‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 6 sur 32 · HISTOIRE DE DAM£MÀHK · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE DAM£MÀHK

menseft ; mais les tentatives faites par Bogislaus pour

ébranler la fidélité de Jarimar, (|ui couiniandaii l'île de Rugen, n'eurent d'autre eiïet que de mettre à découvert ses desseins. Sa flotte romptait cinq cents vaisseaux , qui se dirigèrent sur Rugen. Jarimar ex* pédia en toute hâte des courriers à Âbsalon, pour l'avertirque, s il iio lui envoyait de prompts secours, il lui serait impossible de tenir contre des foi ces si supérieures. Canut était alors dans le Jfutland; cette circonstance ne retarda pas la décision d'Absalon » qui ne prit conseil que de son courage et de Timminence (lu danger. Les messagers étaient à peine de retour à Rugen, que la flotte danoise parut et tomba sur Pennemi , qui ne s'attendait pas à une attaque du c6të de la mer. Le pavillon d' Absalon jeta une telle terreur dans la flotte ennemie qu elle ne pensa qu'à fuir. Les équipages, voyant qu'ils ne pouvaient échapper, essayèrent de se sauver à la nage, ou se cachèrent dans les bois de Tîle ; ils y furent bientôt découverts et massacrés par Jarimar. De cette flotte formidable , sur laquelle on avait fondé l'espoir de la conquête d'un royaume, il ne restait que trente*cinq vaisseaux , qui rentrèrent dans les ports des Wendes* Lit désastre avait abattu leur courage, ils conclurent avec Absalon un traité par lequel ils se reconnurent tributaires du Danemark. Douze otages et la ville de Wolgait furent la garantie de leur soumission. Cependant cette paix n'empêcha pas les Danuis de poursuivre leurs conquêtes en Poméranie. Jnlîn , Osna , Camin et d'autres villes tombèrent dans leurs mains, et Bogislaus commença à trembler pour lui* même. Il se rendit auprès de Canut , et acheta la paix au prix d'une somme d'argent et de la cession du distiîcl de Bart.

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Ën 1196 , Canut traversa la Balilque et conquit

l'Esllionie. L'idolati ie, (jiii régnait encore, fit place à la religion du Christ. Le roi y fit bàlir des églises* qu'il pourvut de prêtres. Des troubles éclatèrent dans ses Ëtats pendant cetteeicpédition. Waldemar, évéquc de SIeswig, homme ambitieux et turbulent, descendant de Nicolas, croyait avoir des droits à la «couronne. Il se proclama même pubiiciuement roi de Danemark. Canut, aussi profond politique qne grand guerrier, temporisa et négocia jusqu'à ce qu'il eût trouvé Toccasion de le faire prisonnier. 11 en résulta nue mésintelligence entre le roi et le comte Adolphe de Scbaumburg, et par suite une des plus sanglantes guerres que le Danemark eût jamais faites. Le roi envahit le Holstein , et le comte marcha à sa rencontre. Les deux armées se trouvèreiii en présence près du ileuve d'Eyder (1200). Le roi évita le combat à cause de son infériorité numérique; il prévoyait aussi que son adversaire ne pourrait entretenir longtemps les forces dont il disposait, et 11 ne se trompait ' pas. Canut donna le commandement à son frère Wal* demar, qui étendit au loin les conquêtes des Danois. Il s*empara des villes de Hambourg et de Lubeck ; tout le pays du ( nnite de Mecklembourg-Schwerîn , allié de Schauniburg, eut le même sort. Maître de Stormarn, du Holstein, du Ditmarcben, de la Wagris , du Nord-Âlbingis , de Ratzebui^ et du territoire de Schwerin, et regardant tous les Wendes comme ses tributaires, Canut avait porté au plus haut degré la puissance du Danemark. Son nom était respecté et son amitié recherchée par les princes. Malheurcuspment , la mort vint le frapper au milieu de ses triomphes (1202); il n'avait que quarante ans et ne laissait point.de postérité. Mais ce a éuit pas seu*

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lement à ses armes que le Danemark devait son élal florissant ; ses grands hommes attiraient aussi sur lui les regards de PEurope. Âbsalon et Saxo appartiennent à cette époque aussi bien qu'au règne pi écédent. Le {ipemier jeta les fondeuienis de Soroe et de Copenhague^ ii peupla de moines de Tordre de Saint-Bernard le couvent de Soroe , et fit bfltir le château de Copenhague, qui fut appelé Axelshus. Le frère d'Absalon, Espéra Suare, jouissait d'une grande renommée comme homme d'État. L'abbé Guillaume, Swen Agenson et Parchevéque André Simonin brillaient par leur science*

VValdemar II (le Victorieux) succéda à son frère. Le peuple fit éclater sa joie à Tavénement de ce prince, qui fut couronné à Lund. Les grands succès qui avaient signalé la fin du règne de Canut étaient dus à la bi avoine de Waldemar. 11 commença son règne ])ar le biége de Lauenbourg, sur Tiabe^ c était à cette époque une place très-forte; elle capitulai à condition que le comte Schaumbui^g serait mis en liberté. Waldemar ne prit qu une faible part aux troubles qui agitèrent la Suède quelque temps après. Cependant un corps de Danois assez considérable assista à la bataille de Léna, qui coûta la vie à l'é* véque Pierre de Roskild et à Ebbc Suaesson.

Nous avons dit que Waldemar l'^ avait fondé Dantzîg, et que Canut Yl avait converti les Esthoniens à la religion chrétienne. Elle fut menacée par desidolâtres sortis des pays voisins, de Russie , de Lithuanie, de Prusse et de Semgallen. Le danger était pressant. Waldemar arma a la haie une flotte, forte de 1000 voiles, et conduisit l'expédition en personne. L'arcbevéqne André de Lund avait le commandement général de Tarmée. Les barbai es, parvenus Jusqu en

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Livoniei lurent allaqués à Wolmar (1219) ^ la bataille fui sanglante. Les Danois perdent leur bannière; la terreur s'empare d'eux et sème le désordre dans leurs

rangs. Mais un élenclai d de luile rouge avec une croi\ blanche tombe du ciel-, à la vue de ce prodigf* , les fuyards se rallient , et la victoire se déclare en faveur des Danois. Cette bannière était le célèbre Daneirog, qu'ils arborèrent depuis dans toutes les guerres, et ((ui fut perdu dans celle de 1500, contre les habitants de Ditmarches. La défaite des païens fut si complète , et leur terreur si grande , que les troupes de Waldemar se répandirent sans obstacle, comme un fleuve débordé, sur lout le pays. Il se i eadit maître de la Cûurlande, de la Livonie et' de la Prusse , et revint ensuite dans son royaume , où on le regardait comme invincible ; mais il oBirit un exemple frappant de l'incousiance de la fortune, lors même qu'elle paraît fixée par de grandes qualités. Sa carrière, jusque alors si heureuse, allait être signalée par des malheurs que rendait plus poignants la prospérité qui les avait précédés.

Le comte Henri de Mecklembourg-Schwerîn entreprit un voyage en Terre-Sainte \ il confia au roi son épouse et ses enfants. Canut ne sut pas respec* 1er ce dépôt sacré, conduite indigne des belles actions qui avaient honoré sa vie. A son retour, Henri jura de se venger; mais il dissimula son dessein pour l'exécuter plus sûrement, et se rendit en Danemarlc, où il sut gagner l'amitié du roi. Il saisit Toccasion d^une chasse pour se saisir de sa personne et de celle de son iils Waldemar, qui furent jetés sur un vaisseau, conduits dans le MecUembourg, et enfermés dans une tour du château. Là, ils vécurent Utris auuées, chargés de fers et dans le deuùaicui le plus

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absolu. Ce fat an sujet d'étonnement pour tout le

monde, que cet audacieux coup de main du comte , exécute dans les Étals mêmes de son roi. î.es peuples vaincus espéraient secouer leurs fers. Le Danemark fut plongé dans le deuil et la consternation. L^empe-* reur Frédéric I! et le pape Honoré III tentèrent en vaiïi d intervenir. La menace des foudres de TÉglisc ne put faire iléchir le comte. Waldemarne put obte« nir sa délivrance qu'en payant une rançon de 45,000 marcs d'argent, et en faisant le serment de ne jamais chercher à tirer vengeance du traiiement qu ou lui avait fait subir. 11 renonça en même temps à tous ses droits sur le Mecklembourg , le Holstein et le Nord- Âlbingls (1 229). Cette détention du roi alhibllt beaucoup sa puissance. Le comte Adolphe de Schaumburg s^était emparé du Holsteîn , et les chevaliers de T^pée de rEsthonie ^ presque toutes les villes et les pro* vinces de ce c6té étaient pendues. L'indépendance de Lubeck et de Hambourg date de cette époque.

Waldemar, délivré de sa dur»^ capiiviié, ne nHa plus que vengeance) le pape Grégoire IX le délia de son serment. Il entra dans le Holstein avec toutes ses forces. Plusieurs villes , entre autres Itchoe , furent livrées aux flammes. Des corps auxiliaires de Lunebourgeois et de Brunswick se joignirent à son armée. A rapproche de rennemi, qui comptait au nombre de ses chefs Tévéque Gerhard de Brème , le duc Albert de Saxe , les comtes d'Oldenbourg de Schwerîn et de Mecklembourg, il posa son camp à Bornhoved ^ non loin de Segeberg. Le duc Alphonse de Holstein commandait en chef les forces ennemies. Ce ne fkit pas à leur supériorité que les alliés durent hi victoire, mais aux intelligences qu ils entretenaient secrètement avec les Ditmarches de Tarmée du roi«

Ceux-ci , voyant contre Waldemar tant de princes allemands et des forces si imposantes , tirent dire au comte de Holsteia que si on les laissait jouir de leur^ anciennes libertés, Us promettaient, aussUAt que Taf* faire serait engagée , de quitter Tarmée royale et de rattaquer par derrière ; cette proposition tut acceptée avec empressement. mêlée fut sanglante. Au milieu du carnage , les Ditmarches firent comme les Saxons , huit siècles plus tard, à la bataille de Leipzig; ils tournèrent leurs armes contre leurs alliés et déterminèrent leur défaite. Le roi s'était battu en héros; il perdit un œil, et fut sur le point d'être fait prisuiinier. L'année suivante il hasarda une nouvelle expédition, qui ne tut pas plus heureuse. A l'occasion du mariage de son ûis Waldemar (1229) avec Éléonore , princesse portugaise , il conclut ayee le comte Adolphe une paix qui lui fit perdre encore le Holstein, Stormarn. une partie du Mecklenibourg, et les villes de Lubeck et de Hambourg. Mais ces malheurs n'étaient que le prélude d'autres pins grands qui devaient frapper son cœur. Son fils Waldemar^ qui avait adouci sa cni)livi{é en la i)ai (agcant, était doué de grandes qualités, qui lui avaient attirai Tamour du peuple et avaient fait concevoir de lui les plus belles espérances. En 1231, dans une chasse, ce prince fut blessé au pied par un courtisan et mourut des suites de cette blessure. Sa jeune épouse avait succombé peu de temps auparavant aux douleurs de Tenfantement -, le fruit qu'elle portait dans son sein ne lui avait pas survécu.

L'année suivante, le roi Waldemar ( ommît une fautC) qui tient au temps où il vivait ; il pariageason royaume entre ses fils. Erik , qu'il fit couronneri héritait du souverain pouvoir. Abel eut le duché de

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JuUand, el Canut le Blegind^ Christophe fui nommé duc de llalland et de Falster.Ge partage affaiblit cou-

sidérablemciu le royaume, et fut une source de dissensions el de guerres civiles. Quelque temps après, le vieux roi résolut de soumettre Lubeck, qui, enorgueillie de ses fortifications et de ses richesses , s'était attiré Finimitié de WaMemar et d'Adolpbe de Mecklembourg. Ces deux princes s'unirent pour humilier la ville. Mais ce même héros^ qui jadis avait conquis des royaumes, ne put parvenir à la soumettre. Tous ses efforts échouèrent contre Topiniâireté et la vigilance des Lube( kois. 11 Un obligé de lever le siège , et résolut de passer eu paix le reste de ses jours.

11 employa les dix dernières années de sa vie à cicatriser les plaies que la guerre avait faites à ses États. La législation fut surtout l'objet de ses soins; les réformes qu'il y introduisit sont telles, qu'on ne saurait dire s'il ne fut pas plus grand législateur que grand guerrier. Il mourut en 12&2. Malgré les vicissitudes de son i t gne , il peut être placé au rang des premiers héros qui ont orné le trône de Danemark. La loi de Jutland) qu'on lui doit, fut publiée en 12&0; elle commence par ces mots : « C'est par les lois qu'on doit gouverner un État. » II abolît rëpi e-nvedu fer rouge, et améliora les monnaies II ne se, recommande pas seulement par ses exploits et les talents qu'il déploya pendant îa paix; il a fondé Suralsund, et institué l'ordre de Danebi og.

11 eut pour successeur Erik iUogpenning. Nous avons vu le Danemark, sous les trois règnes précé* dents, parvenir k un degré de splendeur qui excitait la jalousie des princes et imposait le respect à ses voisins^ sous les trois rois qui suivcnti uous verrons

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décliner l asirede sa gloire. Pendant roue période, le'Danemarkne présente quua lableau aftligeaQt de (roubles intérieurs, qui consument ses forces et rendent son nom aussi méprisé qu'il était naguère honoré. Ces malheurs eurent leur principale source dans le irop grand amour de VValdemar pour ses enfants, amour qui le porta h paruger entre eux les provinces de son royaume. A sa mort la concorde cessa d'exister entre les li ères-, cliLJCiin ne chercha plus qu*à accroître le nombre de ses partisans. Conquérir Tamitié des nobles, des évôques et de l'étranger, tel était le but auquel tendaient tous les efforts des princes-, quant à llntérét public, ils n'en avaient nul souci. Abel fut le premier qui donna le signal de la désunion Sa conduite pendant les dernières smnées de Wal<tonar avait été pour celui*^ci une source de chagrins. II avait éponsé Mecbtilde , fille du comte Adolphe de Holstein , un des plus implacables ennemis du Danemark. Adolphe s était jeté dans la dévotion , avait embrassé la vie monastique, et confié le gouvernement k Abel pendant la minoriic de ses fils. Erik, devenu roi, voulut réunir à ses Étals les contrées situées au nord de l'Elbe et qu on appelait Mord-Albingis; mais Abel s'y opposa au nom et comme tuteur des enfants du comte Adolphe^ Ce fut en vain qu'Erik sViïorça de lui inspirer d'au* très sentiments; ce fut en vain qu'il lui représenta qu'eu sa qualité de vassal du royaume, lui, Abel, devait réunir ses forces à celles de son suzerain ; qu'il devait plus au Danemark et h la mémoire de WaldeiiKir qu'aux enfants du comte. Loin de céder à ces considérations , Abel se lia avec Lubeck , l'évéque de Brème et d'autres princes, tous hostiles au Dane* mark. Cette fois, cependant, les frères ne tirèrent

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pas l'épëe les uns conu c les autres. La médiation des prioces allemands opéra une récoaciiiation niomentaaée. EaVlUk, lorsque Ërick voulut exiger d^Âbel le sermenl de;Bdélité pour le ducbé de Sleswig, ou, comme on le nommait encore, le Jutland méridional, les hostilités recommencèrent; maïs cette guerre se borna à des dévastations réciproques.

La penedes proyinces allemandes ne laissait pas reposer les regrets dTrik. Il songeait toujours h les recouvrer; mais il oubliait que les circonstances étaient bien changées , et que son royaume n'avait plus la même vigueur qu'autrefois. D'ailleurs les princes allemands avaient Fœil fixé, avec une jalouse attention, sur chaque entreprise, sur chaque projet ambiiieu^î que manifestait la coiu de Danemark. Si Ton considère, en outre, qu'£nk manquait d'ai^ent, d'habiles généraux et de talents personnels, on se convaincra que ses tentatives étaient intempestives. U s at taqua d'abord à l .ubeck, que son père n'avait pu réduire. A cette époque , la pôche du hareng était aussi abondante que lucrative sur les côtes de Sca» nie ; les villes hanséattques , et principalement Ltt«> bcck, y envoyaient des vaisseaux pour exploiter celte industrie. Erik fit capturer leurs navires, opéra une descente à l'embouchure du Trawe , où il éleva deux forts; puis il jeta en ti'avers du fleuve des chaînes de fer, pour arrêter les bâtiments qui auraient voulu y entrer. Mais des vaisseaux suédois les rompirent et firent pénétrer des provisions dans la place* Cet incident dérangea les plans d'Erik ^ d'autant pins que les Lubeckois, plus habiles sur mer, équipèrent une flotte avec laquelle ils inquiétèrent les côtes des îles danoises, et y répandirent la terreur. Erik, au lieu desconquètesqu'il avait rêvées, s'estima fort heureux

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