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d'obtenir imarmisiioedesmaiidiaiMto de Lubeck^ dont la puissance commençait & se faire sentir sur le Nord.
I/année suivante, la dissensioQ entre les frères éclata dans toute son horreur : les provinces du Danemark en furent le triste théâtre. Si les princes livraient aux flammes les villes d'Odensée et de Randers et une quantité de bourgades et de villages, le roi incendia celles de Svendborg, de Colding et de Hadersleben ^ et fit prisonnier son frère Canut. Le Danemark présentait l'aspect le plus déplorable, dans
ces temps où les fils de Waldemar semblaient rivaliser de fureur en promenant partout le fer et la ûumme. L'étranger ne pouvait manquer de mettre à profit ces déplorables divisions. Les Lubeckois firent entrer une flotte dans le Sund, et parurent devant Copenhague. Ils na repiirent la route de leurs pays qu'après avoir détruit le château et fait un immense butin (1349)* Le danger commun rapprocha les deux frères ; mais les esprits étaient trop irrités pour que la réconciliation pût ùire durable. La guerre civile se rallume ; le roi envahit le Sleswig, fait prisonnier son autre frère Christophe et incendie Flensbourg. Il avait tout mis dans vad tel état de dévastation , qu'une armée de Huns et de Vandales semblait avoir traversé le pays. Deux de ses frères étaient déjà en son pouvoir ^ il n'avait plus à combattre qu'Abel* La noblesse, dont ces sanglantes collisions avaient accru les forces, vit dans leur prolongation une garantie de son influence. Aussi fit-elle entendre des murmures sur la captivité des princes et demanda-t-elie leur élargissement. Le roi n'avait pas un homme d'État capable à la tète des affaires ; il se laissa intimider par ces clameurs, et n udit Chrisloplie à la liberté. 11 n'en poursuivit pas moins ses avantage^
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contre Abel. Un de ses généraux, Henri CEmeltorp,
s'empara de Sleswig pendant la nuit. Eiitln la paijc fut faite, et Abel obligé , pour leeouvier cette ville, de se reconnaître vassal du Danemark : les autres frères du roi furent réintégrés à la même condition.
Ces guerres avalent épuisé le trésor; le roi se vit dans la nécessité de lever des impôts extraordinaires ; il en mît un sur les charrues dans toute i'éten* due du royaume. On Tappela /Ornant urolr» (denier de la charrue); ce qui valut au roi le surnom de Plogpenning (Erik le Denier de la charrue). Quoique cette contribution lut dure et pesât principale* ment sur les paysans, qui avaient déjà le plus souffert par la guerre, elle n'éprouva cependant point de ré* sislaucc. La Scanie seule, où fermentait depuis longtemps un sourd mécontentement, refusa l'impôt. I.e roî , qui s'était rendu à Lund pour apaiser la révolte, fut obligé de se retirer à Helsingborg, où il fut assiégé par ses propres sujets , à la fureur desquels il n'échappa qu'à la faveur d'une ruse. De retour en S(îland , il rallia ses troupes, rentra en Scanie et déiit les Scaniens dans un combat qui épuisa leurs dernières forces. Il leur imposa des contributions et une amende de quinze mille marcs (1249).
Les rois de Danemark et les comtes de Holsteiu prétendaient à la propriété exclusive de Remburg , ville frontière de leurs États. On avait cherché à concilier leurs intérêts; mais celte itiiiaiive ayant échoué, Erik envahit le Holsiein. Arrivé à Dannevircke, il voulut faire une visite à Âbel à Sieswîg. Comme ils s'étaient juré loubli du passé , le roi ne pouvait soupçonner la loyauté de son frère. Après un accueil amical, on se saisit de lui, et il fut jeté dans une petite barque. Abel envoya à sa pour*
ET m morwAqb,
suite, dans une autre nacelle , Lauge Gudmund&son, ennemi implacable du malheureux^ roi. Ce seigneur demanda ce qu'il devait faire d'Erik : « Faifiren ce que inToudraSi» répondit Abel. Le roi a'eut pas plutôt appris que Lauge le poursuivait , qui! dit à ses rameurs : « Faites en sorte que j'aie un confesseur avant de mourir. » Cet homme barbare , en abordant son roi désarmé, lui dit : «Sache que tu dois mourir à Tinstant. — Je savais , répondit Erik avec douceur, qu'en tombant entre tes mains , je n'avais pas aun e chose à attendre de toi. Je ne te demande qu'une grftce , c'est de me procurer un prêtre , afin que je puisse mettre mon flme en état de paraître devant Dieu. » Sa téte fut tranchéo d'un coup de hache , et son corps jeté dans la iiicr ^1250). Ce fut en vain que le prince essaya de se purger de l'odieux soupçon d'avoir trempé dans ce meurtrei et qu'il jura qu'Erik avait perdu la vie par accident. J)eux mois après, le tronc de sa victime , rejeté par les flots sur la grève, témoigna du crime d Abcl ainsi que de son parjure. Le cadavre fut inhumé à Ringstad, en lâ67, par Christophe. Ce prince , naturellement bon et pieux , rendant la justice a chacuu, méritait une autre fin.
Mais ce forfait ne resta point impuni : le duc Abel fut tué par les Frises, et son corps demeura longtemps sans sépulture ; Lauge Gudmundsson subit le même sort dans le Holstein; et Herman Karkwidor, confident du rr ime de son maître , fut percé de coups par les paysans. Rarement, et Thistoire l'atteste , le crime échappe à une justice vengeresse même dans cette vie.
Le meurtre du roi jeta la consternation dans le peuple, qui prit ledeuil, tandis qu une foule de nobles se réjouissaient de sa mort. Malgré l'accusation qui
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