LE LEGS D'UNE MERE
— Est-ce que je serais plus riche que Claire qui est chez ma tante?
— Plus riche qu'elle! Oh ! sans doute, si tu fais un bon usage de ce que j'ai à te donner.
— Est-ce bien beau ? faites-le moi voir... Ah ! tout de suite....
Mais la sœur voyant que la petite ne comprenait pas , s'arrêta au moment où elle se disposait à la satisfaire et reprit avec une certaine vivacité :
— Tout à l'heure , nous avons le temps.
— Oh ! mon Dieu ! est-ce que je vous ai fâchée ?
— Non , mon enfant , non , mais auparavant il faut que tu me répondes; dis -moi, Fanny, as-tu quelque chose qui ait appartenu à ta mère ?
— Rien, il y avait une croix en or qui devait être pour moi ; un jour que papa n'était pas à la maison , il vint un monsieur qui donna de l'argent et qui emporta la croix ; je ne le voulais pas , il s'en fut tout de même... il était bien vilain ce monsieurlà !
— Et tu as regretté la croix d'or ?
— Oh! Je vous en réponds, beaucoup; maman me l'avait promise et ça venait d'elle.
— Chère fiije ! et dis-moi encore : si à cette heure