‹ Histoire de DieppeChapitre 22 sur 99 · S XXII · texte numérisé non relu

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Sf^jour (}*Henrf )V h Qjeppe. — Sentiments 4eA prote^fiiDts à son égard. — Alïjjirntiqn ; rr §§§ «"^sultfits.

Tendant les deux mois que le rai passa ainsi à Dieppe ou aux envirpns , les choses qui concernuient la religion demeurèrent à peu près en Tétat pù il les avait trouvées. Les protestants ne se faisaient pas faute de murmurer tout bas, car i|s s'étaient proipis de recouvrer quelquesunes de lepi^ anciennes libertés , et peut-être même la possession d'une église. Lprs de rentrée du roi, quelques anciens vjnreqt le trouver, et le supplièrent de prepdre eu pitié la religion. « Êtes^you^ If^s plus nombreux ? leur dif le roi. — Hélas I non, sire; les pîjpistes ont repris le dessus , et , dppuis vingt ans , le ï^le s'éieipt de plus en pjus chaque jopr- — C'psl copame partout , reprjt Henri ; qMC voulez-ypus y fairp ? Commençons par sauver la Franchi ou , si vous ypulez , [pa royauté , ce qiji est tput pn i par, si je ne suis pas roi , croyez-moi , il p'y aqra plu^ de France. » Toutefois, voulant leur téipoigner quelque bonne volonté, harcelé d'ailleurs par nmdaroe Caiheriue de Bpur* bon, sa sœur, qui avait du zèle et de la foi pour deux , il fit faire, pendant quelques jours , le prêche publiquement dans son logis. ^l^\s , ayant appris que les catholiques en parlaiept mal, il ne jugea pas à propos de se les mettre sur (es bras, et transporta ces prédicaiipns au jeu de paume du Pollet. Ce ne fut pas sans qu'il y eût encore du bruit et des huées ; les soldats de h] garde du roi furent même obligés de mettre le holli. Néanmoins, encouragés par madame 4p Bourbon, cit s*iippuyant sur son crédit , les prp-

testants recommencèrent leurs e^erpiqss ^ï\$ ^i^^rents quartiers de la ville. Pe te^pps en temps , M. de Cb^stfis les envoyait avertir de s^abs^nii* dp chapt d^s p^utpef, ou de n'en chanter que quelques v^rsefs, et d*i|ne voix bi^i) ))a^se « tant il redoutait que les c^thqliqne^ ep çoqçpssent 4(e )>mbrag|î , p\, qi|*i) n'eât plus le pou)fQ|r de leii teaip ep brjd^.

Les protestants restèrent dans cet état, jouissant de cette pro^^cti(>n non avouée , pendant trois ou quatre ans environ, jusqu'aux nouvelles de FabJMration du rpi ( 27 juillet 1593). Cette ^pqstasie fut pour eux qn coup fie foudrp. Ils avaient fini par proire ce qu'on leur disait sans cesse, que c'étaient les catholiques que le roi voifiait jouer • qu*i| les ménageiiit pour qu'ils l'aidassent à devenir roi ; fnais qn'une fois roi il ferait régner sa croyaqce. Tout cela n'était plus que chimères, le roi ét^it catholique. Leur découragement et leur stupeur furent tels que les prêches même secrets cessèrent dans toute la ville. Cependant il se réveilla quelque peu d'espérance quand on apprit que le roi avec madame de Bourbon , sa sœur, venaient à Dieppe. L'édit qu'il avait récemment publié à Surenne prouvait que , s'il renonçait à sa vieille religion , il n'avait pourtant pas dessein de la persécuter. Enfin , malgré leur raneqne, les protestants lui firent assez bon accueil quand jl entra dans la ville^ le 10 octobre ^ Sa sœur était si fortement attachée à sa croyance que, bien que le roi, pendant les six semaines que dura son séjour, allât régulièrement à la fnesse, elle fit faire publiquement le prêche dans la mai-

' C'était la troisième fois, depuis la bataille d*Ârques, que le roi revenait k Dieppe. Il y passa quelques jours au mois de joip 1590 PQpr recevoir ud régimept anglais et un grand convoi de poudre envoyés par la reine d'Angleterre. Le 8 ou le 9 février suivant , il vint se faire panser d*une blessure qu'il avait reçue en allant à la fpMContre du duc de Parme. Il n'entra pas à Dieppe, parce que l'ennemi le talonnait. Il s'arrâta à Saint-Aubin-sur Arques, et de là s'en retourna par Anilfay jusqu'à Rouen.

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son du siear Richard de Bure , où elle logeait. Les fidèles étaient en extase devant la constance de cette bonne princesse ; mais ce fut là toute la faveur et la satisfaction qu'ils eurent du voyage du roi.

Quant aux catholiques , au contraire , cette abjuration les avait mis dans Tivresse : ils la regardaient avec raison comme le présage d'un avenir de paix et de tranquillité, comme le terme de la guerre civile et des fureurs des partis. Grâce à M. de Chastes et à son bon gouvernement, les ligueurs étaient rares à Dieppe ; et les ligueurs seuls parmi les catholiques pouvaient s'affliger de la conversion du roi. Mais , sans être de la ligue , les catholiques dieppois étaient ardents , scrupuleux sur l'article de la foi , et c'était pour eux une extrême douceur de ne plus sentir désormais Ie4irs aiïections politiques en désaccord avec leurs sentimcnls religieux.

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