‹ Histoire de DieppeChapitre 45 sur 99 · VI · texte numérisé non relu

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Seizième et dix-sepfîème siècles. — • Commeice des Dreppoîs. — Éfablissetnents cofoniaut. — Le capitaine Ribault. — Diel d'Enambuc. — Les flibustiers. — Daqoesne.

Tant qu'il s'était agi de cottrir les mers, d'affronter des périls, de chercher et d'atteindre des rivages inc(»}nus , ksê Dkppois avaient pu lutter avec tous les marins de l'Eu« rope< G'éuit un défi d'adresse, d'audace, de science nautique i ik l'avaient soutenu avec honneur , et souvent, on l'a vu, k prix avait été pour eux. Mais quand k silko fut tracé , quand pour aborder à ces mondes nouveaux il ne fut plu» besoin ni de génk ni de courage; quand les souveraios , se les partageant comme une proie , eurent dit : Ceci est Espagne , ceci Portugal, cela est Angleterre, alors la situation des Oieppois devint difficile ; ils ne pouvaient plus marcher de pair avec leurs rivaux.

En effet la France seuk, dans ce partage^ n'avait rie»

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réclamé; et pourquoi? parce que, à vrai dire, il'n*y avait pas encore de France : une agglomération de provinces, dont quelques-unes n'étaient que de ia veille réunies à la couronne, qui toutes avaient des lois, des mœurs, des intérêts différents, ce n'était pas là un royaume. Le monarque, dont l'autorité n'atteignait pas sans résistance et sans contestation jusqu'aux frontières de ses États , ne pouvait guère songer à semer ses soldats sur les mers pour conquérir des empires au bout du monde , quand il en avait à chaque instant besoin pour se faire respecter de ses propres sujets. L'eût-il voulu, il ne l'aurait pas pu ; il fallait plus d'un siècle encore avant que l'établissement d'une marine royale devint praticable. Non-seulement le roi de France n'avait pas alors de vaisseaux à lui S sauf. quelques pauvres galères naviguant de loin en loin dans la Méditerranée , mais il n'avait pas sur toute la côte de l'Océan un seul port de mer qui lui appartint réellement; les uns étaient villes libres plutôt que royales, les autres relevaient des grands feudataires , qui , tout déchus qu'ils étaient de leur antique puissance, n'avaient pas encore passé sous le joug d'un Richelieu, et conservaient l'habitude d'être maîtres dans leurs seigneuries.

Le roi de France n'ayant donc ni ports de mer ni marine , ce qui se passait sur l'Océan lui était aussi étranger qu'à un électeur de Bohême ou de Bavière. Que les vaisseaux de Dieppe, de Honfleur, de Saint-Maio, de La Ro-* chelle ou de telle autre de ses tonnes villes découvrissent avant lous autres Européens une île , voire même un continent au delà des tropiques, peu lui importait, ce n'étaient pas ses affaires; cela ne regardait que les marchands qui avaient armé les navires. Les marchands , de

' Voyez les États tenus, en 1484 , soas Charles YIII. Il y fut demandé de construire et d'armer quelques Taisseanx pour protéger le commerce. Cette proposition n'eut pas de suite. Un siècle plus tard Sully l'adressait derechef à Henri IV, comme une nouveauté qui devait être profitable à TÉtat.

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