‹ Histoire de DieppeChapitre 70 sur 99 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

I! commença par attaquer de petits monticules formant une chaîne en ligne droite et perpendiculaire au rempart, dans la partie ouest de Tenceihte, non loin de la mer. Ces tertres , au nombre de dix-sept , avaient Tapparence de tombeaux; et en effet le premier qui futou- Terl contenait à sa base des restes d'ossements , des débris de vases, tine grande quantité de charbon , des fragments de cuivre oxydé et de fer rongé par la i-ouille. On en ouvrit un second * et l*on y fit les mêmes découvertes. La disposition des diverses couches de terrain, la forme et Tarrangementde Taire sur laquelle le corps paraissait avoir été brûlé , la qualité des poteries , tout dans ces monticules était exactetoient conforme h l'intérieur des tombeiles ou tumuU dont les peuples septentrionaux faisaient leur sépulture. Ce ne sont pas les Romains qui se cotitentaient de ces rustiques tombeaux. L'usage en remonte aux époques antérieures à l'invasion des Gaules; et si les Gallo- Romains ont pu , dans certains lieux , s'y conformer encore long-temps après la conquête , ce ne fut qu'avec des modifications et des raflinements qui donnent à ces totnbellés plus modernes un caractère particulier et facile à reconnaître. Ce caractère ne se retrouve pas dans les tumuU de la cité de Limes; et d'ailleurs les fragments de vases et de poteries qu'on y a ramassés sont tellement gtt)ssiers, ((u'îl est impoissible de se méprendre sur leur date. La pâle en est friable , mal préparée , pleine de petit!» caillou)[ , d'une couleur brune et noiraude : elle n'a pas subi l'action du lieu , et a été inoullée , non point au tour^ mais à la main. Ce n'est que dans les tombeaux gaulois, antérieurs à la domination romaine , qu'on retrouve des vases de cette espèce. Il y a plus, tout ce que César raconte des usages particuliers aux Gaulois habitants de cette éôlé , c'ést-à-dire aux Gallo-Belges , se rapporte parfaitement aux débris trouvés dans ces tombeaux de la cité de Limes; on y voit les anneaux de fer de différents poids

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qui leur servaient de nionuaie \ et les os des porcs et au très- autres animaux que , suivant leur coutume , ils brû* laient sur le bûcher des morts ^.

Ces premières fouilles prouvèrent donc jusqu*à l'évidence que le soi de la cité de Limes renfermait des vestiges antérieurs à i'époque romaine. Mais de ce qu'il était démontré que des Gallo-Belges avaient été enterrés dans ce lieu, pouvait-on en conclure que les remparts qui l'environnent fussent d'origine gallo-belge ? On était peutêtre en droit de le supposer, bientôt on fut en état de s'en convaincre.

£n eflet, si dans le. fond des fossés qui bordent ces remparts , et qui sont nécessairement de la même époque, puisque c'est avec la terre qu'on a tirée des fossés que les remparts ont été formés , si , dis-je , au fond de ces fossés on retrouvait la trace non plus seulement des tombeaux, des tumuii, mais des habitations , des tuguria de ces Gallo-Belges, ne serait-ce pas la preuve incontestable que le retranchement est leur ouvrage , et qu'il faut voir dans cette vaste enceinte un des oppida dont parle César, refuges fortifiés où ces populations, ordinairement errantes, se retiraient à l'approche des Germains, leurs ennemis?

Eh bien, c'est là précisément le résultat qu'obtint M. Féret aussitôt qu'il eut dirigé ses ouvriers vers le pied du rempart qui borde le vallon du Puys. Il avait remarqué dans ces fossés des places où l'herbe était plus rare, et qui presque toutes avaient la même forme , la forme oblongue d'un rognon ou d'une fève de marais ^ Ces places se dis-

' Vtuntur antem annulisTeireis ad certum pondus examinatis^ pro numrno, (Cœsar, de Bell. GaU., lib. XV, cap. xii.) * in ignem inferunt eiiam animalia. (Ib., lit). VI, cap. xix.) ' Ces liabitations creusées dans la terre ressemblent aussi par leur forme aux parcs que les pécheurs de c<-tte côte établissent sur la plage pour prendre le poisson que la marée y dépose. Probablement la forme de ces parcs est une tradition des premiers habitants et des premiers pécheurs du pays.

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