‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 5 sur 32 · HISTOIRE J>£ DANEMARK · texte numérisé non relu

HISTOIRE J>£ DANEMARK

les lois de Scanie et de Seland : ce fut aussi sous soa rèç^ne que la noblesse danoise prit de la consisiance. Oa lui ûmi la fondation de la ville de Dantzig, qui s'appelait d'abord Danskeswig, dont on a fait, par contraction, Dantzig. Absalon fat le plus fort appui de son trône; c éiait son ami, son compagnon, le général de ses armées, et sans contredit un des hommes les plus remarquables que le Danemark ait produits. Il était lié avec SaxoGrammaticus, qui nous a laissé une histoire de Danemark, écrite en latin avec autant de conscience que de talent. Le style en est pur et élégant, et révèle dans Tauteur non-seu-* lement des connaissances approfondies, mais encore un génie qui lui était propre.

Canut V! fut proclamé dans toutes les provinces, à Texcepiion de la Scanie, dont les populations n'avaient pas oublié leur haine contre Waldemar, ni la défaite qu'elles avaient essuyée dans les plaines d'Andelof. Elles refusèrent de lui prêter serment, et l'étendard de la révolte fut levé dans les contrées montagneuses de cette province ^ qui avoisinait le Halland et le Smoland. Une foule de Suédois râirent

se joindre à eux, animés plutôt par Tespoir du pillage que par le désir de combattre. Les rebelles mïK ntù leur téte Harald Skreng , d'origine danoise et de race royale , qui vivait eu Suède et dont les mœurs étaient conformes à son cœur dépravé. La ville de Lund , siège de rarchevêelié , était alors entourée de remparts et de fossés \ ses ibrtifications la mettaient en éiat do soutenir un long siège, suivant la manière de faire la guerre à cette époque. Elle ne tirait pas seulement son importance de ses richesses (elle comptait soixante églises ou chapelles ) , mais aussi de sa position dans la plaine la plus fertile et des immenses ressources

ET ML MOaWfiGB. 48

qa*ofifrait sa possession. Los révoltés rassiégèronl ( 1182) mais ils furent repoussés par les troupes du roi et de l'archevêque. Le découragemenl produit par cet écbec, joint aux exhortations du prélat, les iit rentrer dans le devoir.

Nous avons vu que les empereurs l omains avaient voulu rendre tributaires de Tempire Je Danemark, et surtout les pays qu'il avait conquis sur le littoral de la Baltique. Canut Vl venait de monter sur le trône, lorsqu'il reçut de Tempereur Frédéric un message qui riovitait à se rendre auprès de ce prince. Mais le roi , instruit par Texpérience du passé , soupçonna le piège. Il s'excusa sur Tétat de son royaume, qui ne lui permettait pas de faire une longue absence. Une nouvelle députa lion, ayant à sa téte Siegfried , et qui lui fut envoyée deux ans après, n^eut pas plus de succès. Absalon répondit : « Croyez-vous quil en soit du Danemark comme de laThuringe? Si l'empereur ose meure le pied ici , il trouvera des guerriers prêts à le recevoir* Retnrez-vons , et dites à votre maître que Canut est roi de Danemark et ne lui doit aucune soumission.» Frédéric ne parut point blessé de l'orgueil de celte réponse; mais , embarrassé qu'il était dans ses propres affaires , il poussa le duc itogislaus de Poméranie à se déclarer contre le Danemark. Ce prince devait de la reconnaissance à Pempereur, qui l'avait aidé contre Henri le Lion \ il ne crut donc pas devoir lui refuser ce service, quelques dangers d'ailleurs qui y (tassent attachés ; et Ton ne pouvait se les dissimuler , car le Danemark était au sommet de sa puissance , gouverné par de grands hommes et défendu par de vaillants soldais. iNéanmoins la guerre fut résolue^ elle est connue sous le nom de grande guerre des fVendes. Les préparatifs furent lm<*

Page 1