Alors les habitants de Londres ouvrirent les portes h Svren , qui fut pro-» clamé roi. La mort vint biciuôi le privei- du fViiit ses triomphes. Canut hérita avec la coui onae de tous les embarras d'une guerre qui n'était pas encore finie. Il restait plusieurs provinces à réduire , bien des villes à conquérir, quand Ethelred reparut. Eu outre, les affaires de Danemark réclamant la présence du roi, il laissa le champ libre aux princes anglais; mais c'était pour revenir bientôt avec de nouvelles troupes , après avoir pris possession de son hérîtap^e paternel. Ethelred venait de mourir: il laissait la couronne et le soin de la déicndre au prince Ëdmond, surnommé Côie de fer. La fortune se déclara pour lui dans les premiers combats, et il fut peut-être parvenu à purger des étrangers ie sol de sa patrie, s'il eut su mettre a profit l'avantage qu^il remporta sur les Danois à Kent. Peu de temps après y une bataille plus sanglante et plus décisive se livre dans la province de Mercie, au pied du mont
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Astune. Canul y remporieune victoire si complète, qu'il se croit mottre de toul le pays* Mais il n'en esi
pas ainsi ; Edmond assemble une nouvelle armée, et va camper à Glocester en face de son ennemi. On s'observe pendaui iongiemps. Le prince anglais propose & Canut de terminer cette sanglaute que-, relie par un combat singulier. A ce déS personnel do prince anglais Canut réplique froidement : « Que tt Thomme qui parle de se baiu*e en hiver prenne « soin d'être prêt pour Tété. »
Cependant, ne désirant pas moins qu'Edmond arrêter reflusion (iii sang, il propose de choisir de part et d'autre des officiers, pour poser les bases d'un arrangement raisonnable. Le moyen est admis, et l'entrevue a lieu dans la petite Ile d'Alney, vis-àvis de Glocester : on se décide pour la paix (1017). I/Angleterre est divisée en deux parties éi^ ilcs: celle du sud reste à Kdmond; Canut a la parli j septcn-^ trionale; le traité est sanctionné par serment.
Cependant il ne fut pas donné à Edmond de jouir longiéîïips de cette paix. 11 fut assassiné à Tinstigation de sou heau-irèrei Edrik Streon, qui devait expier sa trahison par la main de son propre fils ^ au dire de quelques chroniqueurs. Telle fut la fin d'un des plus vaillanis héros de TAngleierre , après un règne de moins d'une année. 11 était digne d un meil* leur sort.
Canut exploita adroitement cette circonstance
pour s'approprier la partie du royaume qui avait obéi à son rival, ce qui lui réussit si bien qu il y fui proclamé roi de tout le pays. 11 reuvoya sa flotte en Danemark, comme signe de la prise de possession définitive de sa conquête.
Le Danemark s'était ainsi placé paimi les plus
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grandes puîssoni es ; mnîs il lui arriva ce qui arrive toujours à un petit Éiat qui eu conquiert un grand : le premier est absorbé par le second. Car le siège du gotivemement élait en Angleterre, ou II séjourna pencluiu presque toute la durée de son i ègne. Canul, comme tous les conquérants , élait insatiable dans son ambition. 11 conçut le projet de soumettre la partie de la Norwége qui n'obéissait pas encore à ses lois. A cette époque, régnait sur les montagnes de ce pays Olof Haraldsson , surnommé le Saint. Cet Olof préférait une mort glorieuse à Tasservissemeni que lui préparait Canut 11 contracta une allianco avec Animd , roi de Suède, et entreprit une expédition conti e Seland , pendant que celui-ci envahissait la Scanie. Seland fut horriblement ravagée. Canut avait laissé pendant son absence Tadministration de son royaume béréditaire à son fils Harda Knut (Canut le Dur) , auquel il avait adjoint Ulf Jarl. Ils étaient trop faibles pour attaquer les deux rois, qui avaient réuni leurs forces ; aussi résolurent-^ils d'attendre rarrivée de Gaout , qui avait quitté avec sa flotte les ports d'Angleterre. Cehii-ci trouva ses affaires dans un mauvais étal; les iles danoises étaient menacées par deux ennemis formidables, et son fils avait usurpé le titre de roi. A leur première entrevue, Harda Knut se jeta à ses pieds et obiint sa grâce. 11 parait que ce n'était pas Tambition de son Hls que le roi redoutait le plus , mais celle d'Ulf Jarl, seigneur puissant, un des guerriers et des hommes d'État les plus considérés du Danemark, et conseiller de son fils. Aussi ce seigneur, à la suite d'une querelle qu il eut avec le roi à propos d'une partie d'échecs, fut-il assassiné, sur les ordres exprès de celui-ci , dans Téglise de Roskild.
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l^a présence de (^anut suilii puar dissoudre iu coalîtioD formée contre lui par les rois de Suéde et de Norwége. Le premier se retira dans son pays , aban* donnant Olof à son sort. Olof ne put davantage» compter sur les siens; onr !e prudent Cannt portail d'une main Tépée, tandis que de rautreil semaitTor pour se faire des partisans. Les nnages s^amoncelaient sur la téte d'Olof. Il gagne ses Etals à travers la Suède ^ mais Canut ue lui laisse pas de relâche, le poursuit avec tous ses vaisseaux , débarque sur les cAtes de Cbristiansand, et y fait reconnaître son auto* rite. De là I il se rend à Trondheim , où il est pro« clamé; et son euuemi u a d'autre ressource que de . chercher un asile dans la Gardarike, nom sous lequel on désignait alors la Russie. Après avoir ainsi terminé la campagne , Cannt donna la régence de Nor* wége à Hakon Jarl, son neveu, et la coinonne de .
^ Danemark à son fils Harva Knut. Quant a lui, il
* retounia en Angleterre.
Olof, en quittant son royaume , n'avait pas perdu Tespoir d > l entrer. Aussitôt que Canut fut à ï.ondres, il reparut , conduisant à sa suite une troupe de Suédois. 11 trouva des sympathies en Norwége. Mais les partisans de Canut se hâtèrent de réunir leurs forces et marchèrent contre lui , sous les oi di es do Kalf Arneson. Les armées en vinrent aux mains à Stiklestad (iû30). L'acharnement était égal de part et d'autre, et la victoire était incertaine • lorsque Olof reçut le coup de la mort; alors son armée se débanda. C'est ce même Olof qui ffït canonisé, et dont le nom était vénéré dans la Norwége catholique à l'égal de celui d'Erik le Saint en Suède. L'année suivante, Canut entreprit un voyage à Rome, ou il ût des dons cousidérahles à l'église Saiut-Pierre , et
niSTOlRE DE DANEMARK
versa sur le peuple d'abi nd:intes aumônes. II se fit remarquer eusuile par les luis quMI porta et auxquelles il se soumettait le premier. Afia de prévenir les disputes qui eussent pu sMlever entre ses enfants après sa mort, il leur fit le partage de ses possessions. Il donna la Norw ége à Swen, que sa dureté et le mépris qu'il afieeta pour ses sujets leur ren^dii'ent odieux à tel point qu'il fut enfin obligé dV bandonner sa couronne pour se réfugier en Séland. Le second fils de Canut, Harald , reçut l'Angleterre, qu'il partagea, après la mort de son père, avec Harda Knut; celui-ci eut le Danemark.
Canut mourut en 1036 , après avoir régné vingtun ans sur le Danemark , quinze sur TAngleterre et sept sur la Norwége. 11 fut enterré dans l'ancien monastère de Winchester. Ses qualités émin^tes lui méritèrent le surnom de Grand. Les premières monnaies danoises furent frappées sous son règne.
Canui le JJur ( Harda Knut) , non content d'avoir eu le royaume de Danemark en partage t éleva ses [)rétentions sur celui de son frère Harald. Il allégua pourprétexie que ce dernier n'ëlaii pas fils de Caiiut mais d un cordonnier, et qu'il n eiaii que l'enfant supposé de la reine £mma. Harald le redoutait tellement qu'il partagea avec lui son pouvoir. Canut ne se rendit en Angleterre qu'après la mort de Harald (1040). 11 ne larda pas à s'aliéner les populations de ce pays par la dureté de son caractère. I^es contributions dont il écrasa le peuple firent fermenter le mécontentement. Il avait hérité de la barbarie qui avait sis^nalé les premières années du règne de son père, sans aucune des qualités ' par lesquelles il Tavait rachetée. Ce mauvais prince mourut à la suite d'une débauche , en 10&2* Avec
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lui finît la domination danoise sur FAngletcrre.
Magnus, fils d'Olof le Saint, fui rappelé en Norwége par les mécontents qu'avait faits la mauvaise administration da roi Swen. Les envoyés qu'on lui avait expédiés le trouvèrent en Russie. Le désir de revoir les montagnes de sa patrie lui doime des ailes. 11 est bien accueilli par le roi de Suède. A peine aH-il franchi le Kœlen, chaîne de montagnes qui sépare les deux royaumes, que les Norwégiens accourent de toutes parts pour se ranger sons ses drapeaux; etloi sque bwea harangue ses guerriers, un silence profond répond seul à ses paroles et lui donne la mesore des dangers qui le menacent. Toute
résistance étant impossible, il s'embarque pour Seland, avec les Danois qui l'avaient accompagué.
Magnus est proclamé partout. Canut le Dur s'arme pour défendre son frère; mais témoin de Tamonr que le peuple porte à son nouveau maître, persuadé d'ailleurs des avantages qui doivent résulter de la réunion de la Norwége au Danemark, il conclut avec Magnus un traité stipulant que les deux royau* mes appartiendraient an survivant. Le premier soin de Magnus fut de venger la nioi t de son père. Il s'en acquitta si bien qu'il excita les murmures du peuple. ÏA prudence lui conseilla d'inteiTompre le cours de ses persécutions. Après la mort de Canut le Dur« il s'embarqua pour le Danemark avec une tlutie de soixante-dix vaisseaux, dans rinleniion de faire exécuter le traité récemment conclu avec le roi défunt.
La race de Canut le Grand était éteinte. I^e souvenir de saint Olof de Norwégo était devenu cher même aux Danois. Ces dispositions avaient été encouragées, surtout par le clergé. Aussi Magnus fut-il élu dans une assemblée qui se tint à Wibor^ . après qtioi il