‹ Histoire de DieppeChapitre 20 sur 99 · S XX · texte numérisé non relu

S XX

Mort de Henri lll ; — ses conséquences.

M. de Chastes continuait à tenir tête à toutes les tentatives des ligueurs, lorsque la nouvelle de l'assassinat de Henri III fut apportée à Dieppe par un officier que te nouveau roi , Henri lY , envoyait du camp de Saint-Cloud, pour remettre aux habitants et au gouverneur une lettre dans laquelle il leur faisait le récit de la mo^t du feu roi , et leur demandait serment de fidélité*

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Cette mort de Henri III fut pour nos réformés Toccasien d'une fausse joie; ils s'imaginèrent qu'ils allaient être tout d'un coup au-dessus de leurs affaires; que le roi de Navarre , devenu roi de France , tous les Français allaient aller au prêche, et que le bon temps des triomphes de l'Évangile était revenu. Pleins de ces folles idées, il y en eut qui s'avisèrent de parler de prêche public et d'autres imprudences de cette sorte. Mais M. de Chastes les avertit de s'en bien garder , ou qu'ils le paieraient cher. Il fut même contraint de foire un exemple : une femme ayant blasphémé tout haut contre la messe, fut condamnée à faire amende honorable la torphe au poing dans les deux paroisses. D'un autre côté , IV}. de Chastes, qui tenait I ne se poiqt brouiller avec les protestants , leur faisait savoir que , quant aux prêches secrets dans leurs maisons , il fer* merait les yeux , comme déjà il faisait depuis six mois.

Ce n'était pas ce qu'ils voulaient; néanmoins ils se con* tentèrent de murmurer et de ne laisser passer aucune occasion de manifester leur mauvaise humeur. A l'issue d'un service célébré dans l'église Saint- Jacques pour l'âme dn feu roi , M. de Chastes se rendit à l'bôtel-de-ville , où îl avait fait convoquer la noblesse et tous les habitants poui? leur faire signer le serment de fidélité an roi Henri IV. Les protestants y vinrent comme les autres, mais d'un air boudeur, faisant bande à part , et proférant à deipi-voix d'assez mauvaises paroles. Comme , d'un autre opté , les catholiques un peu exaltés et qui penchaient vers la ligqe ne venaient pas avise de fort bonnes intentions, m. de Chastes, craignant que l'assemblée ne tournât mal , prit le parti de la dissoudre. Il chargea les huissiers de dire que chacun eût à se retirer, que l'assemblée ne se tenait que pour les seuls échevins , conseillers , capitaines et genç de justice. Ceux-ci écoutèrent en silence la lettre du roi, et, comme ils étaient presque tous amis de H. de Chastes et de son parti , ils signèrent de bonne grâce le^ serment de fidélité.

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