LE LEGS D'UNE MËRE
hors du lieu saint : la vieille dame ne concevait pas que les pleurs soient une consolation. Les assistans étaient partis. Seule, Fanny restait à genoux dans l'église , son petit volume à la main. Sœur Louise s'approcha d'elle et regarda : le livre était ouvert à la page blanche.
— J'ai promis , dit l'orpheline d'une voix basse , mais expressive ; j'ai promis , je tiendrai , vous verrez!
En dépit de sa tante , Claire avait voulu dire adieu à sa sœur qu'elle attendait à la porte de l'église; elles s'embrassèrent tendrement et quand il fallut se séparer :
— Nous nous reverrons , Fanny , j'irai te voir.
— Et moi aussi , quand je pourrai.
— Adieu, adieu. Bonne sœur Louise, ayez bien soin d'elle.
— Soyez sans crainte , mademoiselle , répondit la religieuse ; mais permettez que je vous fasse aussi une recommandation. Souvenez-vous des dernières paroles prononcées par celui que vous venez de quitter : « Prenez garde , mon enfant ! » — Viens , Fanny.
— C'est bon ! — repartit aigrement la vieille dame , je sais ce que j'ai à faire aussi bien que vous