CHAPITRE. X
CANONISATION DX LOUIS IX, ROI DE FRANCK. BULLE DE BONIFACE Vlll. OEUVRES PIEUSES ET MAGNANIMESL DE SAINT LOUIS. l'aUTEUR RAP- PELLE, d'après m. BALBO ET MACHIAVEL, LES ANCIENNES DIVISIONS DES FLORENTINS. LOIS TERRIBLES PORTÉES CONTRE LES NOBLES PAR LE PEUPLE, l'orgueil. l'eNVIE.
A LA date de I2g4) nous trouvons que Villani fait mention de Louis IX , roi de France (i) ; Tannaliste s'exprime ainsi : « Dans cette année , le pape Boni- « face, avec ses fidèles cardinaux réunis dans la ville « d^Orvieto, canonisala mémoire du bon roi Louis de a France, lequel étoit mort pour la chrétienté, près la u ville de Tunis (2) , le pape trouvant vrais les témoi- <c gnages rendus de la sainteté de ce prince , spéci- « fiant les bonnes œuvres qu^il avoit faites dans sa vie, « et à la fin , et reconnoissan t que Dieu avoit opéré par ce «c monarque des miracles évidens. » Brunetto Latini, mort cette même année, put s^entretenir avec Dante de cet événement ; et comme la cour romaine , dans ces sortes de circonstances, recueille dès informations auprès des personnes qui ont connu le bienheureux
(1) Jean Villani , liv. 8 , pag. 297, édit. de Florence, 1587.
(a) Le gouvernement français fait aujourd'hui élever un monument à rendroit même du camp où ce prince est mort , sur le lieu le plus élevé de l'ancienne Byrsa. C'est Cliarles X.qui , le premier, a eiLcette pensée de vénération pour le saint roi.
dont on poursuit la canonisation, il ne serait pas étonnant que le même Brunetto eût fourni quelquesuns des renseignemens importans et secrets qui sont rapportés dans la bulle (i). Dante se livrera à des im-
(i) On connott peu cette pièce si honorable pour notre famille royale. Ce document contient des particularités qui méritent Tattenlion. On doit remarf[uer d'abord Télégance de la latinité. 11 commence ainsi : « Que tous ceux. ic qui cultivent la foi orthodoxe et dont Pespérance s'élève jusqu'à Dieu ^ «( s'écrient avec l'eflusion la plus tendre de la dévotion et du respect : Gloire, « louange et honneur au père des lumières par qui a été donné tout ce qui (( est grand et parfisiit!... Qu'elles se réjouissent les multitudes des colons i< du ciel , de l'arrivée d'un nouvel habitant , si éroinent et si lumineux ! « qu'elle entonne le chant de joie , la glorieuse noblesse des citoyens d'en « haut, quand elle voit survenir un tel concitoyen [concivU)! que la M vénérable assemblée des saints exulte de bonheur et d'allégresse, de «< l'adjonction d'un tel consort! Lève^toi, nombreuse aggrégation des fidèles ! H levez-vous , zélateurs de la foi , chantez avec l'Eglise l'hymne de la u louange ! »
Suit un éloge de Louis qui rappelle indirectement ks expressions de la dédicace de Brunetto Latini. Le portrait du prince est en même temps, dans ([uelques traits, tel que nous l'a conservé l'hbtoire. a 11 étoit d'une naissance K assurément la plus illustre (profecfà clarissimus génère ), élevé par sa K puissance , opulent par ses richesses , sublime par ses vertus , élégant dans ic ses mœurs , excellant en sagesse , repoussant toute pensée déshonnéte et K honteuse. 11 adhéra si purement aux œuvres de la pudeur, il sut tellement u éviter la contagion de la chair, que vraiment, comme l'aissure certaine u crédulité de quelque»-uns , il anroit brillé d'une candeur virginale, s'il c< n'eût pas accepté le lien qui l'attachoit à une épouse. Il garda long-temps (c les rênes du royaume de France; il en tenoit le gouvernail entouré <c d'écueils, avec une circonspection prévoyante ; il n'étoit ni fatal^ ni inju- (c rieux , ni violent à personne. 11 se contint excellemment dans les limite» « de la justice : il la cultiva avec ardeur , n'abandonnant jamais le sentier K de réquité. m
Boniface VIII n'arrête pas là ses louanges. La vie du prince est détaillée depuis son enfance jusqu'à sa dernière croisade. Le monarque ierme justicier punissoit les méchans et récompensoit les bons. Son caractère de piété ne 86 dément pas dans la captivité : le prince prisonnier est invité à jurer, quand il signe un traité pour sa rançon et celle de ses soldats , que s'il manque à sa |)arole , il niera le Fils de Dieu et se jettera hors de iafo%i\ea Egyptiens promettent d'en faire autant avec leur Mahomet-, alors le monarque répond puissamment que ces abominations ne souilleront pas sa bouche. Les combats de courtoisie qui se livrèrent entre le roi et ses frères, lorsqu'il lai étoic ])crmi8 à lui seul de s'embarquer en laissant des otages , sont décrits aven une vivacité de style de la plus grande énergie. On lit ensuite le récit d'une
précations contre la maison de France, et sMl ménagea saint Louis, c'^est peut-être par un reste de respect et d^égards pour Fauteur du Tesoretto qui a composé un éloge si complet de ce prince.
Les Guelfes dominoient à Florence. Les papes et
▼isite da roi à Tabbaye de Royauinont, diocèse de Beauvaîs. Le prince voulut senrir un religieux attaqué de la lèpre. Ce moine relégué dans une chambre tulitaire avoit perdu la vue, ses lèvres étoient déchirées, son nez étoit dévoré par Tàcreté de la maladie. Au moment où il prenoit sa réfection comme iipouvoii , une rumeur d'hommes armés se fiiit entendre ; le roi parott tout à coup, il le salue avec des paroles douces. C'est un frère qui vient auprès de son frère. L'aveugle s'émeut : le roi fléchit les genoux, coupe la viande préparée *pour la réfection , et en introduit les morceaux avec délicatesse dans la bouche du lépreux , n'évitant pas la quaUii horribk du lieu et du malade. Le père abbé étoit frappé d'une stupeur véhémente , en voyant que la sublimité d'un si grand prince ne dédaignoit pas de tels soins et de semblables actes de charité.
Un autre jour , dans l'hôpital de Compiègne , le roi visitoit un homme attaqué de la maladie dite de saint Eloi. Le prince agenouillé , après avoir pelé une poire, tâchoit d'en placer un quartier dans la bouche du malade. Alors une humeur pestilentielle coula de ses narines et souilla lot mains du roi ; il souffrit cette épreuve avec bénignité , lava tranquillement ses mains , et continua ce pieux service.
Voici la fin de la bulle :
« Réjouis-toi , haute maison de France qui as enfanté ce prince dont les oc mérites t'honorent ! livre-toi i la joie, dévot peuple des Gaules qui as été R jugé digne d'obtenir un maître si vertueux, et si éiu (tem eiectum). a Cœurs des prélats du clergé, triomphez de ce que ce royaume est magnifique* u ment décoré des miracles éclatans de son propre roi! Jouissez, esprits des « princes , des grands , des nobles , des guerriers , de ce que par les œuvres « saintes de ce roi , l'éclat de ce royaume reçoit la prérogative d'un honneur u qui n'a pas de bornes et qui brille en quelque sorte des rayons du soleil ! Le pape invite ensuite les fidèles à visiter le tombeau du nouveau saint avec ferveur , et il accorde des grâces spirituelles à ceux qui feront cet acte de
piété.
Puieqti'aujourd'hui on élève un monument à ce grand prince , à cet ami si généreux de ses soldats, à ce royai infirmier ^ j'ai cru qu'il y avait dans ce que j'ai rapporté ici , des faits et des informations qui pouvoient aider à rédiger avec discernement et avec une éloquence convend>le l'inscription qui sera apposée sur le cippe. fin même temps, pour prouver que si j'ai paru u'éloigner de mon sujet , je n'en étois pas sorti dans le fond de ma pensée , je répéterai les deux premières lignes de mon livre, si applicables aux sociétés , aux circonstances les plus diverses , et les plus ennemies de ce qui est antique.
tt Honneur aux hommes illustres dans tous les temps et dans toqs leSi « pays! y>
les popolani soutenoient ce parti. On ne parloît plus des secours apportés autrefois par les derniers souverains de la maison de Souabe. Rodolphe de Habsbourg n^étoit pas descendu en Italie. L^erapire étoii bien loin^ comme disoit depuis un vioe-roi du Mexi* que , parlant du roi des Espagnes , et ajoutant avec une impiété délirante et puérile : a Avec cela, (( Dieu est bien liaut^ quand, moi, je suis ici. » Les Guelfes recevoient leur principale force des familles du peuple qu^ils auroient dû contenir. Florence n^avoit pas gardé toute son ancienne sagesse et sa première modération. Les nobles se voy oient chassés du gouvernement par les prieurs des arts^ et s'en vengeoient en recourant à des violences contre la populace infime.
> « Ainsi il arrive toujours , dit M. Balbo (1), de différentes manières , suivant la variété des temps , chaque fois que Von enlève la force légale à ceux qui Font de fait. Les choses ne peuvent jamais rester long-temps dans un tel état , que quiconque peut ne soit pas un pout^oir. Et alors , ou Ton restitue aux grands une part de leur puissance , ou l'on continue à leur ôter celle qui leur reste de fait. Dans le premier cas, les révolutions populaires reculent ; dans le second cas, elles poussent leurs excès à Textréme. C'est ce dernier malheur qui arriva à Florence. Le peuple se souleva de nouveau contre Içs. nobles opprimés en public et oppresseurs en particulier. Le peuple , conduit par Giano Délia Bella , voulut un autre gouvernement , ou plutôt , en conservant celui des prieurs des arts, il y ajouta l'autorité d'un gonfalonier de justice, chargé d'exécuter leurs décisions. Celui-ci reçut un étendard aux armes du peuple , portant Xargent à la croix de gueules. On mit à sa disposition un corps de mille fantassins armés , prêts à lui obéir sur la place ou ailleurs. On publia des lois , appelées ordini délia giustizia , contre les grands qui outrage-
(i) Balbo, tom. I, [Mg. au.
[1295J ET DES OEUVRES DE DANTE. gi
roient les popolani , ajoutant que chaque consorto seroit responsable pour son allié. 'On dëclara que toute famille , qui auroit compté dans son sein un cket^alier^ seroit regardée comme faisant partie des grandi ( Dante , dont un des ancêtres avoit été cheyalier cent cinquante ans auparavant , se trouva , non plus par courtoisie , mais en vertu d'une loi , un des grands de Tétat ) ; enfin , il fut décidé que , dans aucune famille de grands , on ne pourroit choisir les signori , les gonfaloniers de justice et ceux qui auroient à faire de telles élections. Les signori , sortis de charge , et quelques électeurs nommés exprès dans la classe des popolani j dévoient élire les signori nouveaux. «
On peut faire de graves réflexions sur de pareilles lois. Combien elles étoient inconséquentes ! On vouloit humilier les familles nobles, et on les élevoit. On s^attachoit à leur enlever le pouvoir, et Ton déclaroit leur existence plus aristocratique que jamais. Cependant, c'^étoit par malice qu^on reconnoissoit leur illustration. Etoit-ce un moyen de les mieux compter pour les abattre plus facilement ? On permettoit au peuple de les mépriser ; en même temps on disoit au peuple, cfui souvent souffre par Forgueil des autres, parce qu^il a son propre orgueil lui-même, accompagné, cheilui seul, d^un sentiment d^envie, on disoit à ce même peuple : a Voilà des hommes dont le nom «( est célèbre dans Thistoire ; leurs aïeux se sont dis- « tingués dans les croisades pieuses contre les infi- « dèles ; ils ont mérité des titres ; mais les races qui a descendent de ces hommes courageux, les nobles *i actuels, qui possèdent des palais, des terres, qui « entretiennent beaucoup de valets, qui donnent du « pain aux ouvriers, hé bien ! de tels hommes n^ont ti rien à vous commander ; demandez-leur Paumône «< en quelque coin, en cachette, à la bonne heure; a mais nous les déclarons ilotes. Ilotes magnifiques,
u splendides, entourés de faste, si vous voulez; encore n une fois, ils n^ont rien à commander au peuple. fc Nous, à notre tour, nous nous appelons le comune^ «f mais à condition qu^en dépit de la dénomination «( tout est à nous seuls, et que nous, qui ne possé- « dons à peine que le tiers de Florence, nous seuls, <( nous sommes Florence, TEtat et la patrie. »
Voyons-nous ici d^avance dans le fond du cœur de Dante ce qu^il pensera de pareilles lois , quand il sera banni de ce comune (i) si exclusif? Alighieri saura-t-il bien comprendre le remède qu^il faut y apporter?
Ajoutons qu^une des pénalités ordinaires pour une injure à un popolano étoit la destruction du palais de la famille condamnée. Ne reculons pas devant une dernière horreur ! L^insulté n'étoit pas contraint d^amener des témoins.
Ici on avoit laissé les palais aux maîtres, mais en y plaçant une torche allumée prête à les consumer. L^envie a-t-elle jamais inauguré plus cruellement dans un code les caprices et les mépris de la victoire?
Voici comment Machiavel, dans le livre second de ses admirables histoires florentines, définit Tétat de sa ville en 1296, après Fexil de Giano Délia Bella qui avoit provoqué les lois contre la noblesse, et en-^ suite s^étoit vu banni par un peuple qui ne Favoit pas trouvé assez complice de ses passions :
(1] Je ne puis pai me décider à traduire ce root iulieu par commune. On prendra patience ; mais ce mot de comune, ce mot me semble devoir rester italien. 11 ne perd pas de sa force , et nous n'avons pour le reproduire qu'une expression flétrie par des crimes , et tellement usée , qu'elle ne représente plus l'Etat municipal antique de Florence, même après les abus qu'on y fit d'une dénomination si convenable dans son origine et dans son but véri- Uble.
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« Le départ de Giano Délia Bella étant consommé , la noblesse espéra recouvrer sa dignité. Jugeant que le mal étoit né de leurs divisions , les nobles se réunirent et envoyèrent deux d*entr'eu& à la signoria , qu'ils croyoient leur être favorable , la priant de tempérer en quelque partie Vacerbité des lois. Cette demande ayant été découverte , les popolani s'émurent , parce qu'ik craignoient que la signoria n'accordât cette faveur ; et ainsi entre les désirs des nobles et les soupçons du peuple , on courut aux armes. Les nobles firent tête en trois lieux difiérens , à Saint-Jean , au Mercato Nuovo et à la place * des Moszi , et sous trois chefs , messer Forèse Adimari , messer Yanno de' Mozzi et messer Giri Spini. Les popolani , de leur côté y accourent en grand nombre sous les enseignes de leurs commandans réunis au palais des signori , qui habitoient alors près de San-Procolo. Comme le peuple tenoit en suspicion cette seigneurie, il lui adjoignit des citoyens au nombre de six 9 chargà de gouverner avec elle , pendant que l'un et l'autre parti se préparoient à une mêlée. Quelques Florentins , ou popolani ou nobles , accompagnés de plusieurs religieux de bon renom y s'entremirent pour pacifier les partis , rappelant aux nobles que leur orgueil natif, leur mauvaise conduite avoient occasionné et les lois portées contre eux et la privation de leurs honneurs ; que prendre les armes et demander avec la force ce qu'ils s'éioient laissé enlever par leur désunion et leurs procédés blâmables , n'étoit rien autre que vouloir ruiner la patrie et a|^raver leur position. Il falloit qu'ils se souvinssent que le peuple leur étoit supérieur en haine et en nombre , et que cette noblesse , par laquelle ils se prétendoient supérieurs aux autres , ne combattoit pas , et que, si on en arrivoit au fer ^ elle n'étoit plus qu'un vain nom, qui ne pouvoit les défendre contre tant d'ennemis.
« Les amis de l'ordre disoient au peuple , d'un autre côté, qu'il n'étoit pas prudent de vouloir toujours la dernière victoire ; qu'il n'a voit jamais été sage de réduire les hommes au désespoir, parce que celui qui n'espère pas le bien ne redoute pas le mal. Le peuple devoit se souvenir que c'étoit cette noblesse qui, dans les guerres , avoit honoré les Toscans; qu'il n'étoit pas bien ni une juste chose de la persécuter avec tant de haine. Les nobles supportoient facilement de ne pas jouir des chances de leur suprême magistrature , mais ils ne pouvcMent supporter qu'il fût au pouvoir de chacun , en
vertu de la loi établie , de les chasser de leur patrie. Il seroit donc à propos d'adoucir les nobles , et , par ce bien&it , de les engager à poser les armes. Quelquefois il ne faut pas tenter les dangers d'un combat en se confiant au nombre, parce qu'on avoit vu souvent le petit nombre vainqueur d'un nombre plus grand.
« Il y avoit dans le peuple deux opinions ; beaucoup vouloient qu'on en vint aux mains comme à une extrémité par laquelle on devoit finir tôt ou tard. Il valoit mieux le faire alors que d'attendre le moment où les ennemis deviendroient plus puissans. Si l'on croyoit qu'ils se contentassent de la mitigation des lois > il convenoit de les adoucir ; mais l'orgueil étoit tel , que ces ennemis ne céderoient que s'ils y étoient forcés.
« A quelques autres plus calmes et d'un esprit plus sage, il paroissoit qu'il n'importoit pas beaucoup de mitiger les lois , mais qu'il falloit prendre garde de commencer les hostilités, et qu'il convenoit d^s'en abstenir à tout prix. L'opinion de ces derniers prévalut. Ik obtinrent qu'il seroit nécessaire d'amener des témoins dans les accusations que l'on feroit contre les nobles. »
Voilà une condesceDdance bien glorieuse pour ceux qui Taccordent ! Si Ton n^eût pas apporté cette modification à la loi, les nobles auroient donc été condamnés sans être entendus! L^accusateur seul auroit pris la parole, et les juges n^auroient eu qu^à faire un signe au bourreau pour quMl exécutât la sentence. Nous avons connu de ces atrocités. Que Dieu nous prenne en pitié dans son immense miséricorde , et ne fasse pas voir de tels forfaits à nos enfans !
Malheureuse Toscane ! les nobles et les popolani se déchiroient. Qui préférer? A quelles passions, puisqu'il faut vivre avec les passions, faut-il tendre la main? En définitive, Torgueil, défaut dominant des uns, est un. vice qui, préoccupé de lui-même,
oublioit quelquefois de faire le mal. L''eDTie, ce vice îohérenl aux autres, ne coonoissoit pas de relâche, et sans cesse vouloit combattre et vaincre pour puuir, et déplacer à son profit ces fatales richesses que les hommes savent plutAt arracher que défendre. Au total, si on ne sait pas quels sont ceux qu^il ^ut préférer, Texpérience nous instruit assez du sort des uns et des autres. On remporte plus aisément des victoires surl'orgueil qui se garde mal, que sur Tenvie qui ne dort jamais.
96 HISTOIRE DE LA VIE [li97]