CHAPITRE XLI
l'École d'alfieri, l'école de honti. opinion de m. balbo sua ces
ÉCOLES, QUI SE RÉUNIRENT EN UNE SEULE. NOTE OU l'aUTEUR EXA- MINE UN MANUSCRIT d'aLFIERI, INTITULÉ : ESTRATTO DI DANTE, l'auteur réfute vivement PLUSIEURS PASSAGES DE CE MANU- SCRIT, ET ENSUITE IL SE PLaIt A DÉCLARER Qu'aLFIERI PROFES- SOIT POUR DANTE l'aDMIRATION LA PLUS VIVE, l' ETUDE DE DANTE SE PROPAGE SOUS LA PROTECTION DES NOMS d'aLFIERI ET DE MONTI. NOBLES PAROLES DE BOSSUET. M. BALBO FELICITE LA PÉNINSULE DE LA GLOIRE CROISSANTE DE DANTE QUI FUT LE PLUS ITALIEN PARMI LES ITALIENS. LA COUR ROMAINE A PROTÉGÉ LA PROPAGATION DE LA GLOIRE DE DANTE, CONTRE LAQUELLE ON VOULOIT EN VAIN ARMER LES PONTIFES.
Pendant que les éditions de Dante ramenoient la pensée nationale à un hommage si patriotitpie, divers auteurs recomraandoient aux jeunes Italiens Tétude de ce poète. Gravina, Belli, Léonarducci(i), Alphonse de Varano prenoient la parole pour manifester leur admiration. Outre les commentaires de Lombardi, on avoit lu ceux de Volpi, de Venturi. Tiraboschi avoit attribué à Dante une riche part dans Fhistoire de la littérature italienne. Pelli et Dionisi composoient, pour la vie de Dante , des travaux où Ton trouve des trésors en sachant les découvrir. Alfieri et Monti ne tardèrent pas à se jeter dans la mêlée de ces
(i) Balbo, (om. II , pag. 414-
glorieux combats. Le premier restaura ce qu^on appeloit le culte de Dante. « Cétoitune ame dantesque, « dit M. Balbo(i) : amours, colère, orgueil , modé- « ration, exagération, changement de partis, tout <c est semblable dans les deux. De là, chez le Pie- (t montais, cette imitation non cherchée , mais invoc( lontaire , libre , mais intrinsèque.
« Monti eut plutôt Pesprit que Famé de Dante : les «( variations de Monti furent plus en lui un effet de « ûexibiliié (arrendeifolczza) que de colère; aussi, «( Fimitation fut plus extérieure^ dans la forme seule et H dans les images. »
L'école d'Alfieri ne fut pas connue de lui, peutêtre la méprisa-t-il ; c'étoit la génération qui s'élevoit alors. Monti eut une école qu^il aima, qu'il dirigea ; aussi , par suite de Tim pulsion passionnée de Fun (2) , et de Fadmiration étudiée de Fautre , les
(1) Balbo , tom. II , pag. 44a.
(a) M. Ginguené et M. BiagioU ont parlé d'un manuscrit de la main d'Alfieri , qui est déposé dans une bihUotlièque de Paria. On lit sur la première page : Eiiratio di Dante , anno 1 776. (Alfieri , né en 1 749 • aToit alors vingt-sept ans.) Si notano i versi heUiper amumia. Là, entre deux parenthèses, de la main d'Alfieri, on lit : CHê scnpochi; mais ces trois mots sont effacés , et ils paroissent effacés avec la même encre employée pour écrire ce que je cite ici : o per Upensiercy o per Vespressione, o per la straragansa. Plue bas on lit de la même écriture sept mots qui appartiennent évidemment à la defcuière catégorie. En marge des notes du chant premier de V Enfer, je vois : oc 1790 , se avessi Ù coraggio di rifare çuesta faHca, tmtio a ricopiereiy êenaa lasciame un jeta, cenvinie per esperienaa che piû t^ima para negU errori di quelto , che nelle bellezme degli ailri, » J'ai promis a tout le monde la vérité , je ne puis la taire ici.
La description de la porte de l'Enfer comprend neuf vers ; Alfieri n'en a voulu noter que six , et il omet les vers quatre , cinq , six , qui contiennent la définition de la Trinité. C'est peut-être ce silimce qui a déterminé une opinion conforme chez M. Ginguené. ( Voy. plus haut, pag. 219.)
Les deux hommes de lettres, l'Italien et le Français, se sont trompés. Outre que ces vers sont parfaitement orthodoxes et at)8olument nécessaires pour établir la couleur du livre, ils sont encore harmonieux et concis.
deux écoles se réunirent en une seule. C^est celle qui constitue le siècle actuel , plus animé , plus brûlant
A propos de ces yen du chaut xzxi? ,
Quêi ehepemdê dal turo cêffb è BnUe^ FêtH corne si itore; t non fa motio,
Alfieri a mis en marge ce blasphème étonnant chez un homme destiné à mourir, en** t8o3« dans les sentlmens les plus monarchiques et les plus opposés aux révolutions, a Qfiott ê un' indignitàj ê'ovea a moêirar vnP,.*e non. Brut», » Non, non, Alfieri, yous n'aviez pas lu alors le traité do Monarehid; Dante ne doit pas être détaché de sa vie, de ses opinions, de ses préventions historiques, de son gibelinisme Impérial. Dante a mis là Brutu» comme un assassin de prince ; c'est une abomlnabld inconséquence d'y appeler un pontife. Rentrons ensuite dans les devoirs do critique juste : Alfieri a écrit cela à vingt-sept ans, quand il poursuivoit la pensée criminelle d'une révolution qui auToit renversé les papes et les rois. 11 n'a pas publié une telle indignité ; oui , mais il n'auroit pas dû l'écrire.
Les vers, ou demi-vers, ou quarts de yen qui sont signalés dans VEnfer par Alfieri comme beaux pour l'harmonie, la pensée, l'expression et la bizarrerie , sont au nombre de 2273 ; c'est à peu près la moitié des vers qui composent cette Caniica,
Au chant vi du Purgatoire, à ce vers,
B lasoiar seder César suUa setta ,
Alfieri met en note e non U papa. C'est un parti pris. Ici le critique piémontais est donc de l'avis du traité de ta Monarchie, Dante se tiompe ; mais avec ses prémisses , il est conséquent pour lui , tout en se trompant pour nous. Alfieri suppose à Dante des pensées et des vœux qui sont du xvin' siècle.
A ce vers du chant xxxn,
O naviceUa mia, eom* mal se* earea/
Alfieri dit corn* mal ê piemoniese. Je veux bien. On aura offert du pain k Dante en employant ce dialecte , et Dante reconnoissant lui donne ici on brevet d'immortalité. Mais ce eem* moi n'est-il pas en même temps de la langue d'oe ? Je ne sais rien aflirmer là-dessus. Cmitinuons, et fidèle à notre système ^ qui veut que Dante ait honoré tous les dialectes dans lesquels on lui a adressé des paroles douces et caressantes, laissons les Piémontais jouir de leur gloire ; la vertu de l'hospitalité n'est pas perdue chez eux, ils l'ont assez prouvé à nos infortunés prêtres quand ils ont fui la terreur.
Dans le Purgatoire, qui a un chant de moins que VBnfer, Alfieri a noté a544 ver», ou demi-vers, ou quarts de Tersj c'est 271 vers de plus que dans VEnfer,
de respect et d^aniour pour Dante , qu^aucun siècle précédent. «Tai contribué à allumer, relatii^emeni ^
Nous examinons les notes d'Alfieri sur le PaftuUs, Dans le chant vin à ce yen:
B dieeva €h' es se<kUe in gremho a Dido,
L'annotateur met en marge ce jugement spirituel, vif et vrai : verso avito! Comment pourrions-nous traduire ces deux mots? ce n'est pas assez de dire vêf» de roea.
Au chant z? , en notant ce tercet ,
Chê dêniro agU occhi suoi ardeva vn riso Tal, oh' %o pensai co' miei ioccar il fonda DeUa mia grojtia e del mio ParadisOf
Alfieri ajoute : BeUi per Vespressûme fantasHea / A ces vers du chant syii ,
No per[ambage in ckê la génie folle Già s'invescava , pria che fosse aneiso Vagnel di Dio che le peccaia toUe ,
Alfieri annote ainsi : I^on co^*..'.,... eome s'usava già prima di Cristo !
Alfieri dira qu'il n'écrivoit que pour lui seul ; mais quand on est seul ayec soi , n'y a-t-il pas encore une réserve , un bon goût , une modération de kngaee? Du reste, il n'y a rien d'insultant.
Dans le Paradiij Alfieri a noté 1119 vers, demi- vers ou quarts de vers. 11 faut remarquer que l'annotateur s'est arrêté à la fin du chant xix ; il restoit donc quatorze chants à examiner, et dans ces quatorze ciumts , sans contredit se trouve une quantité innombrable de magnifiques vers, si tous les vers ne sont pas irréprochables. Conséquemment on peut juger qu' Alfieri n'estimoit pas le Paradis moins que les autres Cantiche.
En additionnant ce qu' Alfieri a noté , nous voyons qu'il a jugé dignes d'observation 5,936 vers , et il restoit douze chants à examiner. Le poème a, si je ne me trompe, t4|23o vers. On voit que c'est beaucoup plus du tien des ven qu'il (aut remarquer dans la Divine Comédie ^ suivant Alfieri.
Je dirai ici, pour achever l'examen de ce manuscrit, qu'à la fin, on lit une traduction des quatre parties du Jour par le cardinal de Berais, traduction due à Jérôme Gastaldi. Sur le recto de la couverture, A la fin, on lit cette épitaphe, apparemment d'une chienne :
Lairai ai ladri ed agli amanti io iacqui, Percià a if..... ed a tnadonna io piacgui*
Je prie les hommes honoraUes, et c'est pour ceux-là que j'écris, de croire à l'exacte et minutieuse fidélité de cet examen. En ne considérant cet esfratto que sons le rapport de l'opinion présumée d'Alfieri sur D>ace , l'auteur du Saûl professoit pour le chantre des Trois Royaumes l'admiration la plus vive.
un pareil incendie en France. Hasardons ce foible cri au milieu de tant d^applaudissemens que la Péninsule adresse au génie qui a fondé sa littérature.
Peut-éti'e aussi les vicissitudes de Pépoque, les vaines proclamations de liberté , les appels à la gloire, les bouleversemens de fortune , les renversemens intempestifs des louables coutumes (i) , la gente nuoi^a e i subiti guadagnij les déchiremens politiques vus par les générations actuelles , ont-ils plus qu^Alfieri avec sa rudesse, et Monti avec son élégance, appris à entendre , à apprécier , à percevoir avec profondeur ou avec délicatesse , les pensées , le style , les écarts , les conseils de tout genre , les imprécations sans pitié, les retours à une sensibilité douce et naïve du grand exilé. Heureux, admirable moraliste , si , après plus de cinq siècles , tu as enseigné à tous cette sagesse dont les gouvernans et les gouvernés surtout peuvent avoir besoin aujourd'hui !
Je déclare que je vais suivre ici quelques-unes des réflexions de plusieurs auteurs Italiens, plutôt que je n'adopterai les bases de leur raisonnement. Car, à regard des effets divers de nos révolutions, je n'ai pas les mêmes opinions qu'eux. Je suis très-circonspect après tant de mensonges qui ont abusé des intentions généreuses. Je ne me livre pas autant à des espérances ; elles ne sont peut-être rien autre que l'illusion, la filmée, la bulle gonflée d'air qui a trompé de plus habiles gens que moi \ cependant j'arrive au même résultat que ceux qui peuvent attendre d'autres consé-
(i) c l«8 loaaUes coutumes , a dit Bossuet, tienoenl lieu de lois; h « conserratioii de ces anciens droits et de ces louables coutumes concilie a aux grands royaumes une idée , non-seulement de Gdélité et de sagesse, « mais encore d'immortalité, qui fait regarder l'Etat comme gouverné, ainsi M que l'univers , par des conseils d'une immortelle durée. 9 ihKHqvé tirée 4ies projtns jiarohi de fScriiunf in-4«, Paris, 1709, pag. 4o5.
quences de ce qui se passe dans la Péninsule ; je pense aussi qu*il faut étudier Dante , mais dans un bon esprit. Je persiste à déclarer que Dante, dans ses plaintes , dans ses douleurs , dans ses lannes , dans ses tempêtes furieuses, n^est pas un agitateur qui appelle à la révolte , n^est pas un catholique refroidi qui enseigne h ne plus honorer Dieu.
Oui , il faut continuer de se livrer à Tétude de ce génie , qui obtient Funanimité des suffrages dans sa patrie et dans les plus nobles contrées de FEurope. Parlons franc. Il est beau de dire que si chacun Tînvoque dans des vues diverses , Fun pour agiter et déplacer, Fautre pour contenir et faire mieux , il saui*a instruire et corriger les opinions contraires : il y a des préceptes pour tous dans les ouvrages de Dante. Ne nous hâtons pas davantage. Sa gloire ne peut pas être éclipsée comme elle Fa été dans le xvii* siècle. On accuseroit même le xviii% si on vouloit croire Alfieri , qui prétendoit , de son temps , qu^il n^y avoit pas en Italie trente personnes (i) qui eussent lu la Dwine Comédie. Cette accusation ne s^accorde pas avec le succès de Fédition de Lombardie, en 1791*
Il est vrai que la cour romaine fut placée au premier rang parmi les protecteurs; et ce que Rome soutient , recommande y élève , ne périt pas en Italie ; j^en sais quelque chose, à propos d^un hommage bien juste que j^ai rendu à un de ses pontifes.
Si Fon jette un coup d^œil sur le xix^ siècle , on voit Dante grandir en gloire , et devenir le roi de la littérature. Les erreurs de cet illustre poète, ses fautes, ses systèmes , ses applications sans règle raisonnable ,
(1) Baibo, tom. II, pag. 44^* •
ne présentent plus de danger. Ses nombreux appels a la justice, ses courageuses moralités restent, et constituent un tribunal où tous^ je le répète, reçoivent leur sentence. PuisquHl n^y a plus à rencontrer que dés avantages sans périls, proclamons des louanges auxquelles tous peuvent applaudir! Et qu^est-il besoin de cet enthousiasme? Les éditions de la Divine Comédie publiées dans les quarante dernières années sont au nombre de plus de quatre-vingts, et probablement je ne les connois pas toutes. Il y a les commentaires nouveaux de Biagioli , de Foscolo , d^Arrivabene , de Rossetti, de Costa, de Tommaseo. Perticari, gendre et élève de Monti , a disserté avec habileté sur Tamour de Dante pour sa patrie. Le comte Marchetti, M. Scolari , qui m^a donné des preuves d^estime dans les lettres quMl m^a écrites à Rome; M. Missirini, cet illustre et digne ami de Canova , enfin Fauteur du Veltro^ à qui nous devons tant de détails vrais , utiles et piquans sur la seconde partie de la vie de Dante, ont bien mérité du poète florentin , et de ceux qui Padmirent. M^oublions pas le marquis J, J. Trivulziy qui est appelé dans la Proposta de Monti, acuto conoscitore délie piii segrete eleganze del nostro bellisimo idioma (tom. P', pag. iv).
Cependant, dit M. Balbo, après tant de travaux , après cinq siècles, il y a encore à dire sur Dante. Nous n'avons pas une édition complète de ses œuvres, une édition des commentaires, une table exacte des éditions. A ce sujet, pour recommander plus que jamais Dante à Tattention suivie , infatigable de la patrie italienne, M. Balbo résume en ces termes ce qu'il a dit du grand florentin (tom. II, pag. 449) •
« Félicitons-nous de la gloire croissante de Dante, comme « d'un heureux augure pour notre âge, pour notre patrie!
« Elle possède beaucoup d'autres grands écrivains ou les plus H grands en tous arts , en toutes sciences modernes , le plus « grand lyrique d'amour, le plus grand nopellatorey le plus H grand poète épique , le plus grand poète joyeux , le plus M grand peintre, le plus grand sculpteur, le premier des phy- » siciens modernes , le plus grand des derniers , Pétrarque^ u Bocace, Tasse, Arioste, Baphaël, Michel-Ange, GaUlëe et " Volta. »
Je ne sais pas pourquoi M. Balbo a oublié Machiavel , le premier des historiens dont la marche , la méthode et la précision ont , sans contredit , guidé Bossue t et Montesquieu. Est-ce qu^on oubliera jamais Fintroduction àes Storie fiorentine , et la rapidité du récit jusqu^à la fin de ces histoires ?
« Nous voulons des gloires, des vanteries, des suprématies; il ne faut pas aller chercher les hommes inconnus ou contestés. Ceux que je viens de nommer nous donneront ce que nous désirons tant. Mais voulons-nous des aides, non pas pour le génie dont nous ne manquons pas, mais pour le courage, s*ii est vrai que nous en ayons b^in, retournons donc, abandonnons-nous à l'onde qui nous ramène au plus courageux de nos classiques. En lui l'amour n'est p^ langueur, mais trempe; en lui l'esprit méridional ne se disperse pas sur des objets vils, mais il se promène parmi les objets les plus hauts , naturels et surnaturels ; en lui tout courage est exalté : les vices de la patrie et les siens propres sont vitupérés. L'aveu de ses erreurs particulières est quelquefois une occasion de publier les vérités les plus universelles ; la patrie ville, la patrie province, la patrie nation , sont aimées par lui sans détriment pour aucune , et surtout sans ces flatteries , ces caresses, ces assoupissemens plus honteux que les injures, plus funestes que des blessures. Nos destinées d'homme passées, présentes et futures sont jugées par lui dans cette résignation chrétienne à la providence divine, qui, acceptant avec repentir le passé, fait désirer avec plus de force et d'alacrité les récompenses de l'avenir. Nous avons commencé par dire que Dante fut le plus Italien parmi les Italiens; actuellement que nous connoissons
tl321] ET DES OEUVRES DE DANTE. 535
les faits et ses fautes , concluons qu'il a été le meilleur parmi les Italiens. Si je me trompe, ce sera une erreur vulgaire de biographe ; mais comment et pourquoi se tromperoit toute notre génération ! n
Ces jugemens, ces raisonnemens , cette exclamation donneront de M. Balbo, à tout lecteur, Fidée que j^en ai depuis long-temps moi-même • L^éloquente adjuration que je viens de citer seconde Pélàn que ritalie s^est donné à elle-même. Il ne s^agit que de régler, de modérer cet élan , et de ne pas précipiter des vœux, des démarches, des pensées, des actions contraires à cette rectitude que Dante a chantée en vers si nobles , si simples et si élégans.
Personne, en Italie, n^arrête cet élan généreux .depuis plus d^un siècle. Clément XII a donné le mouvement , comme nous venons de le voir, en acceptant la dédicace d^une édition de Lucques. Pie VI a encouragé le Père Lombardi en iygu Pie VU a applaudi, eni8i5 (i),àla louable entreprise de M. de Romanis (2). Le gouvernement qui paroit le plus attaqué en apparence , le gouvernement pontifical , ne s^est pas vu offensé par Dante. M. Ennius Visconti a expliqué cette position avec un ingénieux et sage
(1) Ayant cette édition de M. de Ronuinis , M. Poggtali aroit publié une beUe édition , 4 ▼ol. grand în-^, iSo6-i8i3. Le premier volanie (Li- Toame, 1807] est dédié à la reine d'Etrarie ; le second rolume (LiTOume, 1S06 ) porte sans doute cette date par erreur ; le trobième yolume est de 1&07, le quatrième est de iStS. Il faut remarquer que l'autorité de la reine d'Etrurie ayoit été renyersée par celui-là même qui Tayott établie, et que l'éditeur, ne se conformant pas à d'indignes habitudes de lâcheté, malheureusement trop communes , ne dédia pas la Bn de Touyrage à l'autorité nouyelle, à la sœur de Napoléon, la gouyemante générale Elisa.
(a) On lit ayec un grand. pbisir dans cette édition, tom. IV, 3* partie, pag. 111, une lettre du docteur Joseph Bianchini, dans laquelle il démontre que la lecture de Dante est irës-utile aux prédicateurs. Je mets cette note ici pour M. de Ravignan et M. Lacordaire. Saint Paul, préchant un. jour à Athènes, appela en témoignage des ycrs du poète Aratus.
discernement. Je ne parle pas da pardon accordé par Florence,qaineTOit plus quedes imprécations d^amonr infortuné dans les violences de la colère de son fils. Tout concourt à répandre la gloire de Dante.
Dansée renouvellement de renommée, fàut-il laisser circuler des bruits sourds, des excitations malicieuses, des reproches faux et funestes qui se font jour, par des voies obliques, même en France? Convient-il que Ton tente d'armer Rome, sa calme surveillance, et sa noble conscience contre un auteur que Ton tâche de représenter comme souvent hérétique, et qu^à mauvais droit on essaie de faire condamner? Rome ne prendra pas le change. La lecture de cet ouvrage a préparé ^observateur à bien juger les dernières raisons que nous donnerons pour justifier Dante d'aune accusation si insensée.
Suivant les règles , nous devons d^abord entendre Taccusateur, M. Rossetti. S'il parle long-temps, la défense ne laissera en arrière aucun des argumens de Pattaque.